‹ Okanda, Bangouens, OsyébaChapitre 28 sur 45 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

tion française à Libreville, le Marabout^ petit aviso déjà connu de nos lecteurs, conduira ceux qui en font partie aussi haut que les vapeurs peuvent remonter le fleuve, c'est-à-dire jusqu'à Adanlinanlango, le pays de feu le roi-Soleil. M. de Brazza et ses compagnons seront ainsi dispensés de séjourner dans cette région des marais et des palétuviers qui exhalent des miasmes si délétères et qui nous ont été si funestes. A Adanlinanlango, MM. de Brazza et Marche s'embarqueront aussitôt que possible sur les pirogues du roi Rénoqué pour le pays des Okanda. Aussitôt arrivés à Lopé, ils expédieront N'Doundou ou d'autres chefs avec des hommes et des pirogues okanda pour chercher M. Ballay, resté à Adanlinanlango à la garde des bagages que le premier convoi n'aura pas pu emporter. L'Okanda sera le quartier général des explorateurs; ils comptent y demeurer six mois et ont emporté jusqu'à des graines qui, au commencement de la saison suivante, leur donneront un véritable trésor dans ce pays, des légumes. MM. de Brazza et Marche profiteront de leur séjour dans rOkanda pour nouer, s'il est possible, des relations d'amitié avec les Osyéba. On payera, s'il le faut, les hommes que nous leur avons tués lorsqu'ils nous ont attaqués; on leur fera des présents, on leur fera voir l'exercice à feu fait par les Sénégalais avec les terribles chassepots, en un mot, on mettra tout en œuvre pour éviter l'effusion du

sang. Il est bien entendu cependant que, s'il faut en venir là, M. de Brazza et ses compagnons ne reculeront pas devant une lutte à main armée. Lorsque le moment de leur départ définitif sera arrivé, ils se mettront en mouvement avec cent cinquante ou deux cents auxiliaires okanda, et si, comme tout porte à l'espérer, ils franchissent ce passage de l'Ivindo qui nous a été si fatal, ils arriveront jusqu'au pays des Madouma et des Osyébo : une fois chez ce peuple ami des blancs , la route semble possible , sinon facile, jusqu'au lac Victoria Nyanza, but lointain de l'expédition française. Dieu seul sait ce que l'avenir réserve à nos intrépides compatriotes, mais il faut leur rendre cette justice que, depuis dix mois, ils ont fait des prodiges d'intelligence et de travail, et mis en œuvre tout ce qui est humainement possible pour assurer le succès de leur entreprise.

Pour moi , j'ai une si ferme confiance dans le succès de cette mission, je crois si bien que l'avenir lui réserve de grandes et glorieuses découvertes, qu'il y a un mois j'ai supplié Brazza de m'emmener avec lui comme simple volontaire. Brazza m'a refusé parce qu'il ne croit pas, malgré ce que j'ai pu lui dire, que ma santé soit assez rétablie pour me permettre de supporter les fatigues de cette nouvelle campagne ; mais en expliquant au congrès géographique les causes de ce refus, il a dit qu'il comptait sur moi pour venir le dégager s'il était prison-

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