LIVRE II, CHAPITRE IX
car je prie souvent pour vous au pied du trône de la Grâce. — J’ai été informé de la protection que le Seigneur vous a accordée en vous faisant réduire Waterford , Duncannon et Catherlogh. Son nom soit loué.
« Nous avons été employés à un service le plus rempli d’épreuves auxquelles de pauvres créatures humaines aient jamais été soumises. Nous avons manifesté beaucoup d’amour chrétien ; sachant que nous avions affaire à beaucoup d’hommes pieux, et qui prétendaient être — « stupéfaits de notre invasion, » — véritablement nos cœurs saignaient à chaque instant; le Seigneur nôus a inspiré de douces paroles et nous les a fait penser avec sincérité. Ils les ont repoussées à diverses reprises; et chaque fois nous les avons supplié de croire que nous les aimions comme nos propres âmes ; ils nous ont souvent rendu le mal pour le bien. Nous leur avons demandé des garanties contre le6 entreprises de Charles Stuart sur l’Angleterre ; ils n’ont pas voulu écouter une de nos paroles et n’ont pas répondu un mot. Nous en avons souvent appelé à Dieu ; ils en ont appelé à lui également. Nous avons été trois ou quatre fois sur le point d’en venir aux mains, mais ils avaient de meilleures positions que nous. Une terrible dyssenterie a attaqué notre armée et l’a beaucoup réduite, — de quatorze mille à onze mille : trois mille cinq cents chevaux et sept mille
cinq cents fantassins. L’ennemi avait seize mille hommes d’infanterie , et six mille cavaliers.
« L’ennemi poursuivit son avantage. Nous étions réduits à l’extrémité; le 3 septembre à six heures du matin nous l’avons attaqué. — Après une affaire chaude qui a duré à peu près une heure nous avons mis toute son armée en déroute; nous lui avons tué environ trois mille hommes, et le maréchal m’informe que nous avons fait dix mille prisonniers et pris toute l’artillerie , composée d’environ trente pièces tant grosses que légères ; une grande quantité de poudre, de mèches et de boulets; près de deux cents drapeaux et étendards. Je suis persuadé que près de quinze mille armes sont restées sur le champ de bataille. Et je crois que nous n’avons pas perdu plus de trente hommes , quoique beaucoup des nôtres soient blessés. Avant la bataille nous étions dans une piteuse condition; l’ennemi nous prodiguait les insultes et les menaces , mais le Seigneur nous a soutenus par une confiance en lui, au-dessus de celle que nous avons éprouvée habituellement.
« Sachant que le récit de cette grande œuvre du Seigneur excitera vos âmes à chanter sa louange et à vous réjouir; ignorant si votre condition n’a pas besoin du bonheur de vos frères pour rafraîchir vos cœurs ; et sachant que la nouvelle de vos succès est venue au secours de notre foi dans notre détresse et