LIVRE II, CHAPITRE IX
Whalley , qui était alors fort près du major général , chargea très-résolûment, et repoussa l’ennemi ; il en tua plusieurs sur la place , et fit plusieurs prisonniers , sans aucune perte considérable; ce qui véritablement les émerveilla et les refroidit tellement, que nous nous repliâmes sur Musselbourg ; ils n’osèrent pas envoyer un homme pour nous inquiéter. Nous apprenons que leur jeune roi regardait tout cela , trèsmal satisfait de voir ses gens ne pas faire mieux.
« Nous arrivâmes le soir à Musselbourg , tellement fatigués , et si rendus faute de sommeil , et si crottés à cause du temps mouillé, que nous nous attendions que l’ennemi tomberait sur nous , ce qu’il fit effectivement entre trois et quatre heures ce matin avec quinze escadrons des plus choisis, sous le commandement du major général Montgomery et de Straham, deux champions de cette Église. Ils avaient fondé une grande attente et un grand espoir sur cette affaire.
L’ennemi s’avança avec beaucoup de résolution : il fit plier nos gardes avancées et mit un régiment de cavalerie en quelque désordre ; mais nos gens , promptement en armes , chargèrent l’ennemi , le mirent en déroute , firent beaucoup de prisonniers et en tuèrent un grand nombre ( did execution ); ils les poursuivirent jusqu’à un quart de mille d’Edimbourg, et je suis informé que Straham fut tué là, et en outre plusieurs officiers de qualité. Nous primes le major du
régiment de Straham, le major Hamilton , un lieutenant-colonel et divers autres officiers et personnes de qualité, dont nous ne savons pas encore les noms. Véritablement , c’est un doux commencement de notre affaire, ou plutôt de celle du Seigneur, et je crois qu’il n’est pas très-satisfaisant pour l’ennemi, particulièrement pour le parti de l’Église ( kirk ). Nous n’avons perdu personne dans cette affaire , autant que je suis informé , si ce n’est un cornette ; je n’ai pas entendu parler de quatre hommes de plus. Le major général sera, je crois, d’ici à quelques jours, en état de reprendre le harnais. Et je crois que cette œuvre, qui est celle du Seigneur, prospérera entre les mains de ses serviteurs.
« Je n’ai pas jugé à propos d’attaquer l’ennemi, situé comme il l’est ; mais certainement ceci le provoquerait suffisamment à combattre s’il en avait envie. Je ne crois pas qu’il ait moins de six ou sept mille chevaux, et quatorze ou quinze mille fantassins. La raison, d’après ce que j’apprends, de leur résolution à ne pas nous combattre, est qu’ils attendent plusieurs autres corps de troupes du nord de I’Écosse, et ils font entendre que, lorsque ces renforts viendront, alors ils nous donneront bataille; mais je crois qu’ils voudraient plutôt nous porter à les attaquer dans les fortes positions où ils sont retranchés ; ou bien ils espèrent que nous succomberons à la famine , faute de