LIVRE II, CHAPITRE IX
avait l’intention de nous combattre à Gladsmoor, nous nous efforçâmes de nous rendre maîtres de la position des marais avant eux , et nous battîmes le tambour de très-grand matin; mais quand nous y arrivâmes, aucune partie considérable de leur armée ne s’y montra. Sur quoi quatorze cents chevaux, sous les ordres du major-général Lambert et du colonel Whalley, furent envoyés en avant-garde à Musselbourg , pour voir en même temps s’ils pourraient faire quelque découverte et tenter quelque entreprise contre l’ennemi; je marchai sur leurs talons avec le reste de l’armée. Nos hommes rencontrèrent quelques-uns de leurs cavaliers ; mais ceux-ci ne purent nous arrêter. Nous couchâmes à Musselbourg , le soir , campés tout près, l’armée de l’ennemi étant entre Édimbourg et Leith , à environ quatre milles de nous , retranchée par une ligne flanquée d’Édimbourg à Leith ; leur canon de Leith battant la plus grande partie de la ligne, de sorte que leur position était très-forte.
« Lundi, 29 courant, nous résolûmes de nous approcher pour voir s’ils voulaient nous livrer bataille; et, d’amener nos canons aussi près d’eux que nous le pourrions, espérant que cela les gênerait. Nous nous aperçûmes aussi qu’ils avaient quelques forces sur une hauteur qui commande Édimbourg , et que de là ils pourraient nous faire du mal, et nous nou3 décidâmes à envoyer une colonne pour prendre possession de ladite
hauteur ; mais , après tout , nous trouvâmes que leur armée n’était pas facile à entamer. Sur cela nous restâmes tranquilles tout ledit jour , qui se trouva être un jour dur et une nuit de pluie comme j’en ai vu rarement, et grandement à notre désavantage ; l’ennemi ayant assez pour se mettre à l’abri , et nous rien de considérable. Nos soldats supportèrent cet ennui avec un grand courage et une grande résolution, espérant qu’ils en viendraient bientôt aux mains. Le matin, le terrain étant très-humide et nos provisions trèsrares , nous résolûmes de nous replier sur nos quartiers de Musselbourg , pour nous y reposer et y prendre des vivres.
« L’ennemi, quand nous nous retirâmes, tomba sur notre arrière-garde, et la mit quelque peu en désordre ; mais nos corps de cavalerie, étant en assez bon ordre, s’engagèrent dans une escarmouche avec eux. Il y eut une mêlée assez chaude , le major général et le colonel Whalley étant à l’arrière-garde, et l’ennemi poussant des corps considérables pour soutenir sa première attaque. Nos hommes le chargèrent jusque dans ses retranchements et le battirent. Le cheval du major général reçut un coup de, feu au cou et un à la tête ; lui-même , blessé d’un coup de lance dans le bras, et percé dans une autre partie du corps, fut fait prisonnier, mais délivré immédiatement par le lieutenant Empson de mon régiment. Le colonel