‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 229 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE IX

empreinte dans les obscures argumentations de ses discours, que l’on a regardées comme le dernier terme de la fraude. Il était seulement fort embarrassé. Cromwell refuse donc, avec beaucoup de raison selon nous et non sans quelque peine ; puis le cours triomphal de la république continue. Mais la vieillesse arrive , et le ton de Cromwell , dans les deux discours suivants, est mélancolique.

« À vous dire vrai , j’ai éprouvé une indisposi-

tion ; c’est pourquoi je n’ose vous parler plus longuement, — si ce n’est pour vous faire savoir que j’ai déclaré simplement et avec franchise l’état où est notre cause, et ce qu’elle a obtenu par les soins et 1^ travaux de ce parlement depuis la dernière fois qu’il s’est assemblé. Je serais heureux de reposer mes os près des vôtres, et pour servir le parlement je l’aurais fait gaiement et de bon cœur dans la condition la moins élevée que j’aie jamais occupée.

« Si Dieu, comme je l’espère, vous donne.... il vous l’a donnée; (car de quoi ai-je parlé , excepté de ce que vous avez fait? il vous a donné la force de faire ce que vous avez fait ) , si Dieu continue à vous donner cette force qui crée , s’il vous bénit dans cette œuvre et rend cette assemblée heureuse en cela , vous serez tous nommés les bénis du Seigneur. Les générations à venir nous béniront. Yous serez les « réparateurs des brèches et des sentiers dans lesquels il faut

vivre; » est-il un ouvrage plus grand que celui-ci dans ce monde , parmi ceux que les mortels peuvent exécuter ?

« Comme je vous l’ai dit , je suis malade. Je n’ai pas le pouvoir de vous parler plus longuement ; mais j’ai prié une honorable personne qui est ici à mon côté de discourir un peu plus en détail de ce qui peut être le plus convenable pour cette occasion et cette assemblée. »

Les vues mâles et fortes de l’homme politique se retrouvent dans ce dernier discours, où « Son Altesse, dit un journaliste, regardant l’avenir et le passé, l’extérieur et le pays même, tout bien considéré, s’exprime véritablement avec noblesse. *•

« Milords et messieurs des deux chambres du parlement,

« (Car c’est ainsi que je dois vous reconnaître) , en vous ainsi qu’en moi est déposé le pouvoir législatif de ces nations ! Le poids de ces affaires et de ces intérêts pour lesquels nous sommes rassemblés est grand ; je ne saurais , en bonne conscience , être content de moi-même , si je ne vous exposais quelques-unes de mes craintes sur l’état des affaires de ces nations , vous proposant en même temps le remède qu’il peut être utile d’appliquer aux dangers dont nous sommes menacés.

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