CHAPITRE X
Cromwell combat les théologiens et les métaphysiciens. — Conclusion de la seconde période de sa vie.
Cromwell marche sur Édimbourg pour achever sa conquête, et adresse aux ministres rebelles et au gouverneur la petite admonestation suivante :
Pour l’honorable M. le gouverneur du château d’ Édimbourg , cette lettre.
« Édimbourg, 9 septembre 1650.
« Monsieur ,
« La bonté que l’on a montrée à vos ministres a été sincère, pensant qu’elle pourrait être payée de retour ; mais je suis bien aise de dire aux gens de votre parti que, s’ils avaient toujours en vue le service de leur maître (comme ils l’appellent), ils ne se conduiraient pas ainsi. Ils auraient dû nous répondre autrement ; et certes , la conduite de notre parti ( quoi qu’il leur plaise de dire sur les ministres du Christ en
Angleterre), ne les autorisait pas à nous persécuter.
« Les ministres en Angleterre sont protégés. Ils ont la liberté de prêcher l’Évangile , mais non pas sous ce prétexte de détruire le pouvoir civil, de se mettre audessus de lui et de l’avilir à leur gré. Nul n’a été persécuté en Angleterre ni en Irlande pour avoir prêché l’Évangile; aucun ministre n’a été molesté en Écosse depuis que l’armée y est entrée. La vérité sied bien à la bouche des ministres du Christ.
« Quand des ministres prétendent à une glorieuse réforme dont ils disent poser les bases en s’emparant du pouvoir, quand ils font des intrigues mondaines pour cela, comme leur dernière convention avec leur roi, et qu’ils espèrent réussir dans leurs projets par ce moyen ; — qu’ils pensent bien que la Sion promise ne sera pas bâtie avec un mortier si impur !
« Quant à l’injuste invasion dont ils parlent, il fut un temps où une armée écossaise vint en Angleterre sans y être appelée par l’autorité suprême. Nous avons dit , dans nos proclamations , avec quels cœurs et pour quelle cause nous venions ; — le Seigneur nous a entendus , bien que malgré vous ; et notre appel aussi solennel que nul autre n’a pas été repoussé.
« Et bien qu’ils semblent se consoler , disant qu’ils sont des fils de Jacob , de qui , disent-ils, Dieu a détourné sa face momentanément, — néanmoins il n’est