‹ OlmedoChapitre 12 sur 12 · SONNET · texte numérisé non relu

SONNET

Connaître les moyens que possède le cœur D'aimer, comme la loi divine nous l'ordonne, Dieu, la suprême fin de l'être qui raisonne ; L'homme, qu'à son image a fait le Créateur ;

Agir très simplement et même avec candeur ; Chercher à plaire à tous, mais sans flatter personne ; Savoir se dominer, alors qu'on se façonne Pour tolérer d'aulrui la variable humeur.

Se faire l'artisan heureux du bien des autres

Et plaindre leurs malheurs comme s'ils étaient nôtres ;

Oublier, quand il faut; savoir aussi céder;

Etre franc, mais discret. Enfant, tu dois les suivre Ces préceptes du monde afin de t'y guider, Car telle est la science et tel est l'art de vivre.

En prose Olmedo nous a laissé, en dehors de ses Règlements administratifs, de ses discours politiques et de sa correspondance des Leçons de Logique à Vusage de la Jeunesse, écrites sous forme de dialogues.

Olmedo mourut le 19 février 4847 à l'âge de 67 ans. Le pays tout entier prit le deuil. Les nations américaines s'associèrent à sa tristesse et leurs écrivains les plus remarquables prodiguèrent en prose comme en vers les témoignages de consternation pour sa mort et d'admiration pour son génie. La gloire du champion et chantre de la Liberté irradia sur toute l'Amérique latine. Le gouvernement équatorien décréta des funérailles nationales et les honneurs lui furent rendus comme à un président de la République, car deux fois, dans des moments critiques, il en avait été le chef suprême. Toutes les villes importantes de l'Equateur célébrèrent des services funèbres en son honneur. Ses restes vénérés furent conduits, au milieu d'un cortège nombreux et solennel, à l'église des Franciscains, construite sous la direction de son beau-père, et y furent inhumés. La pierre tombale qui recouvrait ses cendres portait cette double inscription ;

Don José Joaquin Olmedo (1)

par son patriotisme et son génie Honneur de la Patrie et de l'Amérique ;

par son caractère et ses vertus

idole de sa famille et de ses amis.

(1) Olmedo, après rindépendance, comme la plupart des « Pères de la Patrie », supprima de son nom la particule nobiliaire, que, plus tard, sa famille a reprise.

Au Dieu glorificateur.

Ci-gîl le Docteur José Joaquin Olmedo

Il fut le Père de la Patrie, L'idole de son Pays,

II posséda tous les talents, Il pratiqua toutes les vertus.

En 1881, le conseil municipal de Guayaquil fit placer une plaque de marbre commémoralive sur la maison où vécut et mourut le poète.

Comme l'a dit l'un des orateurs qui se firent entendre le jour de cette solennité (1 ) :

Ce fut de cette maison, que partirent ces sages et admirables décrets qui avaient pour but l'établissement de lu véritable République, même au milieu de la lutte sanglante pour l'Indépendance. En la rendant plus séduisante, ils lui attiraient des partisans et des défenseurs, bientôt transformés en héros et en martyrs.

Ce fut dans cette maison qu'il écrivit La Victoire de Junin, cliant pour Bolivar, hymne immortel dont les échos remplirent l'Amérique entière et résonnèrent jusque dans le vieux continent, épopée célébrant des batailles oui, mais des batailles où triomphait la Liberté et qui promettaient la Paix...

Et si nous interrogeons les échos familiers de cette maison, peut-être pourrions-nous entendre le son d'une voix impatiente, nerveuse, sonore et ferme à la fois, qui par son seul accent domine, et, à ses côtés, une autre voix suave, mélodieuse, qui séduit, persuade et charme. C'est le Libérateur de la Colombie qui combine avec le Messager du congrès Péruvien les moyens d'assurer dans le sud la liberté qui est arrivée du nord jusqu'aux rives du Guayas...

(1) M. Francisco de Yc.^za, neveu du poète et citoyen éminent de Guayaquil, dont une des rues porte le nom.

Dans cette maison, enfin, une existence précieuse s'acheva, un grand cœur cessa de battre, une intelligence supérieure s'éteignit dont les échos, contrariant les lois de la physique, se font de plus en plus clairs et retentissants à mesure qu'ils s'éloignent de leur centre d'origine...

Nous l'avons habitée nous-même pendant notre enfance, cette belle et vaste demeure que le terrible incendie du mois d'octobre 1896 a fait, hélas ! disparaître en même temps que l'église où reposaient les restes d'Olmedo. Nous ne nous doutions pas alors que notre admiration pour le poète et le patriote, en y prenant racine, devait porter un jour ses fruits dans ce travail entrepris en l'honneur de sa mémoire et par amour du sol natal sur l'hospitalière terre d'adoption.

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