‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 84 sur 257 · LIVRE I, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE V

A mon bon ami , M. YVillingham , à sa maison dans Swithin’s Lane, cette lettre.

« Londres, février 1640.

« Monsieur ,

« Je vous prie de m’envoyer les arguments des Écossais pour soutenir le désir d’uniformité dans la religion exprimé dans leur huitième article ; j’entends ce que vous m’avez déjà communiqué. Je désire les relire avant que nous entamions ce débat , qui aura lieu bientôt.

« Votre serviteur,

Lorsque le domestique de Cromwell porta ce petit billet à M. Willingham , dans Swithin’s Lane ( où demeure en 1847 M. de Rothschild le banquier), on était en 1640 , à la veille de la guerre civile ; bien d’autres préoccupations religieuses et politiques, toutes dirigées vers le même but, absorbaient Cromwell, qui n’était encore que le « seigneur des fens. »

Près de Saint-Yves s’étendait un pâturage fertile et marécageux , qui devait à cette particularité le nom de Soke of Sommersham l . Les pauvres paysans du

* Du mot toak , tremper, mouiller.

LA JEUNESSE DE CROMWELL

voisinage y menaient paître leurs troupeaux, et c’était pour eux un bénéfice. La reine Henriette, fille de Henri IV, imagina de récompenser un serviteur, en faisant enclore de haies la commune , et de la donner à cette personne qui se hâta de réaliser le cadeau royal. Les terrains, vendus à lord Manchester ministre du sceau privé et à son célèbre fils Mandeville, se trouvaient soustraits à l’utilité publique. Le canton spolié réclama par l’organe de Cromwell.

Pour la quatrième fois , il est en guerre avec le pouvoir. 11 a soutenu les prédicateurs de ses deniers et de son influence, — dénoncé les orateurs papistes , — lutté contre le conseil d’État pour le dessèchement des marais de sa province. Ici on le retrouve encore debout pour l’intérêt populaire et l’intérêt local , en face du puissant Mandeville et de l’éloquent Clarendon. Sans doute sa voix fut rude et son procédé brutal; après tout, il voulait que justice fût faite à ces pauvres manants, et il n’avait pas tort.

En lisant chez Clarendon le récit de l'affaire ; on voit Cromwell .prêt à sa grande lutte. « Je me trouvai , dit Clarendon , président d’un comité particulier convoqué à propos de grandes étendues de terres incultes qui appartenaient aux manoirs de la reine , et que l’on avait encloses sans le consentement des fermiers; ces enclos avaient été donnés par la reine à un serviteur très-intime , et celui-ci avait

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