‹ Olivier Cromwell; sa vie privée ses discours publics, sa correspondance particulière. Précédés d'un examen historique des biographes et historiens d'Olivier CromwellChapitre 94 sur 257 · L1VHE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

L1VHE II, CHAPITRE II

C’est aussi sous sou aile que viennent se placer dès lors tous les calvinistes de la province ; et c’est pour lui obéir que les plus fervents et les plus obstinés adhérents de ce papisme qu’il exècre et contre lequel il partage la fureur populaire renoncent à leurs anciens rites. Remarquez avec quelle autorité calme et quelle impérieuse bonhomie ce fermier devenu chef d’insurrection donne des lois au docteur Ilitch , et lui ordonne de lire les Écritures au peuple et d’abjurer les derniers vestiges du culte méridional et romain :

Au Révérend Monsieur Hitch , à Ely, cette lettre.

« Ely, 10 janvier 1643.

« Monsieur Hitch ,

« De peur que les soldats n’entreprennent , avec désordre et confusion , la réforme de l’Église cathédrale , je vous requiers de vous désister entièrement de votre service du chœur , si peu édifiant et si malséant : — et je vous fais cette requête parce que vous répondrez des suites , s’il arrive quelques désordres à ce sujet.

« Je vous conseille de catéchiser , et de lire et expliquer les Écritures au peuple, n’ayant aucun doute que le Parlement, avec l’avis de l’assemblée des ecclésiastiques, vous donnera des ordres ultérieurs à ce

fi2 CROMWELL, HOMME DE GUERRE ET CHEF DE PÀHT1.

sujet. Je désire aussi que vous prononciez des sermons là où vous les avez prêchés d’habitude , — mais plus fréquemment.

« Votre bon ami ,

Le révérend docteur Ilitch se soumit en maugréant à la popularité de Cromwell ; partout , même auprès de ses supérieurs , il appuie et défend les calvinistes; il le fait à ses risques et périls , avec un mélange de menace et de mesure, de violence et de calme qui constitue et affermit sa royauté locale : anabaptistes, millénaires , indépendants , pourvu qu’ils soient ennemis de Rome , il est leur athlète. En voici un qui ne jure jamais, qui ne boit jamais, dévoué à la cause, et que son chef militaire veut destituer pour opinion religieuse. Il se réfugie près de Cromwell , qui à l’instant même écrit au major Crawford :

Au major Crawford, ceci.

« Cambridge, 10 mars 1643.

« Monsieur ,

« Les plaintes que vous avez portées contre votre lieutenant-colonel, par l’intermédiaire deM. Lee et par vos propres lettres , sont cause qu’il est resté ici ;

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