LIVRE 11, CHAPITRE X
Soit politique ou sentiment religieux, l’un et l’autre selon nous , il reste humble et modeste , il rapporte tout à Dieu. N’est-il pas le simple ouvrier de la providence? Qu’il abandonne ce rôle, à la réalité duquel il a toujours cru , sa force tombe. Aussi écrit-il avec une humilité dont les causes sont évidentes les lettres suivantes au président du conseil.
Au lord président du conseil d’État, cette lettre.
« Edimbourg, 3 juin 1651.
« Milord ,
« J’ai reçu la vôtre du 27, mais avec un ordre du parlement, me permettant de retourner en Angleterre pour changer d’air afin que par ce moyen je puisse mieux recouvrer la santé. Le tout m’est parvenu pendant que le docteur Wright et le docteur Bâtes, que vous m’avez envoyés, étaient auprès de moi.
« Je n’ai pas besoin de dire l’extrémité à laquelle ma dernière maladie a été poussée : elle a été si violente qu’en vérité ma nature était à peine capable d’en supporter le poids. Mais il a plu au Seigneur de me délivrer au delà de mon espérance et de me faire dire encore une fois: « Il m’a retiré du tombeau! » — Milord, l’indulgence du parlement manifestée dans cet ordre est une très-haute faveur non méritée, de laquelle je dois conserver un souvenir reconnaissant; ce-
pendant je juge que ce serait trop de présomption de ma part d’en faire des remercîments formels. Je vous prie de me permettre d’oser exprimer mon humble gratitude au conseil, de m’avoir envoyé deux personnages si dignes, à une si grande distance, pour me visiter. J’ai reçu d’eux beaucoup d’encouragements et de bons avis pour le rétablissement de ma santé et de mes forces , lesquelles , par la bonté de Dieu, je sens maintenant croître au point, si c’est son bon vouloir, d’être encore en état de me rendre utile selon mes faibles moyens dans le poste où il m’a placé.
« Je désirerais voir ici plus de stabilité dans vos affaires, que de dépendre au moindre degré d’une aussi frêle créature que moi. Véritablement elles n’en dépendent pas, — elles ne reconnaissent aucun instrument. Ceci est la cause de Dieu, et il faut qu’elle prospère. Oh ! que tous ceux qui y ont la main soient persuadés de cela, qu’ils ceignent les reins de leur ftme et essayent en toute chose de marcher dignes du Seigneur ! Telle est la prière,
« Milord,
« De votre très-humble serviteur ,
Un mois après, il lui expose ainsi sa situation en Écosse :