SCÈNE IV CLAUDINE, La Fée Marraine
CLAUDINE
Bonjour, ma marraine.
LA fée.
Bonjour Claudine. Je viens te voir en passant. Es-tu heureuse ?
Les trois souhaits 65
CLAUDINE
Pas tout à fait, marraine.
LA FÉE
Ah ! ah î Qu'y a-t-il donc?
CLAUDINE
Il y a que je m'attendais bien à travailler, mais pas à obéir !
LA FÉE
Tu savais pourtant qu'ici tu n'étais qu'une servante.
C'est vrai, mais je ne savais pas ce qu'était une servante. Je savais ce que je devais faire, mais on ne me commandait pas de le faire. Obéir toujours est humiliant.
LA FÉE
Ma petite, dans la vie, on obéit toujours les uns aux autres. Le Roi, qui commande à son peuple est souvent obligé de lui obéir; le magistrat obéit à la loi. Nul n'est indépendant : Mais puisque tu n'es pas satisfaite de ton sort, je veux bien faire quelque chose pour toi. Je t'autorise à former trois souhaits, ils seront exaucés. Réfléchis bien, ne te prononce pas à l'aventure, car tu ne pourras pas formuler un quatrième vœu. Et pour que tu n'aies rien à me reprocher, je ne veux pas même te conseiller, car probablement tu ne m'écouterais pas. Quand tu seras décidée, tu entreras dans le petit pavillon que voici, et là, tu m'appelleras. Je viendrai aussitôt opérer ta métamorphose. Adieu ma petite Claudine. Réfléchis bien. {Elle sort.)