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EN LA MUERTE DE MI HERMANA

l Y ères tu Dios ?^ A quién podré quejarrae? Inebriado en tu gloria y poderîo, j Ver el dolor que me dévora impio

Y una mirada de piedad negarme !

Manda alzar otra vez por consolarme La grave losa del sepulcro frio,

Y restituye ; oh Dios ! al seno mio

La hermana que bas querido arrebatarme.

Yo no te la pedî. Que i es, por ventura, Grear para destruir, placer divino, 0 es de tanta virtud indigno el suelo ?

^ 0 ya del coro nbsorto en tu luz pura Te es menos grato el incesante trino ? Dime, faltaba este àngel d tu cielo ?

Guayaquil. — 1842

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Le général Florès, après avoir commis des fautes qui mécontentèrent le peuple et minèrent peu à peu son prestige, eut le grand tort de vouloir imposer sa réélection, pour la troisième fois, à la présidence de la République, lors de la réunion du congrès de i84-3. Il avait commandé militairement pendant une première période de 1830 à 1835 et avait eu la sagesse de résigner ses pouvoirs entre les mains de son successeur, l'éminent Rocafuerte(l). Ce fut Olmedo, comme président du

(l) RocAFCERTE (Vicente), l'un des hommes d'Etat les plus illustres de l'Amérique. >'é à Guayaquil en 1783, il vint terminer son éducation en France, au collège de Saint-Germainen-Laye. Député aux cortès de Madrid en 1812, il fut du parti de l'opposition libérale contre le gouvernement arbitraire de Ferdidand VII. Poursuivi, il se réfugia en France, qu'il habita jusqu'en 1817. De retour en Amérique, il passa au Mexique, où il travailla en faveur de la République, qui venait d'y être proclamée. Il publia ses Idées nécessaires à tout peuple indépendant qui veut être libre et, après la proclamation d'Iturbide comme empereur, il publia aux Etats-Unis, pour discréditer le nouvel Empire, une Esquisse très légère de la révolution du Mexique depuis le cri d'indépendance d'Iguala jusquà la proclamation impériale et un autre opuscule intitulé : Le système colombien, populaire, électif et représentatif, est celui qui convient le plus à V Amérique Indépendante. Membre de la légation du Mexique à Londres en 1824, puis chargé d'affaires. Il publia encore au Mexique un Essai sur les Prisons et un Essai sur la Tolérance religieuse, publications très appréciées. En 1827, il revint au pays natal après son affranchissement et alla siéger au congrès comme député. Exilé par le président Florès, il fut son adversaire d'abord, puis son ami, après la promesse formelle qu'il en reçut d'une réorganisation constitutionnelle de l'Etat. Deuxième président de la République de l'Equateur (i83j-1839). Pendant son gouvernement il déploya le plus grand zèle pour mettre de l'ordre dans les

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congrès, qui reçut de ce dernier le serment de fidélité à la constitution et, à celte occasion, il prononça une allocution très applaudie dont voici l'un des principaux passages :

Le pouvoir public n'est pas une propriété que l'on acquiert, ni un privilège, ni une récompense que la nation accorde ; c'est une charge honorable et grave, c'est une preuve de confiance grande et terrible qui porte en soi de grandes et de terribles obligations. Le citoyen investi du pouvoir a pour tous droits, pour toutes prérogatives, la plus grande faculté de faire le bien et d'être le premier à marcher dans le sentier étroit des lois ; il ne doit avoir en vue d'autre récora-

linances, pour développer l'instruction publique, le commerce et l'industrie, pour créer des voies de communication, etc. Il renoua les relations avec l'Espagne ; il fit relever les pyramides de Caraburo et d'Oyambaro édifiées par les académiciens français en 1736 et renversées pendant la guerre de l'Indépendance. Gouverneur de Guayaquil en 1839 il rendit de grands services à cette ville, surtout pendant la terrible épidémie de fièvre jaune de l'année 1841, et se fit aimer et admirer par son patriotisme éclairé et son abnégation philanthropique. Député en 1843 à la convention qui se réunit à Quito, il y lutta contre les desseins du général Florès, revenu à la présidence de la République, qui aspirait à une troisième réélection. Il s'exila volontairement, à Lima, où il fut chargé d'affaires du gouvernement provisoire pendant la révolution contre le général Florès. Après le départ de celui-ci, il fut élu député à la convention de Guenca (1845) puis, sénateur et président du Sénat (1846). Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire de l'Equateur près les Gouvernements du Pérou, de la Bolivie et du Chili en 1846, alors que le général Florès préparait en Europe une expédition contre la République. Délégué en qualité de plénipotentiaire au congrès américain qui devait siéger à Lima, il s'y rendit souffrant déjà et y mourut le 16 mai 1847.

pense que celle de mériter un jour par sa modération, sa constance et sa soumission cordiale aux lois, l'amour de ses concitoyens et la gratitude de sa patrie.

Après les désastres que nous avons soufferts , entourés

de ruines comme nous le sommes, et quand les flots civils ne se sont pas encore rassérénés, c'est une entreprise ardue de rétablir l'ordre, de rendre aux lois leur souveraineté, de ranimer la concorde et de conduire droit le char de l'administration sur un sol hérissé de décombres. Et voilà quelle est l'œuvre que la convention nationale recommande à votre zèle et à votre patriotisme éprouvé

Rocafuerte prit à cœur de suivre religieusement les conseils d'Olmedo, car il fut un président libéral, bienfaisant et populaire aussi. La ville de Guayaquil, où fut son berceau,, lui a élevé la première statue qui ait orné une de ses places publiques (1).

Rocafuerte gouverna le pays de 1835 à 1839, ayant sous ses ordres, comme premier chef de l'armée, le général Florès. Celui-ci fut légalement réélu ensuite à la magistrature suprême ; mais si, pendant cette seconde administration, moins heureuse, son ambition grandit, son influence diminua. Ce fut en vain que ceux qui l'avaient soutenu jusque-là, comme Olmedo, cherchèrent à le détourner de ses prétentions à une troisième réé-

(1) Le trait suivant montrera le caractère et le grand cœur de cet homme d'Etat éminent. Pendant qu'il gouvernait, il eut à combattre une révolution dont il triompha, succès que les habitants de Quito s'apprêtaient à célébrer par de bruyantes manifestations de joie. Rocafuerte se montra alors au balcon du palais présidentiel et, dans sa harangue au peuple assemblé sur la place, il prononça ces mots : « Le gouvernement a obtenu une victoire complète ; mais il faut nous abstenir de toute démonstration de joie, parce que tous ceux qui ont succombé dans la bataille sont nos frères. »

lection et le plus grand nombre alla grossir le parti des mécontents.

Pour l'unique fois de sa vie politique depuis l'Indépendance, Olmedo se trouva rangé du côté des révolutionnaires et fut un de ceux qui, par leur haute personnalité et leurs eftorts, contribuèrent à la chute du vaillant militaire.

On n'a pas manqué, à cette occasion, de reprocher à Olmedo, comme une preuve de faiblesse de caractère ou d'inconstance dans ses opinions, quil ait été l'adversaire résolu de celui qu'il avait chanté si chaudement. Reproche injuste que seuls peuvent lui adresser ceux qui n'ont pas pris la peine d'approfondir son caractère en lisant posément l'histoire de sa vie entière. Olmedo avant tout aimait ardemment sa patrie. Rien ne lui était plus cher. Pour elle il fut toujours prêt à sacrifier son repos, le bonheur de son foyer, ses consolantes études et son existence. Tous les actes de sa longue carrière politique en sont les plus éclatants témoignages. Il est facile de comprendre ainsi qu'il ait été d'abord le partisan, le panégyriste et l'ami d'un président capable et courageux qui, légalement élu, assurait la paix du pays .sans s'écarter du terrain de la justice et du droit. 3Iais lorsque, pour satisfaire son ambition personnelle, après une série d'actes fâcheux, le même homme devint un danger pour la paix publique, Olmedo devait être l'un des premiers à rompre avec lui, n'écoutant qu'une voix, l'amour de la patrie. Quelques années auparavant, sa conduite n'avait-elle pas été identique vis-à-vis des prétentions violentes d'annexion émises et menées à bout par Bolivar, qu'il estimait et admirait pourtant plus que tout autre?

Avec peu d'exceptions, — nous dit M. Ballén, — l'administration politique et militaire des provinces, (sous la présidence du fçénéral Florès), se trouvait entre les mains d'étrangers européens et américains de toute provenance. Quelques-uns parmi eux avaient bien mérité du pays. La plupart étaient, pourtant, ignorants, d'un caractère méprisable, sans dignité et sans mesure dans leur conduite, tout à fait dissemblables à ceux qui, en 1820, s'associèrent au cri d'indépendance et méritèrent la gratitude universelle. Ils étaient les fauteurs de troubles continuels qui exaspéraient le })euple. Le pays, affligé par cet état de choses, dû à la politique imprudente du général Florès, accueillit avec le plus profond mécontentement la nouvelle de sa réélection à la présidence de la République, faite par le congrès de 1843, car le peuple équatorien n'a jamais supporté rien avec moins de patience que la réélection de ses gouvernants...

Les dissensions civiles nées de cette réélection prirent fin avec le traité de « La Virginie », ainsi nommé parce qu'il fut signé dans la propriété de ce nom que possédait Olmedo, où il aimait à chercher un refuge « sous les tamariniers sombres », près des orangers embaumés, et à oublier les préoccupations incessantes de l'odieuse politique. Le président Florès quitta le pays et Olmedo fut élu pour la seconde fois chef du triumvirat qui devait gouverner l'Equateur en attendant la convocation de l'Assemblée de Cuenca, Olmedo y fut un des candidats à la présidence de la République ; mais, s'il s'imposait au choix de ses concitoyens par des titres incontestables : savoir, intégrité, intelligence, comme à leur gratitude par les grands services rendus à la patrie, il eut contre lui son grand âge et son caractère paisible et doux, ennemi de la violence et des inlriaues. L'état

d'agitation où se trouvait encore le pays réclamait, d'ailleurs, au premier poste un tempérament énergique. Ce fut un négociant honorable et instruit, ayant déjà figuré dans la politique du pays, Vicente Roca(i), qui, à une voix de majorité, l'emporta sur lui au sein du congrès, après trois journées de séances consécutives où chacun des deux candidats avait obtenu le même nombre de votes. Et cela fit dire, aussitôt l'élection connue, à Rocafuerte, partisan d'Olmedo, dont il avait fiévreusement soutenu la candidature, de toute la force de son prestige et de son autorité : « On a préféré le mètre du marchand à la plume du savant ! »

Le nouveau gouvernement désigna Olmedo, dont le cœur ne donna jamais asile à la rancune, pour qu'il allât avec le généra! Elizalde réclamer au Pérou les restes de l'illustre maréchal La Mar, né à Guayaquil et cher ami du poète qui, dans son ode à Bolivar, lui a consacré quelques vers émus,

Dans la note officielle qu'il adressa au gouvernement péruvien il s'exprimait ainsi :

Si le général La Mar eut le bonheur de rendre des services éminents au Pérou, qu'il aimait passionnément, le peuple péruvien s'acquittera de cette grande dette de reconnaissance en conservant toujours sa mémoire, en répétant tou-

(1) RocA (Vicente Uamôn), né à Guayaquil à la fin du XYU!** siècle, commerçant intègre et distingué ; il figura dans la politique de l'Equateur depuis son indépendance. Préfet de police, gouverneur du département de Guayaquil, sénateur au congrès national, membre du gouvernement provisoire et troisième président de la République de l'Equateur (1845-1849). Mort en 18o0.

jours et en respectant un nom si cher, en se le proposant toujours comme un modèle dans les actions de la vie publique et privée. Voilà quel pourra être le devoir du Pérou ; mais ce devoir ne lui donne pas un titre sur le droit qu'a la patrie de La Mar de posséder ses restes comme le triste et précieux héritage d'un fils qui lui devait son existence.

Quels que soient les honneurs funèbres que le Pérou prépare à ces vénérables restes, quelque somptueux que soit le monument qu'il élève à sa mémoire, et pour très intimement unie à cette gloire que soit la gloire de sa patrie, celle-ci croirait toujours avoir manqué à son devoir, avoir contrarié ses sentiments naturels et agi comme une mère dénaturée, en cédant au Pérou un bien que l'on ne peut céder sans déshonneur et hlàme et sans ingratitude.

Les droits du sol natal sont ceux que représente le (jOUvernement de l'Equateur et il espère qu'ils ne seront pas repoussés par celui du Pérou, qui sait faire passer avant ses propres sentiments les principes de la justice. Mais, si par un effet de zèle extrême à vouloir payer un tribut de vénération et de gratitude au citoyen vertueux, au guerrier loyal et vaillant qui aima tant le Pérou, le Gouvernement de V. E. hésitait à faire droit à la réclamation actuelle, il lui faudra bien s'y résoudre forcément, en apprenant que la veuve de La Mar et son estimable famille élèvent la même réclamation car, aussitôt qu'une occasion s'est présentée, elles ont fait appel à leur Gouvernement pour qu'il se hàtàt de rentrer en possession de ces reliques

. . . L'espoir du Gouvernement Equatorien se fonde aussi Monsieur le Ministre, sur cette conviction que, grâce à leur illustration reconnue, le peuple péruvien et son Gouvernement savent, mieux qu'on ne le voit partout ailleurs, que les temps sojit passés où le malheur d'un naufrage était un titre suffisant pour acquérir toutes les riches marchandises que la mer jetait sur le rivage, et l'arche qui renferme les restes du

vertueux La Mar n'est autre chose qu'une arche précieuse jetée sur la phige péruvienne après un terrible naufrage dans l'océan de la révolution... (1)

Pendant son séjour à Lima, Olmedo écrivit par complaisance quelques poésies aimables, mais courtes, dans les albums de plusieurs jeunes filles péruviennes. Parmi celles-là, il y en a une qui contient ce vers :

J'ai rempli non sans gloire mon destin...

aveu franc et sincère de l'opinion que, sur le seuil de la tombe, le poète avait de lui-même et de l'œuvre de sa vie. Cet aveu renferme un certain orgueil; mais, en vérité, pour les Américains, Olmedo, ne fiit-ee qu'avec son Hymne à Bolivar, était depuis longtemps, comme Victor Hugo,

... Entré vivant dans l'immortalité.

Olmedo improvisa aussi à Lima une inscription en vers pour être placée sur le frontispice du théâtre principal de la ville.

Sa vie publique était terminée. Il passa les derniers jours de son existence sur les bords de son beau fleuve, heureux au sein de sa famille et formant son fils à son

(1) Les démarches pressantes d'Olmedo ne furent pas couronnées de succès. Le Pérou, s'appuyant sur des raisons de gratitude, de justice et d'honneur national, se refusa à rendre les restes du glorieux héros qui fut son président et déclara que La Mar, en consacrant au Pérou son épée, son sang et sa vie, l'avait adopté comme sa patrie. Le Pérou n'a pas cessé d'honorer sa mémoire. Tout récemment encore, des timbresposte péruviens ont été gravés à l'effigie de La Mar.

exemple. C'est pour ce fils chéri, récemment décédé, qui hérita de toutes ses vertus, sinon de son génie, qu'il composa en vers une Prière de VEnfance et un Alphabet moral.

Olmedo a écrit encore Un chant en tlionneur du 9 octobre, date de l'indépendance du sol natal; des strophes sur la Liberté, une Allocution en vers pour l'inauguration du théâtre de Guayaquil ; Un Rcve et une Improvisation. Celle-ci fut tracée, peu de jours avant sa mort, en marge d'un journal. C'est une réponse aux vers qui s'y trouvaient publiés, où l'insigne femme poète espagnole, Caroline Coronado, louait le talent d'Eugène Sue. Il faut ajouter à ce nombre une Chanson Indienne, tirée de l'Atala (les chasseurs) de Chateaubriand, une délicieuse poésie dédiée à sa femme, et le joli sonnet suivant, écrit en en 1836 pour un enfant :

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