‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 82 sur 257 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les Écossais. — Marche des événements. — Milton maître d’école. — Cromwell aux Communes. — Il défend sa province. — Cromwell à quarante et un ans.

Les Écossais , qui ont chassé Marie Stuart la catholique, donnent l’impulsion de la révolte protestante.

Grâce à eux et par eux les prophéties bibliques se réalisent ; la guerre sainte éclate ; les tentes d’Israël se déploient ; on sort de Kedar et de Meshec. Démocratie, fanatisme, haine nationale se combinent dans la redoutable armée à laquelle Charles 1 er oppose inutilement ses courtisans fatigués et ses évêques mécontents. Cette armée royaliste avait pour officiers ceux-mêmes de Gustave-Adolphe, les vieux athlètes du Nord protestant. Aucun historien anglais n’a vu ou signalé cette marche ascendante et belliqueuse du Nord , qui se venge de Rome, détruit les pompes du culte, déchire les élégances d’un art qui ne lui appartient pas , rappelle la simplicité et la nudité de l’Évangile primitif,

LA JEUNESSE DE CROMWELL

et anéantit la hiérarchie papale. Ce mouvement va chercher au fond de la ville endormie de Saint-Yves et dans sa petite maison d’Ely l’arrière-neveu du persécuteur Thomas Cromwell, Olivier Cromwell.

Bientôt le roi se trouva sans argent , et , forcé d’en demander aux communes , il ouvrit une nouvelle session , à laquelle Cromwell assista. Les Écossais avançaient toujours ; il y avait dans le peuple une fureur croissante contre les ornements de la messe et les « surplis de la Toussaint ; » les soldats du roi partageaient cette colère démocratique. Passaient-ils devant la maison d’un puritain, trois hourras la saluaient; reconnaissait -on celle d’un de ces damnés qui portaient , chose effroyable , « quatre surplis à la Toussaint, » les soldats entraient chez lui et jetaient ses meubles par la fenêtre.

Cependant l’armée sainte des Écossais , chantant des psaumes, chaque homme portant un petit havresac plein de farine , avec uniforme gris de lin et bonnet bleu, ne jurant jamais, régulière comme il convient aux enfants du Seigneur, passait la Tweed , conduite par David Lesley, le petit vieillard tortu. Charles abandonné de la masse de ses sujets , mal servi par ses chevaliers , ne parvint pas à déloger du Northumberland et du comté de Durham ces Écossais puritains , « doux comme des agneaux, terribles comme des lions », pleins d’une tendresse fraternelle

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