LIVRE II, CHAPITRE VII
qui assiège Pontefract , ne veut pas qu’on laisse manquer de vivres son armée , et voici ce qu’il écrit aux communes :
Pour le justement honorable le comité des lords et des communes séant à Derby-House, ces présentes.
« Knottingly, près de Pontefract, 15 novembre 1618.
« Milords et Messieurs ,
« Aussitôt que je suis arrivé dans ces environs , j’ai été prié instamment par le comité du comté de prendre sur moi le devoir de réduire la garnison de Pontefract. J’ai également reçu de milord le général un ordre au même effet. — J’ai eu sous les yeux une lettre adressée à la chambre des communes dans laquelle les choses sont représentées comme si le siège en était à un tel point que la prise fût déjà assurée. En considération de quoi j’ai jugé à propos de vous faire connaître le véritable état de cette place, comme aussi la condition du pays, afin que vous ne jugiez pas déraisonnable la demande des choses qui seraient nécessaires.
« Milords , le château a été ravitaillé , depuis trois semaines, de deux cent vingt ou deux cent quarante bœufs gras ; et je tiens de source digne de foi qu’il y a assez de sel pour ce nombre et pour davantage. De sorte que je présume qu’il est avitaillé
pour un an. Les hommes qu’il renferme sont résolus à tenir jusqu’à la dernière extrémité , n’espérant nul quartier , et vraiment ils n’en méritent aucun. Cette place est bien connue pour être une des plus fortes de l’intérieur du royaume; ayant de l’eau abondamment; située de tous côtés sur un rocher, et par conséquent difficile à miner ; les murailles très-épaisses et très-élevées, avec des tours très-fortes ; et, si elle était battue en brèche , d’un accès très-difficile à cause de la profondeur et de l’escarpement du talus. Le pays est excessivement appauvri, hors d’état de nourrir les troupes à discrétion , et à peine capable de nous fournir des vivres si nous avions de l’argent. Ce sera probablement une œuvre de longue durée si le matériel convenable ne nous est pas fourni. C’est pourquoi je crois de mon devoir de vous représenter ce qui suit, à savoir : —
« Qu’il soit donné de l’argent pour trois régiments complets d’infanterie et deux de cavalerie : — et réellement que de l’argent soit remis pour toutes les choses que l’on se propose de faire, trop nombreuses pour les énumérer. Que cinq cents barils de poudre et six bons canons de siège avec trois cents charges par pièce soient envoyés promptement à Hall ; nous demandons que l’on ne nous envoie rien de moindre que des demi-coulevrines. Nous demandons aussi des mèches et des balles. Et, si faire se peut, nous se-