‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 144 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VII

rions contents que deux ou trois mortiers du plus fort calibre avec des bombes nous fussent envoyés également.

« Et, quoique des demandes dans de telles proportions puissent paraître coûteuses , cependant j’espère que vous les jugerez une véritable économie, particulièrement si vous considérez que cette place a déjà coûté au royaume quelques centaines de mille livres sterling. Et , autant que j’en puisse juger , elle peut vous en coûter encore un millier, si l’on y va en badinant ; outre le déshonneur qu’il y aurait et le danger qui peut résulter de ce qu’elle reste en pareilles mains. Il est vrai qu’il y a ici, à Hall et dans les environs deux ou trois gros canons , mais ils sont hors d’état de servir et vos places du Yorkshire sont trèsmal fournies en ce moment.

« Je n’ai encore fait avancer ici aucun de nos corps d’infanterie ; je ne me sers que des régiments à pied du colonel Fairfax et du colonel Maulevrier, et je laisse le reste des gardes avec la cavalerie ; je me propose d’appeler ici demain un petit nombre de nos fantassins. Les autres , comme ce pays n’est pas bien capable de les entretenir, sont un peu dispersés dans les comtés de Lincoln et de Nottingham pour s’y rafraîchir; ce dont, après un service si actif, ils ont besoin , et à quoi ils s’attendent un peu.

« Et véritablement je n’agirais point à ma propre

satisfaction ni selon mon devoir envers vous et envers eux , si je faisais coucher ces pauvres hommes dans les champs à cette saison-ci de l’année avant que nous ayons des souliers, des bas et des vêtements pour qu’ils couvrent leur nudité, — ce que l’on nous dit se préparer et qui doit être hâté , — et jusqu’à ce que nous ayons des planches de sapin pour leur faire des enclos de garde et des outils pour élever des ouvrages qui les protègent.

« Je vous ai représenté humblement ces choses ; et, attendant votre détermination et vos ordres , je demeure

« Votre très-humble serviteur ,

Les forteresses tombent toutes devant cette armée puritaine qui n’a ni bas ni souliers ; l’Ecosse plie la tête; l’Europe se tait; les royalistes se voient perdus; tout est prêt pour l’échafaud du malheureux roi ; et l’on ne peut nier que Cromwell et Bradshaw avaient non-seulement prévu , mais résolu et tramé cette mort avec une froideur de coup d’œil que le fanatisme puritain explique et n’excuse pas. Les passions qui menaient le monde septentrional en 1648 ont tué Charles 1 er .

Au moment même où le roi vient de mourir et où Cromwell et l’armée triomphent, un parti qui n’es

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