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SCÈNE II COURTEPINCE, puis AMÉDÉE

COURTEPINCE.

Cette réception ouverte est un trait de génie ! Jusqu'alors aucun particulier n'avait osé imiter cette nouvelle façon d'agir des hommes en place, on se cantonnait dans ses relations, c'était stupide, rétrograde! Moi, j'ai osé rompre avec ces vieilles coutumes et je suis certain que mon audace aura des imitateurs.

Ah ! te voilà, Amédée.

AMÉDÉE, entrant.

Vous m'avez fait appeler?

COURTEPINCE.

Oui. Il faudra chauffer le calorifère. Il fait un froid de loup, ici.

AMÉDÉE

C'est sans doute parce que les fenêtres sont ouvertes.

COURTEPINCE.

Comment ! Ouvertes I Pourquoi ouvertes?

AMÉDÉE

Dame? Vous m'avez dit que la Réception devait ôtre ouverte, j'ai ouvert les fenêtres.

COURTEPINCE.

Imbécile ! Tu vas me fermer ça tout de suite, Et le buffet?

La soirée Courteplnce 51

AMÉDÉE

Est bien garni. Les maltres-d'hôtel sont à leur poste.

COURTKPINCE.

Il n'est venu personne encore ?

AMÉDÉE

Si, il y a beaucoup de cochers à la cuisine, qui commencent à manger.

COURTEPINCE

Mais leurs maîtres? Ma femme les reçoit?

AMÉDÉE

Non, monsieur. Ils n'avaient pas de maîtres. Ce sont les cochers de la station d'en face, je les ai fait entrer. Vous m'avez dit de faire entrer tout le monde.

COURTEPINCE.

Imbécile ! Je vais aller mettre ordre à cela. Ferme les fenêtres et tiens toi à ma disposition. (Il sort.)

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