CHAPITRE IX
Les communes offrent à Cromwell le litre de roi. — Ses discours à ce propos.
En 1657, lorsque depuis longtemps le pouvoir réel appartient à Cromwell , Widdringlon lui fait de la part des communes , l’offre solennelle du titre royal ; « une plume au chapeau, » rien de plus, il le dit luimême aux officiers généraux , quand ces derniers viennent l’avertir que le peuple de Dieu sera scandalisé s’il se fait roi.
« Roi ! — Je le suis déjà , » leur répond-il en cent cinquante pages , six discours et une énorme quantité de paroles. « Quant à ce nom que vous m’offrez , je ne sais pas trop si je dois le prendre. »
On a fait de la royauté offerte à Cromwell , <> hochet, joujou, babiole, » (il le dit mille fois) , une affaire beaucoup trop importante ; ce titre, dont il possédait la réalité suprême, n’ajoutait qu’un danger à sa situation. Entre ce danger, et son ambition , entre la crainte de blesser le peuple et celle d’irriter les soldats il hésite longtemps; la trace de cette hésitation est partout