‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 152 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE VIII

Pour le commandant en chef de la ville de Wexford.

« Devant Wexford , 1 1 octobre 16-4».

« Monsieur ,

« J’ai eu la patience de lire d’un bout à l’autre vos propositions; j’aurais pu y répondre avec quelque dédain. Mais pour être bref, — j’accorderai la vie aux sous-officiers et aux soldats , et je leur permettrai de retourner à leurs habitations avec les habits qu’ils auront sur eux, moyennant qu’ils s’engagent à ne plus porter les armes contre le parlement d’Angleterre. Aux officiers j’accorderai la vie; mais ils se rendront prisonniers. Et quant aux habitants , je prendrai l’engagement qu’ils n’éprouveront aucune violence dans leur propriété, et je protégerai la ville contre le pillage.

« J’attends de vous une réponse immédiate , et si . vous voulez rendre et donner la place à ces conditions, et si dans une heure vous m’envoyez quatre officiers généraux ou supérieurs et deux aldermen en étages , — je cesserai immédiatement tout acte d’hostilité.

« Votre serviteur,

L’Irlande épouvantée se tait; alors Cromwell replonge son épée dans le fourreau, non sans dire

à ses amis que « Dieu l’a voulu , » et que c’est pour lui « chose de grand trouble et de grand regret. » Le fataliste est toujours là , et dans le même temps il écrit à l’un de ses amis cette phrase souverainement calviniste : « Je l’ai fait ; il n’est pas bon de ne pas suivre les providences (les signes par lesquels Dieu s’annonce). » Cromwell croyait essentiellement à sa mission. 1

Le lord-lieutenant d’Irlande reçut alors du parlement une lettre solennelle de remercîments et de félicitations. On y ajoutait la permission, pour lui ou sa famille, d’habiter le Poulailler, le « Cockpit, » partie du palais de Whitehall où Henri VIII, qui aimait tous les plaisirs sanglants, se donnait celui des combats de coqs. Les appartements du Poulailler, embellis par Élisabeth et Charles 1", étaient devenus fort somptueux. Le parlement y ajoutait le parc Saint- James et Spring-Garden. Ces déplacements splendides ne satisfirent nullement la bonne madame Cromwell , qui s’était habituée à ses vieux logements noirs *.

Cromwell a passé neuf mois en Irlande ; il s’embarque à bord du Président à la fin de mai, et fait voile pour l’Angleterre. Après une traversée orageuse, il débarque à Bristol , où « les grands canons le saluent trois fois, » traverse l’Angleterre à bride abattue

1 Ludlow, p. 400.

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