OISIVETJÎS
Dheunè^ qui' deficend de Télang de Longpendu d*un cùlè, (el la Bourbince de l'autre), ce qui fait croire qu'on pourrait faire une communicrUion par là, de la Loire à la Saône (1~ ; î'^l'Ouche, qui descend de Chateauneuf et Comarain et passe à Bijou, qui pourrait facilement se rendre navigable jusqu'à spnemboucliufedans la Saône(2); 4^ la Tille, qui vient du Yal-de-Sozon, se pourrait remontcir jusqu'à Beyré. Toutes ces petites rivières se peuvent fort bien accommoder à la navigation.
Il y a encore. une 8" branche de la Saône, qui descend de Faucogney et fiasse à Luxeuil et Çonflandey, appelée.Aagroune (5), dans. le comté de Bourgogne^ elle pourrait se
rendre navigable jusqu'à Luxeuil, et une 9' appelée la Seille, qui descend de Blelterand, passe à Loulians, se jette dans la Saône au-dessous de Tournus, et qui peutéU e r.emonlée jusqu'à Louhans (4).
' Ce sont toutes lesbranches dé la Saône qpi méritent d'être' comptées pour pouvoir devenir navigables. '
• La 6* branche du llhône est l'Ain, qui prend sa souice dans les montagnes du comté de Bourgogne, vers Noseroy et travei'se toute la Bresse. 11 est rapide, en quelques eu-
(1) Celle coinmimicatioii est le cniial du Centre. . ,
(2) Le canal de Bourgogqe suit la vallée ^e l'Ouche.
(3) D'après' la carte :bjdrographi'qiie dé -ff. DubreuA, la pc* tîte rivière passe à Luxeail .est le Brenchhi, et l'Angrènue vient de Plombières. • . • • . • • •
(4) f.a Sçille est (aiudiséc depuis son eniboiielmrie jusqu'à Loubans. Aux neuf affluefils de la $aôue. mentionnés par Yaal}an, noiis cn ajob'lcrons un .dixièincy la Bej^pase^ <|ai- peut être' remoctée jûsqufà Poàl^dc-V.aux.
. ' nF VAUBAN. 133
droits fort serré, mais qui n'e m piocherait pas qu'on ne le p&t très-bien rendre navigable jusque vers Chftteau*Ghâ-
lOQ(l).
Toilà à peu près toutes les rivières qui tombent dans le Rhône, au nombre de 21, tant grandes que petites, qui se pourraient accommoder à la navigation...
- Reprenant ensuite la côte de Provence depuis Tembouchureila Rhône en tirant dn couchant au levant, on trouve les étangs de Martiguês, où tombe ]a petite rivlèro deTArc, qui descend d'Àixet qui se pourrait rendre navigable pourdes allèges jusque là. Après quoi je ne vois plus que la rivière d'Argens dont la navigation se pourrait peut-être remonter Jusqu'à. Lorgues ou près delà. A l'égard du Yar» quoique bonne partie passe sur les terres du roi, il est si fou et si gueux que te profit qu'on en pourrait espérer n'égalerait pas la centième partie de la dépense qu'il y faudrait faire pour le rendre navigable.
Voilà le tour de la mer achevé. Venons présentement à) la . frontière de terre.
Alsace:
La province d'Alsace comprendre Suntgaw, les bailliages de Bèrncastel et de Ghermersheim, les dis villes impériales, la seigneurie, de Strasbourg, le Landgraviat d'Alsace et les terres de la noblesse immédiate., •. ' ^
(] ) La navigAtioii de l'Ain, entièreipent descendarfte, lieu à-
parlir de la Chartreuse de Yaucluse, près de Moirans. ■
134 'OHIYETKS
Il est premièrcmenl cerlaioqiie si on pronuil soin de bien défricher la rivière d'Iil , il serait facile de lui faire porter bateau depuis ÂUkirch jusqu'à son embouchure dans le Rhin, au lieu qu'elle ne cnmmèn'ce à en porter de fort petits • que depuis une demi-lieue au-dessous de Colmar en bas. Cette rivière est fort encombrée et absolument négligée (4).
Bien que le Rhin porté bateau dans toute i'AUace^4i8Sont tous fort médiocres, et sa navigaticb changeante et.conti* naellement embarrëssée d'arbrés, ' est tvès-dângéreuse. D'ailleurs elle est mitoyenne entre nous et ceux qui potfrraieutdevenir nos ennemis C'est pouiquoi il vaudrait mieux faire un canal à. côté, cciupé de sas et d'écluses, qui pourrait commencer à la sortie de l'avant- fossède Huningue, et coq* tinuer Josqu'à^trasbourg, en Taidanl et entr^ÎBoant par les brâs collatéraux qui s-écarfenV du Rhin, qui en- beaucoup •
d'endroits pourraient faire partie de son lit. ' * •
La Brusche, qui est déjà navigable jusqu'à Daschstein, pourrait se remonter jpsqu'à Molsheim ; la Sohr depuis -le •Rhin jusqu'à Saverne ; la Modeir jusqti^à Ha'gûën'au et Pfaf- . fenhofen; l&.Sufbach jusqu'à Werdt; 1/» Lautér Jusqu'à Wélssemlionrg^ ët la Queich jusqu'à Landau (2). .
■ (l) Le canal du Rhône ru Rhin tient iieu en Alsace de la rivière d'ill. ' - ■ /.
(2) Ces rivières, lré«-pétites, paraissent peu «uscéptîbles d'être, eahalisées. Noiis sommeS; surpris que Y^tuban ne fasse pas ici mention ducanaldelaBrusclï^ cl décelai de laQueich, qui'ontëlé tout deux exécutés par ses soins; le premier, eu 1682, pour là cohMruction de la citadelle de Strasbourg; le second , en 1()88 , pbur la construction de Landau. Le canal de ta Bruscbe ,
np. VAtrRAit.. 135
' Outre ce que dessus, on peul tirer un canal de Strasbourg jusqu'à l'extrémilc de la Basse-Alsace, en côtoyant le Rhin à demi-lieue ou une lieue près, chose qui servirait à la. voiture des bois de la. Corôt d'Haguenao et Lauterbourg , porterait et rftpporterait les besoins du pays, des places et des armées en sûreté; 11- n*y aurait qu'à le déboucher et coin* muniquer dans les grosses rivières traversantes , et Je ter-
, miner dans la Queich à Giiermersheirn (1 ).
De l'heure que j'écris ceci, il se fait un canal de navigation^
> qni traverse TAlsace depuis le Neufbrisachjusiip'à la Mon^ tâgne^ qui aura cinq bonnes Heues de longueur, passant par dessus la rivière d'IIl, sans y entrer, qui doit servir au transport des matériaux nécessaires à la consiruction de cette place et au commerce du pays. On espère qu'il sera en navigation vers la fin de juillet 1690 (2). , . '
qui a 20 kilomètres de longueur, servait ci.core|il y a peu d'iinnëes,à la navigation. Il offre sur sur sa rive droite une position * militaire -avantageuse, que Ifi'marécbal de Coigny occupa fort h propos dans le mois d'octobre J 741-
La i^loiier, qui passe à llagiiciia;!, c'tait nnvigableeii 1687. Les méiaoirosdc cette epoqiic nous iipprcnnent (pie les matériaux pro-venant de la démolition de Ilaguenau, furent transportés par eau • au fort ifOuis, alors en consiruction, au mojcu de bateaux q^i . descendaient la Moder jusqu'à* Drusenllèim; et là, entraient dans .leAbîn,- ; ' ' .
(1) Il y a sur la rive gauelio du Rhin, entre SUasbouru' et Sellz, fiuclques traeesd'un canal latéral, qui paraît avoir été projeté dan» riutention indiquée pur VaubiiUt ' ' (2) Ce canal 'ne sert' plus- qu'à pt<ocurer l'eau ncicesBaÎGc.an service de la garnison .de New rbrisaoli. * '
136 OISIVF.TKS
Le pays est si plai dans la |)laine d'Alsace» et les eaux «i. ' alx>ndante8v qu'on peût y entreprendre telle nirigation qu'on voudta poUr Tusage et l'otilitédece pays, qui a besoin d'ôtre mieux cultivé et plus soigné qu'il ne paraît l'avoir été jusqu'à présent.
Lorraine, Evéchés, et partie do Duché de Bar.
' La Sarre se pourrait accommoder depuis son emboîi-
chure en Moselle, jqsqu'à Bouquenon^ et même jusqu'à Sarrobonrg (1).
La Bliese, branche de la Sarre, qui s'y jette près d<îs Deux- Ponts , se pourrait aussi fort bien accommoder jusqu'aux Deux-Ponts; mais 'le pays par où elle passe n*èst pais à •ndus. . • . . ' •
La Seille, qui traverse partie de la Lorraine et de l'évêché de 3relz, peut être rendue navigable depuis îMetz jusqu'à Marsai, môme jusqu'à Bieuze, avec grande utililé (2).
Le Chiers se- peut rendre navigable depuis Longwy jusqu'à la Meuse.
(1) Lu partie inférieurë du cours de la Sarre V^t malheureu*
sèment plus à lu France depuis 1815, à parllr de Sargucmînes. *•
(2) Il est depn» longtemps question de ce projet par rapport ans salines de Dienze. Le marcchal de Tauban ne faitims men-
ion lie la Moselle, écrivant à pnc époque. ôiV la Lorraine n'jippap»
tenait pas à la Fraïue. • . " ■
DF VAVBAlf. . * 137
"La navigation do lu Sambre se peqt aussi prolonger de ;,Maubeuge à Landrccies. On prétend même qa*elle;se peut joindre à l'Oise (1).
Flandre,- Artois, Hainaut, Cambresis et pays conquis;
pour la deuxième fois (2)
La navigatioti .de FEscaut se peut remonter jusqu'à Cambrai par un canal. Ledit Escaut se peut communiquer par un canal de Tournai à Lille, ù la Deule, et de lA à la Lys. La Lys se peut communiquer à la rivière d*Aa par le J\eufossé, en prenant de quoi nourrir le bassin supérieur à. 2 lieues aù-diietssus de la rivière d*Aa. La rivière d'Aa se peut communiquer, V k Dunkerque^ par la Golme, faisant un bout de canSl avec un sas à la porte de Bergues, pour faire ^ une entrée iadépendammeut de la Coime dans le canal de
(1) Ln canalisation de la vSaiiibro et sn jonction avec TOise
• sont des travaux en conrs d'exécution et trcs-avancés. *
(2) Tout, cecr est une r^*pétition de ce qui à été dit au comment ' cernent de ce cbapître, faite exprès à cause de l'iinporfauce* de
* cette nav igalioii, dont tout le bonlunn tle ce pays-ci drpend, . et siins quoi mt^me il e.st sûr qu'on le verra .bientôt tomber* (Yaubau). " . * • ' .
. Tout cç que Yauban propbae îci pour^la deuxième fois^ est -à l'exception dn canal de Lille <î .Tournai à peu près ex^nl^
Dunkerquo; 2^ ^Oravelinos, en rehaùssant lea bdéfbi de.
PAa, faisant un sas â WatteD, après que Fèéluse de Gi*a* vélines sera achevée , réglant les bords du chenal qui des- . cend à la mer de fîiscin^ges pour faciliter le courant des" • marées et y conserver de la profondeur ^ à Valais par le canal d'Hehuio ,- en TouTraot Jusqu*à la .rivière, â*Aa> Té: largiasant- et le soutenant après par un sais du deux. On pourrait mettre jusqu'à 7, Sou 9 pieds d*eau dans* là coin-' municatlon de Lille à Dunkcrque.en diguant la Lys et les ^ autres rivières. . ' - ' . • ' * .
AÉSUMÉ. • •
^ Yôilà h peii prèa lé nombre* des fivières de ce royaume
qu'on peut rendre navigables, soit en prolongeant la navigation de celles qui le son! de leur fond, mais failtles, ou en ' rendant totalement navigables celles qui ne le sont poiiit du tout; ou en faisant de nouveaux canaux è.travera lés pays. . pôurcommunlquerla navigation des rivièfeçjes unes aiix
' * autres. . ' • ' '-.l ' '■ \ '
Toutes ces rivières sont au nombre d'environ 190, tout compris, parmi lesquelles il s'en trouvera qui pourront de- " venir navigables pour toute Tannée, d'autres pour dix mois, . ' 'd'autres pour huit , d'autres pour six et. d'autres pour,$iuatre . ou Cinq* etenQn d'autres. pour (rois pu quatre seulement;. ' . ce qui ne laisserait pas d'être tjpès-utile pour lés piays 'W ces* • navigations seront praticables. Il est bien sûr que, si elljBS pouvaient avoir lieu, le royaume augmenlerait considéra- * blement ses revenus, et le débit de ses denrées deviendrait toû^autre qu'il n'est, notammejit si pn affranchissait la na- . vigation. On ne; i^uraitdonç disconvenir que cela âe-fût
bon cl très-excellent ; mais la question est do le mettre en Exécution, c'est la dimcuité qu'on peut objecter, 'et qui effectivement en serait une, s'y on s'y prenait tout-à-coup , et que dès à présent on voulût tout embrasser. Il est bien sûr môme qu'on n'en viendrait pas à bout , les peuples sont trop pauvres et le roi trop endetté Mais si la dîme royale, telle qu'elle a été pro[>osée parles mémoires précédents, pouvait avoir lieu, qu'elle fût une fois bien établje, les peuples soulagés et les dettes de l'état acquittées ( chose qui arriverait dans peu ), pour lors les pays se raccommoderaient, et ce qui paraît impossible deviendrait aisé. En s'y prenant peu à peu et avec ordre, pour peu que le roi s'y alTeclionnât et qu'il y mit du sien , on verrait bientôt la navigation des principales rivières s'accroître et se prolonger du côté des sources, et s'étendre après dans les principalesbranches, "et de là passer dans les moinrîVes sitôt (lu'on" s'apercevrait des commodités que la navigation apporte, qui serait un puissant motif pour exciter ceux qui seraient à portée de se les procurer, qui ne manqueraient pas à môme temps d'en rechercher les moyens el d'entrer dans tout ce qui leur paraîtrait possible pour-s'attirer ces avantages -, d'où s'ensuivrait le plus grand bien qui pût jamais arriver à ce royaume^ par le débit aisé de ses denrées, qui en procurerait un accroissement considérable, et par conséquent augmentation de bien et de commodités et une très- grande facilité aux provinces de s'entresecourir les unes les antres dans les chères années et dans les temps de guerre.
D£S ARRpSËHENÏS DËS RIVIERES. .
Après a^ir expliqué les rivières de ce royaume que l'on pourrait rendre navigables, j'ai cru y pouvoir ajouter un
chapitre concernant les arrosemenls des terres, tels à peu près qu'ils se praliquenten Dau phi né, Provence, Roussillon et dans le comtat d'Avignon. Ce sont de ma connaissance les provinces de ce royaume qui les.emploiènt le mieux et qui s'en trouvent bien. Je sais que la pfupa.rtdes particuliers arrosent leurs prés par tout pays ; ce n'est pas de ceux-!à dont je veux parler, mais de ceux qui s'entreliennent par
' une ou plusieurs paroisses associées pour cela ; ce qui se fait par le ipcyen des eaux prises dans les hauts des rivières que Vbh' détourne avec des rigoles soutenues et conduites .par les penchants des coteaux / le long desquels on diminue • la pente des eaux d'un quart, d'un tiers, de la moitié ou des '
• trois quarts plus ou moins, cela de leur lit naturel ; moyennant quoi elles se soutiennent sur de plus grandes élévations à mesure qu'elles font chemin et qu'elles s'éloignent de leur prise; en sorte que^i, par exemplei. une rivière, ou gros . ruisseau «sr trouvée d'un pouce de pente diins son lit natu- .
' rel par (oise courante, on pourra 'en détacher une partie par une rigole, dan;? laquelle on réduira cette pente A la moitié, au quart, au cinquième, au sixième, môme à la douzième * partie, et pour lor:>, si on prend ce dernier, le lit naturel continuant sa . pente ordinaire^ se trouvera», à 100 toises^de '
la prise, \)\us bas (io 91 p'.)uces, 8 lignes que le ruit^scau Je la rigole à pareille distance; à 200 luises de la prise, il sera de 15 pieds, 3 pouces, 4 lignes plus bas, à 400 toises de 50 pieds, (i pouces, 8 lignes, à 800 toises de 61 pieds, 1 pouce, 4 lignes, et à 1600 toises de la prise, de 152 pieds, 2 pouces 8 lignes. Réduisant les pouces en toises par l'avenir, et laissant là les lignes , nous continuerons à dire que , si on continue la rigole jusqu'à 3200 toises, il y aura 40 toises, 4 pieds, 5 pouces de différence , si à 6f\00 toises il y aura 81 toises, 5 pieds, 8 pouces: que si cela s'élend jusqu'à 25600 toises ou dix lieues de pays , la différence sera de 325 toises, le tout mesuré à plomb j ce qui ferait une grande élévation. Après quoi, si la rivière ou ruisseau est fort abondant, il n'y aura plus qu'à bien examiner quel pays on en peut arroser, et la conduisant par les coteaux plus commodes à une lieue, 2 lieues, 4 , 6 , 8 , 10, voire 12 et 15 , c'est-à-dire tant qu'on^ voudra. Mais il faut à même temps faire son compte d'agrandir la rigole à proportion du chemin qu'on lui fera faire et de la pente qu'on lui donnera. Car il se faut toujours souvenir que l'eau augmente de volume à proportion de la pente qu'on lui ôte, et que si, par exemple, on diminue sa pente de la dixième partie, elle ira un dixième de fois moins vite, mais elle augmentera son volume ordinaire d'un dixième; c'est pourquoi il lui faudra un lit d'un dixième, plus grand. Moyennant quoi, elle voiturera toujours même quantité d'eau dans les mômes temps, et c'est à quoi on doit bien prendre garde, afin de ne s'en pas attirer plus qu'on n'en veut, comme aussi de n'en pas manquer. Il y a plusieurs choses à pbsorver dans les arrosements, bonnes à savoir, telles à peu près que les suivantes :
r De tenir pour certain que tout pays a besoin d'arrosements, en quelque situation qu'il puisse être, par.la raison
142 OISIVETtîJ
que les pluies ne sont pas dé commande; que tanlùl elles vienneiil (ôl , tanlôl tard , et souvent mal à propos ; de sorte qu'il arrive beaucoup de désordre dans la aalure par le dô? faut du tr<^ ou trop peu de pluies. Oo ne saurait remédier au premier, mais très bien au dernier, par le moyen Bt* rosements, auquel cas c'eat rémédier à la moiti|& û^ maï^ qui est toujours beaucoup. ^ •
2" Il n'y a guère de pays plus froid ni plus sujet aux humidités que le Haut-JDauphiné , la Savoie et la Uiiute-Proyence , parce qu'ils sont remplis de hautes, montagnes char-' • gées de nëige /la plupart de l'année, contre lesquelles prêsqiie toutes les nuées (}'été vont se rompre et répandre , et où les hivers, avec leurs rigueurs, duretit cunstamment de SIX. à sept mois ; cependant il n'y a point de pays où on ai-rose tanl et avec tant d'adresse et tant d'industrie que ^ans ceux-là* Aussi n'y trouve-t-on pas une pièce de terrey grande commèla ma|n î qui ne s*én sente. '^^ ^ ' > !
H" n^y a rien d'iîiutile dans les pays arrosés, et on exige ,de la terre tout ce- que l'art et la nature lui peuvent faire IMgpIl^re. Au contraire, rien de plus plat que le pays 4es environsdeFurnes, Dunkerque, Bergues, Bourbourg, Gra-' vélines et Calais, qui sont pour l'ordinaire pleins d'eau et marécageux. Cependant, dans les grandes sécheresses, il rcnij)lisscnt leurs vvatergans, alin d'iBtrroee'r et rafraîchir 1 leurs teiTes par Uanspi; atjt;n , sans quoi elles souflViraicnt ^trop. Que si ces deux espèces de terroirs, si différents entre eux , ont besoin d'arrosement, onpeut bardiment cbnclù^e qu'il n'y'^B point de pays où il ne soit nécessaire et utilè«^^ • 4"* Il n'y a rien de plus utile que de pouvoir eènvérlir^èa terres labourables en prés, eties prés en terres- Cela est si ^rai que les Dauphiïiois appellent cette conversion la pierre
tiu^ophule^i et avec raij»ou j cai' il certain que^i^ij^i^d .
• • ' ' • ' ^ . " * " Digitiifed by Gopgle
Ut.VAUBAN. ^. . .143
iitf|ll|lt cdhvCffl!^ fine pièce déterre, lasse de .porter du blé, • on prairie , elle devient très-bonne, supposé 9u*oiya puisse
arroser ; et que quand la terre de ces prés commence à se . . mousser, qui estsigae qu'elle se lasse, la remettant en labour quatre ou cinq ans durant, elle portera du blé à verser. Il n'y a poiq). de doute que ces cbangeiiexil^ ne contrKr. . buent à l'^mélioration des tenes , atteifdu qiiïièi'^là donner rait moyen d'avoir beaucoup plus de-bestîaiiK> qui, f»ar . ' leur accroissenienl, prunteraient considérahfeiïient ao . maître par leur laitage, à la nourriture des ceiisiers et de^ leurs familles, et par l'abondance de k ucs fumiers à Tengraite^es^^^hp, qui ést un. moycfti sàr dé les faire valoir et de les doubler de prix. 19ou5 en avons une preoye çonvaincante en' Roussillon , où le prix du dédori^agèment^des terres occupées par la fortilication a été estiiné el payé sur ce pied à 400 livres le mine, qui a environ IGOO toises car-*y rées de terre ^osée, et celui des terres non arrosée^ 200 ; ItyM^ ce qui prouve là-différence qu'il y a des unes anx Vôtres. lie doit pas douter que }a même chose rie sepra* . tkfue aiflenrs, et que ^toutes les terres, qui peuvenMtre arrosées à propos, ne portent incomparablement j)lus qi!te . . .celles qui ne le sont que des eaux du ciel. Ls^^quesiion est de bien juger des pays qui peuyent être arrosés., 4e.i^^- **. . dôequ'oQ peut. donner. aux arroiements, des moyens d^i^ râer, des temps piH>pre8jà çela et de la conduite qi;1^
\- Le premier est très aisé à découvrir^ puisqu'il est facile • dè juger de lapénte des pa^s et de s'en assurer par le moyen
' des niveaux.- ' = *' • '
,.\,iée deuxi.èiBe:i>WpasTï^^ facile, puisau'il D'y^;qo'à
.; .^nvcM'^^yéuii^et contkiuè^ .
*[ ,'dUih0 n^RBÈit'e* infaillible ^i le^.payb h . •••.■ «' ■ '
144 oisîvKTis el à preniircle chemin qu'un pourra faire tenir aux rigoles en conlinu«nit les penlos qu'on aura prises.
Le troisième consiste au moyen d'arroser, pour le(]uel il 'suffît de s'assurer de la quantité du pays qui peut l'ôtre, et voir après ceux qui en peuvent profiler et les faire convenir de ce que chacan d'eux doit contribuer pour le dédoramagement des lerres oecapées par les rigoles', à proportion de la quantité des terres qui pourraient être arrosées , pour lesquelles payer on pourra aussi convenir du prîK imposé sur chaque arpent de terre qui en sera arrosé;. sur quoi et sur l'établissement de bes'arrosements U scôra bon âe4àire intervenir l'autorîté du roî» saqs quoi les parofssès aaront peine à convenir. "
Le quatrième doit consister en rétablissement d'une bonne police pour la distribution des eaux, qui réglerf^^e temps qu'il faudra les donner et celui que chacun pourra les garder. Cette polif0.^t déjà établie dans Ja plupart des lieux d'arroscment, à .laquelle on pourra ajouter et retran>^ cher ce qui sera jugé à propos. Il me reste sur cela à dirè^ que les rigoles dont on se servira doivent s'accommodera la iigure des pays et au tortillement sinueux que le soutien des nheadxuassujetti à la pente .4es terrains par où elles . passent, peut exiger.
6* Préparer la superficie des terres qu'on vôùdrà arroser, de manière que les eaux se puissent conduire partout ; bien régler les bôrds des rigoles , ménager les branches et petites prises nécessaires aux héritages, de manière qu'elles soient. ^ aiséeis à ouvrir et à liprmer. ù mièiu^ seraitd'y faire jde pé- • tites biise^ afin que personne pe piit plus.quIl nWià^ ' Quand il ne s'agira que de leur faire faire une demi- . lieue de chemin sur une médiocre larircur d arrosenieuL , il sufiit. de leur donner une toise de large -, s'il est question * . *
. / * * ' '.'^ v' ^ • *• Digitizec VjCX);
DE VABBAN. 145
suflSra de leur donner une demi-toise de large, et une toise s'il est question d'une lieue ; deux toises, si de <ieux, trois, s'il s'agissait de trois, et ainsi des autres à proportion, sur un pied et demi à deux pieds de profondeur , rehaussant leurs bords à peu près d'autant. On y pourra faire de petites écluses d'espace en espace, même en tirer plusieurs branches et autres rigoles moindres pour en faciliter les distribu- ' lions, çàet là, dont la largeur et la profondeur seront toujours proportionnées à la longueur qu'on voudra leur donner.
lisserait bon d'en commencer la prise par étangs faits exprès, tirant l'eau à l'extrémité des chaussées'par des déchargeoirs, qui pourront la distribuer des deux côtés. On peut même y faire de petites bondes qui ne servirontqu'à cela,lesquelles seront prises quatre à cinq pieds plus bas que les décharge ordinaires, afin d'avoir de quoi fournir en tout temps. Ces étangs seront utiles de plusieurs manières, lo pour l'ordinaire, qui est la pêche du poisson ; 2' pour l'élévation qu'ils ajouteraient à celle de la prise d'eau, et 3** à l'amortissement delà trop grande crudité de l'eau qui, souvent, nuit aux lieux qui en sont arrosés. Celle-ci est la plus utile de toutes, et je tiens même qu'on ferait très bien de|faire passer les rigoles par plusieurs étangs, supposé que le pays s'y accommodât, parce que l'eau s'adoucirait de plus en plus et achèverait de se préparer et rendre excellente pour les arrosements ; car il est à remarquer qu'il s'y trouve beaucoup d'eaux qu'on n'y croit pas propres-, ce qui ne provient que de ce qu'elles sont trop froides ou données mal à propos et en trop grande abondance; l'un et l'autre se peuvent trô bien corriger. Au surplus, il n'y a point de terrain , tout aride et caillouteux qu'il puisse être, qui ne pût s'améliorer par les arrosements, et si on en excepte le sommet des mon-
OISIVETÉSDE VAUBAN. T. IV. 10
149 OlSIVmif os TAOBAK.
tlignos, il n'y en a guère qui ne se pût arroser, soit ea fw* naot les eaux de près ou de loin , ce qui procurerait un biea jffijftfmffft «ux payf où cela pourrait dure puatiqué.