ÉPILOGUE
pas plus de quatre livres), et également avec des plaques toutes préparées. Seulement, ils auront soin, ce que, nous conformant du reste aux instructions reçues, nous n'avions pas fait, de développer par Fammoniaque les plaques le soir même du jour où les photographies ont été prises. Tout porte à croire que les plaques développées de suite, soigneusement et hermétiquement enfermées dans des boîtes à châssis, se conserveront jusqu'au moment où elles arriveront en France. Le matériel de l'expédition, ainsi constitué est renfermé dans cent cinquantequatre caisses, dont chacune contient elle-même deux caisses pesant vingt kilogrammes, et pouvant par conséquent se mettre sur la tête d'un porteur, ou plutôt d'une porteuse, car, ainsi que nous avons eu souvent occasion de le dire, ce sont généralement les femmes qu'on charge des fardeaux ; toutes ces petites caisses sont parfaitement assorties des objets essentiels sur FOgooué, poudre, fer, cuivre, perles, couteaux, miroirs, étoffes, etc.
La difficulté de trouver des bateaux pour transporter cette énorme quantité de marchandises sera d^autant plus grande, qu'on peut seulement franchir les rapides de l'Ogooué, c'est-à-dire un parcours de près de cent dix milles, avec des pirogues toutes spéciales construites dans le pays même. Malheureusement, il résulte des nouvelles reçues récemment par nous, que, malgré tous les efforts
faits depuis six mois par le commandant particulier du Gabon pour obtenir des noirs qu'ils construisissent sept ou huit grandes pirogues en vue de l'expédition de MM. de Brazza et Marche, il n'a pas pu obtenir d'eux qu'ils se missent à l'ouvrage. Telles sont leur paresse et leur incurie que, bien qu'on leur ait offert pour ces pirogues des prix tout à fait exceptionnels, ils n'auront sans doute encore rien fait à l'arrivée des explorateurs, et M. de Brazza n'aura alors, pour transporter ses bagages, que les pirogues des Gallois et des Inenga dont nous nous sommes nous-mêmes servis. Dans ce cas, il faudra faire au moins trois voyages d'Adanlinanlango au pays des Okanda.
Voici maintenant l'itinéraire que doit suivre l'expédition française. Au Sénégal, ils trouveront leurs tirailleurs armés, équipés et prêts à partir : ils prendront tous ensemble le transport qui fait régulièrement le service entre Dakar et le Gabon. Arrivés à Libreville, M. de Brazza versera devant les Sénégalais, dans la caisse du commandement, quatre mille francs en pièces de cinq francs. Ces quatre mille francs seront en totalité répartis entre ceux des laptots qui l'auront accompagné jusqu'au bout, quel que soit d'ailleurs leur nombre. L'appât de cette récompense considérable sera un excellent stimulant pour la fidélité et l'énergie de ces bons tirailleurs. Aussitôt l'arrivée de l'expédi-