‹ Ombres chinoisesChapitre 65 sur 98 · SCÈNE IX VALENTIN, puis BEDONNET · texte numérisé non relu

SCÈNE IX VALENTIN, puis BEDONNET

VALENTIN

C'est horrible! Et dire que j'ai tout fait pour empêcher cela !

BEDONNET, entrant.

Maintenant je suis rassuré. Mon dîner n'est pas compromis.

VALENTIN

Vous ici ! Vivant 1

BEDONNET.

Ah ça, mais Monsieur, vous m'en voulez, je crois. Je suis vivant et bien vivant et n'ai jamais été malade.

VALENTIN

Dieu soit loué! Et comment en avez-vous réchappé?

BEDONNET.

Réchappé ? de quoi ? Qu'est-ce que vous voulez dire ?

VALENTIN

Alors vous avez été le plus fort ? Cependant ils étaient deux.

BEDONNET.

Comment deux ? Je n'en ai vu qu'un — Mais, au fait, de quel droit m'interrogez-vous? Et d'abord, je ne vous connais pas, qui êtes- vous ?

Le crime de Saint- Just 113

VALENTIN

Qui je suis? Mais un pauvre touriste qui a été dévalisé par ces brigands !

BEDONNET.

Quels brigands?

VALENTIN

Ceux à qui vous venez d'avoir affaire.

BEDONNET, à part.

Il est fou ! A moins que ce ne soit une ruse pour dépister la Justice. {Haut) Montrez-moi vos papiers ?

VALENTIN

Mes papiers? C'est une manie dans ce pays-ci. Voyons ! Comment voulez- vous que je vous montre mes papiers puisque vos assassins me les ont pris?

BEDONNET.

Mes assassins ! Mais je ne suis pas assassiné I (à part) Cet homme a la tête dérangée !

VALENTIN

Ils ne vous ont pas assassiné, c'est vrai, puisque vous me le dites, mais ils en avaient l'intention. BEDONNET, à part.

C'est une manie! mais ça n'est pas clair I {Haut.) Monsieur, ou vous êtes sérieux ou vous ne l'êtes pas. Dans le premier cas, vos hallucinations m'obligent à m'assurer de votre personne ; dans le second, vous vous moquez de moi. De toutes façons, mon devoir m'oblige à vous arrêter. Gendarme! Gendarme!

VALENTIN

Ah ! mais non ! Avec celui-ci et ses procédures, je resterais trop longtemps en prison. J'aime mieux m'en aller ! {H sort.)

H 4 Ombres chinoises

Page 1