‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 239 sur 257 · LIVRE III, CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE XI

Les trois jours de son agonie pendant laquelle une furieuse tempête éclata ne furent pour lui qu’une longue et mystique angoisse , une lutte avec Dieu révélée par des gémissements , des sanglots et des prières continuelles, et couronnée de cette tranquillité profonde et sereine qui étonna Ludlow.

Cromwell laissait non-seulement l’Angleterre florissante, mais remplie de germes que devaient féconder les deux siècles suivants.

La vieille aristocratie féodale était renouvelée par l’accession des hommes populaires introduits dans la Chambre haute.

Le salut du peuple (salus populi suprema lex) y exergue qui flottait sur les drapeaux dont le cercueil de Cromwell était ombragé 1 , remplaçait, comme principe, celui de l’autorité royale et souveraine.

L’idée du « Droit divin », anéantie en fait dans les lois, n’existait plus dans les esprits*.

La place de l’Angleterre, centre belliqueux et commercial du protestantisme, c’est-à-dire de toutes les races germaniques, était fixée.

* V. Mark Noble. Memoirs of the protectorat House , t. II, 352.

* V. De Foë , de Jure divino.

L’assimilation du principe calviniste et de l’élément populaire était accomplie en Angleterre , pour un siècle tout au moins.

La prépondérance sur les mers était conquise; les colonies lointaines étaient florissantes. On avait pris Dunkerque ; on voulait Gibraltar.

Le mouvement du Nord qui s’annonçait préparait la lutte politique et guerrière que Louis XIV soutint aVeo tant de gloire dans sa jeunesse , avec Une si magnanime résignation sur ses vieux jours.

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