Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier Cromwell
Je ne fais point l’histoire des guerres civiles d’Angleterre. M. Guizot l’a écrite. Je ne touche pas à l’histoire politique de Cromwell après un savant maître , M. Villemain.
Ce livre nouveau n’est qu’un portrait en pied de Cromwell ; portrait minutieux et approfondi , qui ne prétend pas aux honneurs de la grande histoire. Quelques documents récemment découverts ont jeté sur cette sombre figure une clarté vive et inattendue ; je les ai classés et commentés avec soin; j’ai surveillé l’exactitude des dates et traduit avec la fidélité du calque le plus servile les lettres et les discours de l’homme que je voulais connaître et faire connaître. Puis j’ai demandé compte à ce caractère de ses actes, à ces faits de leurs mobiles, à ces documents des passions qui les ont dictés.
Ce commentaire philosophique sur Cromwell est donc un travail spécial auquel on ne peut appliquer les règles ordinaires de l’histoire générale ou de la biographie. Tout écrivain doit tirer de la pensée qui a créé son œuvre la formule de cette œuvre même ; pour un travail nouveau la formule change. Ici je n’ai voulu ni oublier un seul détail caractéristique du personnage, ni borner le cadre vaste dans lequel Cromwell apparaît.
Tout en m’associant aux convictions puritaines pour les comprendre , je n’offre pas au xix c siècle comme objet d’idolâtrie ou d’imi- * tation le fanatisme septentrional de 1650.
Institut , 1" mars 1847.
INTRODUCTION