‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 178 sur 257 · LIVRE II, CHAPITRE X · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE X

Au justement honorable le lord président du conseil d'État, cette lettre.

« Linlilhgow, 26 juillet 1651.

« Milord ,

« Je ne puis rien ajouter au rapport que je vous ai fait dans ma dernière; seulement que nous avons maintenant dans le Fife environ treize ou quatorze mille hommes , tant cavaliers que fantassins. L’ennemi est à son vieux poste et se tient à Stirling et aux environs où nous ne pouvons en venir aux mains avec lui, à moins qu’il ne le veuille, sans courir des hasards trop manifestes , parce qu’il a pris une très-forte position où il a un grand avantage. Nous apprenons qu’il a reçu dernièrement de grandes provisions de farine et de grands renforts des troupes du Nord sous les ordres du marquis de Huntley. C’est encore notre affaire de nous adresser à Dieu pour qu’il nous enseigne comment il faut agir avec cet ennemi adroit, et j’espère qu’iL le fera.

« Nos forces de ce côté-ci de l’eau ne sont pas trèsnombreuses; j’ai envoyé chercher celles du colonel Rich , et je les destine à former, avec celles du colonel Saunders, un corps sur la frontière — elles doivent être prêtes à se joindre à celles laissées de ce côté-ci du Frith , ou à se diriger pour la sûreté de l’Angleterre

selon que besoin sera; — elles sont très-peu utiles où elles sont placées , nous le savons bien.

« Vos soldats commencent à tomber malades, par suite du temps humide que nous avons eu depuis quelque temps. Il est par conséquent désirable que les recrues d’infanterie qui ont été ordonnées arrivent un peu plus tôt que l’époque ordinaire et surtout que le nombre déterminé par vous soit complet, ce en quoi il y a eu beaucoup de mécompte depuis quelque temps. Quant au mode à suivre pour les lever , il est rarement soumis à votre choix ; si vous préférez nous envoyer des volontaires , nous serons très-contents que vous agissiez ainsi.

« Nos pelles sont réduites à un très-petit nombre ; c’est pourquoi nous désirons que sur les cinq mille outils que nous avons demandés dernièrement, au moins trois mille soient des pelles ; — elles s’usent très-vite dans nos ouvrages et sont d’une grande utilité. Nos armes de cavalerie, particulièrement nos casques , se réduisent à un très-petit nombre ; nous désirons avoir mille cuirasses et quinze cents casques. U ne nous reste en magasin que quatre cents paires de pistolets, deux cents selles, six cents piques , deux mille et trente mousquets dont trente à rouet. Voilà de quoi se composent nos munitions en ce moment; et, ne sachant pas ce que vous nous avez envoyé par la flotte qui doit venir, nous désirons que l’on pense

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