LIVRE II, CHAPITRE IX
spirituelle, que le monde appelle ivresse 1 et qui est sainteté. Il peut y avoir aussi une confiance charnelle en des préceptes mal compris, qui mériterait d’être appelée une ivresse de l’esprit très-funeste *. Il peut y avoir un covenant fait avec la mort et avec l’enfer ! Je ne prétends pas dire que le vôtre soit ainsi. Jugez-en.
Examinez si nous voulons sagement arrêter le fléau qui déborde , ou seulement faire réussir des intérêts mondains ; avons-nous fait alliance avec des hommes méchants et charnels? avons-nous de l’estime pour eux? les avons-nous attirés à faire pacte avec nous? Ce ne serait plus alors un covenant de Dieu , un covenant spirituel. Pensez à ces choses ; nous espérons que nous y avons pensé.
« Je vous prie de lire le vingt-quatrième chapitre d’Isaïe , depuis le cinquième jusqu’au quinzième verset ; et n’ayez pas honte de reconnaître l’esprit qui vivifie et qui donne la vie.
« Que le Seigneur vous donne l’entendement pour faire ce qui est agréable à ses yeux.
« Vous confiant à la grâce de Dieu, je demeure « Votre très-humble serviteur,
1 Voy. le second chapitre des Actes.
* Vous pouvez dire de nous, que nous sommes enivrés de fananalisme, tandis que c’est plutôt vous qui êtes « ivres de votre confiance en votre fausse sagesse. »
C’est dans la même intention qu’il écrit au général écossais Lesley l’épître suivante :
Pour le très-honorable David Lesley, lieutenant général de V armée des Écossais, cette lettre.
« Du camp des monts Pentland , 14 août 1650.
« Monsieur ,
« J’ai reçu la vôtre du 13 courant, avec la déclaration dont vous parlez y incluse , — laquelle j’ai fait lire en présence d’autant d’officiers qu’il a été possible de rassembler, ce dont votre trompette peut donner témoignage. Nous vous faisons cette réponse, par laquelle j’espère, avec la grâce du Seigneur, faire voir que nous continuons à être ce que nous avons déclaré aux honnêtes gens do l’Écosse. Nous faisons des vœux pour eux comme pour nos propres âmes ; notre affaire n’étant aucunement d’empêcher nul d’entre eux d’adorer Dieu de telle façon qu’en leurs consciences . ils sont persuadés qu’ils doivent le faire. Nous sommes toujours prêts à remplir en cela les obligations que le covenant nous impose,
« Cependant, que sous prétexte du covenant mal interprété , torturé hors de son véritable sens et de la justice , un roi soit accepté par vous et nous soit imposé , et que cela soit appelé « la cause de Dieu et du