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BRAVE CŒUR

La mort n'est rien ; vive la tombe, Quand le pays en sort vivant !

En avant 1

Paul Déroulède.

Brave cœur.

— Alors, Suzanne, raconte ! C'était une Lorraine, n'est-ce pas, la bonne Jeanne '.

— Oui, mon chéri, une Lorraine comme umiSi

Elle demeurait avec, ses parents, îles paysans aussi uvres que les nôtres. Elle avait des moulnns. àst brebit, de jolis petits agneaux comme notre Frits, rt, comme nous, elle allait chaque jour aux champs les r paître. Elle était très pieuse, très douce, elle .limait, beaucoup les oiseaux du ciel qui venaient manger jusque dans sa main. Le soir, elle écoutai! longtemps les cloches, sonnant l'angelue, se répondant de village eo village; ei ails plearatl parfois, sans que personne la vît, parce qu'il y avait la guerre, dans ce temp

en pensant aux pauvres soldats qu Ittéfl dam

es batailles....

— Est-ce qi n grand Frère etai aitis iiuii . i rat pour chamer '< Mis?

— Non, mon petit ; la guerre dura ivmps, si longtemps mmum m i

p lis. m délivrer la France. Mais voilà qu'un soir la lionne Jeu i promenant <l jardin

i père, à cfllé de I Viçlise, vit apparaître dans une rliloiiiss.il. te lumière des anges avec de longues robea bfanchea el de grandes ailes, 'lis saintes qui avaient de belles couronnes d'or sur leurs cheveux bouclés. Et elle entendit une voix qui lui disait : « Jeanne, va au secours du roi de 1 o lui ren-

dras son royaume.... »

Dans lu salle basse de l'humble métairie jmssail un gpand souffle de poésie et d'héroïsme, h mesure que se déroulait l'histoire, Lanl de Fois contée, mais toujours nouvelle, * !• • la « bonne .lai une, » la patronne des enfants de France

Au dehors, le soleil d'août rutilait dans un ciel nuage; au dedans, malgré portes el volets hermétiquement clos, la chaleur pesait lourde, accule. On n'entendait que le bourdonnement des mouches faisant leur ronde aux solives du plafond, le lie-tac monotone du coucou dont le balancier de cuivre rayait 1 ombre de seconde en seconde, le cliquetis des aiguilles à tricoter accompagnant la voix grave de la jeune fille :

— ...J,i: roi s'était habillé, pour l'éprouver, comme les seigneurs de sa suite; il se cachait paru-

on croyait que Jemine serait bien embarrassée pour

le reconnaître M i^ li<fure-toi qu'à peine en

la grande salle du château, elle écarta tout le monde.

dirigea vers lui a et, s'agenouillant,

lui .lit : « (ientil Dauphin.... »

!.'• deux entants, giando s«eur et petit frère, ûonl seuls, blottis comme des oiselets (ont près l'un île l 'nuire.

Iiini.i'i, un bambin «le cinq ans, assis sur un la- ;iu\ pieds il.' I > petits bras arrondis

.-, j.iinii-.. levai! vers clic sa herure alleu:' l'écoutant de toutes ses oreilles.

Elle — Suzanne Didier, — malgré ses dix-sept

Etit guère qu'une fillette avec Bon buste plat, taille maigre et élancée. Elle portait, suivant la coutume du Bar rois, une jope courte à fronces fl uni- i luMiiiscllr de crosse toi li" bise ernpri-' sonnée par un corselet do drap noir. Son teint 1res brun, hâlé par te soleil et le grand air, faisait paraître plus blonds ses cheveux plaqué! sur les tempes, plus bleus ses yeux qu'elle tenait volontiers baissés, d'habitude, et qui. en se levant vert .. u . Faisaient fer ■< de petites lumières s'étoilant an fond delà

iimit.... fis étaient si transparents, si limpides, ces . u v de lin en Souri Un pouvait lire au travers dans 1'rtmr de la jeune fille. — uni- Aine siinpli"', ignora nie* Bl douce, pareille à celle de la vierge de Domrémj,.., En ce moment Suzanne, la tête penchée sur son ouvraççe, tricotait sans li île, mais sans interruption, tout en continuant la merveilleuse épopée :

— Le peuple accourait vers Jeanne, essayant de la voir, de la toucher ; son cheval avait peine è avancer tant on la pressai* ; I poussaient de grands

- lis -

i m • pegai naûl de

n (Uns la campagne les fermes brûlées, les villages M

était saisi de tristesse devant ces affreuses misères, en même temps son coin.- •< enflammait nu-dedans d'elle, et elle sentait bien que, pour sauver son pats, jMiur finir les horreurs de la guerre, rien De lui • impossible, ni de eombatti mourir I

\m conteuse, qui avait prononcé ces derniei d'ane vois basse et concentrée, parlant plutôt > elle-même que pour sou petit auditeur, Bdejn

un poids léger tomber sur ses genoux. Kilo tressaillit, leva les yeux et vit que Tiennet, engourdi par la cha- Tenr, venait de laisser choir sur elle sa tête frisée. Il dormait déjà, le cher mignon, souriant vaguement dans son sommeil, dans une pose adorable d'abandon el de confiance.. -

Alors les .nouilles s'arrêtèrent de cliqueter, !<■

jeune paysanne posa son tricot, croisa sas mains cal* leusas, et, immobile, se perdit dans une rêverie qu devait être bien douloureuse, s'il Fa lia il en croire pression poignante qui contractait ses traits —

Les horreurs de la guerre!... Les villages entier* où il n'y a plus .pie les femmes, les vieillards et les m l. mis ; les belles moissons couchées en terre par la

ipade tonnante d'innombrables bataillons ; tente, le tocsin, le rev.il eu sursaut, lu nuit, et dans lu plaine au loin le rouge s il incendies

! ut cela, elle le connaissait, hélas ! Elle le v<>

in. comme la bonne Jeanne, et, comme la

bonne Jeanne, elle pleurait parfois, sjiiis que personne la vit, de regrets du passé, de crainte* de I ivenir....

Pourquoi? oh! pourquoi donc est-ce que les peuples M font la guerre? Il y a quelques mois, quelques semaines encore, dire qu'on était si heureu.\ !

Les Didier, Lien que pauvres, possédaient eu propre leur logis, une petite métairie isolée, située au croisement de plusieurs routes, et distante de trou on ■ 1 1 1 : 1 1 rc kilomètres du hameau de Yilledieu.

Rien de plus gai que cette maifjonDQttti aognirlendéi» de rosiers grimpants et de vertes treilles, précédée d'un jardin rustique ou les plate-bandes de fleuri alternaient avec, les carres de légumes. Devant l'entrée, un banc de buis sous un grand tilleul s'offrait loisirs de la famille. De l'aube à la nuit, la demeure s'emplissait de soleil, de chansons, de JOVOUX bruits de vie. Les pigeons roucoulaient sur le toit, les poules caquetaient dans la cour, les hirondelles — les uiaeani du bonheur, — qui venaient chaque année ouver leurs nids sous l'auvent, gazouillaient sans lin leurs petits nis ailés....

Li- père, la mère, trois enfants composaient la mai- SonoéO. On travaillait de bon coeur, OO s'aimait beaucoup les uns les autres, mais sans grandes effusions,

d'une manière plutôt grave et conoenirée, comme t. »us les gens de la terre, el de la terre lorraine en partieulii

La fermière faisait son ménage, filait, cousait, se-

lée dans tous ses travaux par Suzanne, la fille

unique. C'était Suzanne aussi qui, emmenant d'bab>

l'mi:

tude Tienuet pendu après sa jupe, allait au pàlui conduire les brebis. cultivait ses quelques

arpents, aidé par André, le fils it'nu-, un beau ■ de dix-neuf ans a la moustache blonde, aux yem de

lin, comme Sfl sœur. Tantôt l'un, i Litre des

Didier se rendait, ponr vendre les œufs el les prod

des récoltes, su marcha de Mets

i ii après-midi de juillet — c'était toujours hier i ■■ . ii . Suzanne I — elle était dans le jardin, ave* 0» opée à rincer el a étendre le linjje de le sive. Elle revoyait encore les draps blancs, épingles sur leurs cordes, s'enflanl comme des voilrs au souffle de l.i brise ; elle entendait le glouglou do l'eau ruîslelanl du baquet.... Toutes doua se- b&iaient pour rentrer préparer le repris des travailleurs. Subitement, en se retournant, le jeune H I le avait aperçu, s avançant l'allée de lavande, son Frère qui revenait de Met/,; mais son frère hagard, décomposé, le visa les yeux injectés de sang*, chancelant comme un somme ivre —

— Ali ! mon Dieu ! s'exclamait In mère, il a attrapé un coup de soleil !

Le trarçon, du geste, faisait : « Non.. . Non.... » Aboutd'hal i . I se laissait tomlier sur I. Uuic,

à l'ombre «lu tillmil. où les femmes apeurées venaimi vite le rejoindre; et là, parvenant enfin a arti

caler quelques mots .-

— i rre !... annonçait-il, la guerre est déi réc avec lu IVunm- !. ..

La . Mot néfaste pour «1rs paysans qui

tiennent fipremenl an sol qu'ils ooi défrîi !

menée, arrosé de leurs sueurs ; mol terrilde surtout

pour ces habitants des Frontières, placés entra deux feux, exposes aux premiers coups, condamnés fatalement à être minés, décimés quelle que soit l'issue de la lutte!

Cependant, le même soir, I" père, d'an beau g r-iuTiî'iqiH' *■! tranquille, décrocha le fusil Buspendn

nu-d«\ssiis di- la fi&eminée, depuis soixante ans. Le

grand'psre Didier s'en était servi maintes Fois, an

temps de l'empereur, le vrai. Vautre ! Pensif , le front plissé d'une mie d'attention profonde, le fermier

l'examina en tous sens, inspecta le canon, lit jouer lente. Puis, se redressant soulaj — Ça m bien, dit-il. Il est vieux, maie pas trop

?ionj encore pour faire son devoir!

Quelques jours après, les dous Femmes et Tienne!

étaient seuls A la métairie. André, devançant l'appel,

it ut allé contracter un engagement dans un corps

ilier ; le père, lui, s'était joint aux francs-tireurs.

Chacune des journées, des heures suivantes i blait pour Suzanne avoir p tsë plus lourd que ses ■ I i \ -

Avec une rapidité foudroyante, les événemen précipitaient, ! luccédaieal .'iux désastres.

Wissembourer, Woerth,! ros i tiwiller,ReîachotTer) ouvrirent aux Prussiens la barrière des Vosges-

Depuis ce moment, le pays ton! entier était livré eus ileux armées rivales. Tantôt on voyait défiler des i ni Dlassioa aux pantalons ron

marquant craueineut le pas à la suite du dra| aux trois couleurs. Tantôt, c'était uo escadron de uhlans, de cuirassiers noirs qui passait très loin dans la eaUUMgne, comme un vol sinistre de corbeaux. Des éfiboe affaiblis, se répercutant de colline en colline, apportaient jusqu'à la métairie les sonorités éteintes des clairons, auxquelles se mêlait parfoi sourd roulement des canonnades. De pauvres fugitifs, fuyant leurs villages saccagés, venaient tomber épuisai sur le .seuil, et, restaurés, ranimes par les coin patissantes Fermières, racontaient les tragédies qui complissaient là-lias, dans la haute Lorraino, Le cercle «le fer et de feu se resserrait de plus en plus. liornv, t-îraveloltc, Saint-Privat avaient marqué d'étapes sanglantes le recul de nos troupes. Maintenant, les deux femmes savaient que l'effort suprême de l'attaque et de la défense allait se concentrer Metz....

Les horreurs de l.i guerre !...

Tiennet dormait toujours, la tête sur les genoux de l'aînée. La mère, appelée par la cousine Gertrude qui se disait au plus bas, n'avait pas hésité, malgré la chaleur intense, à faire la course de Villedieu ; elle serait de retour dans la soirée. Les animaux reposaient dans la bergerie ou dans l'étable. 11 n'y avait personne d'éveillé à la métairie que Suzanne, et Suzanne si absente, si loin !

Mon Dieu! Pourquoi, pourquoi cette chose horrible qui n'aurait jamais du exister : la guerr- Pourquoi tant de larmes, tant d'angoisses, tant de

versé déjà?... Combien, bétas! prmi les petits siMats qu'elle avnii vus passer sur II route, ail."

dispos, saluant .l'un jojeus regard la métairie u gisaient maintenant sans vie sur un champ de bataille, au rêve» d'an fossé?... Si André..*. Ohl oon, ce

n'était pas possible ! El le père, le père encore plus exposé, peut-être, le franc-tireur hors la loi, risquant sans cesse d'clrc surpris, traqué, pourchassé comme un Iwindit. obligé de chercher son salut dans la fa d'accourir éperdu demander asile....

A eetta minute pi ipttéa Frappés

à la porte éveillèrent en sursaut les deux enfants, l'un de son sommeil et l'autre de son rêve, Tiennet 9e dressa stupéfait, se frottant les veux. Suzanne.

elle, le tempe de se due : « Si ôtai la # et, perdant toute prudence, oubliant les recommandations maternelles, elle s'élançait d'un bond, tirait la Mr, poussait les verrous, ouvrait la porte toute grande

— Dir Teuftlt yxra nue voix au fr>rt acceot germanique, il était temps, j'allais démolir la baraque !

ivec un cri étoofFé, la |<unc Lorraine avait fait un pas en arriére.... Mais déjà cinq, six, dix u h ton s ooiffés de leur casque pointu entraient dans la salin] déposaient leurs fusils et leurs sacs dans les coins, commençaient à circuler de tous ci façon,

oomme eo terre conquise.. .

L'on d'entre eus repoussa du poing les contrevenu», La lumière crue, aveuglante, pénétra h flots, fai

reluire |09 aiiruill *tCâ des soldats, I don fl dfl

• ■ • 1 1 ! 1 1 1 r . . , , éclaira il '. lolemi I li un faces

épaisses, brutales, barrées d tes moustaches de

i.irds....

Les enfants, terrorisés, s'étaient réfugiés sur la haute pîitrre do Foyer; Tienne] se serrait follomenl contre L'aînée qui l'entourait de ses bras; tous deux ieot tes BUéea el venues des l rda dilatés par l'épouvante...

Ua des hommes s'approcha d'eux, el, s'adresse : Sii/.inne, commanda rudement :

— A boii i

Tremblante, elle s'empressa d'obéir. Bientôt, le \in coula 1 Unis, Us verres si- choqueront sur lu table, les bouteilles cnssivs jimcherenl le carreau. Les uliluns accoudés buvaient, riaient, s'interpellaient dans leur langue, jetanl de temps à autre un coup d'oeil chargé de menaces vers la jeune paysanne n'osait pas faire un mouvement....

Cela ne dura guère que dix minutes. L'officier qui

commandai! le détachement se leva le premier ;

h. un homme de quarante ans, grand et distingué,

i l i m lu urc pulc à l'expression do dureté impla-

cable. Il se dirigea d'abord vers la fenêtre, regarda

un instant le rosier grimpant qui. mêlé aux vi

légères de la vigne) découpait sur le fond du ciel son

. iii.-m de feuillage et de Heurs. D'un

ton net i-t clair, il dit

— Los > : belles.

neillit. une uni toute p itit d'un.' nu lélicate de corail. P

i,i balançant négligemment entre ses doigts, il fit volte-face rt s'avança du coté* de la cheminée.

Soi atanl venir an danger qu'elle ne devi-

nait pas encore, crut que rirait dan

poitrine. Elle se raidit cependant, et, poussant doucement sou peu' -eule, ^n face do. Teut<

i'ii-ci. de la mèinr VOIX d'à- ier i|ii'il avaii ton I .. riiriirr eu admirai)! le laissa tomber ces jja-

roles :

— Maintenant, vous ailes r«- j ►. m • i r •- .1 lonl questions. I n régiment français, commandé par un maréchal de F'rance. a passé ici il y a deux ou trois heures. D'où venait-il '.' Huelle route a-t-il prise?

\ ces mots, la jenne tille pâlit affreusement. Elle savait que 1rs Allemands espionnaient la marche dt nos troupi et |ue, s'ils pouvaient se rendre compte de leurs manœuvres, ils leur irifii par sur-

un nouveau il - 'e bataillon prussien,

doute, avait .'•té envoyé en éclaircur ; le rei

gnei ■ it augmenter le nombt tsaillants

prêts à bloquer Met

kloi l'homme aux accents impilmaliles .1

l.i petite bergère effrayée, s'engagea ce rapide dialogue, comparable, en vérité, à ceux de Jeanne d'Arc devant ses inquisiteurs :

— Est-ce à moi, demanda Suzanne, de vous dire ce que l'uni nos soldaU i

— < 'ni. • est .1 voua, puisque tous seule ici le

- Je suis Française; pensez-vons que je veuille i rahic des Français '.'

— Si lu ne parles pas de burine «race, nous saurons bien t'y forcer.

— M'y forer i ! Ces: doOC aux femmes que vous vous allai) ur/. à présent?

— F.u temps île i; ii'-ii<-, une iVmme qui COU

mi seorel comme le des n'est pas mu- femme, c'est une ennemie. Parle, ou prends gardr '

— Je suis seule ; il n'y a personne ici pour me défendre. Vous ne voudriez pas me faire de mal, ce serait lâche !

D'un mouvement de colère, l'officier écrasa le b ion de rose qu'il tenait et en jeta les pétales à ti

— Assez discuté I Jit-il avec violence. Nous n'avons pas (h- temps à perdra. Suis-nous au dehors !

Sur un ordre bref de leur chef. Suzanne vit les uhlans se lever, prendre leurs fusils et s'apprêter n sortir avec elle. Elle comprit.... In voile de sang passa devant sl's yeux, niais elle eut encore, la 1 ; enfant, la présence d'us prit, de se retourner vers son frère à moitié mort de frayeur, de lui dira :

— Reste là !

Et, encadrée, entraînée par les soldais, elle trouva dans le jardin.

Il était peut-étrâ cinq heures du soir. Le soleil avait disparu derrière d'énormes nu.i»i-s livides, couleur de plomb ou de cendre, qui montaient lentement à l'horizon. L'orage, menaça ni depuis le malin, semblait maintenant tout proche, il n'y avait pns un soufllo

•le brise, pus un ehant d'oiseau, pas un bruissement

de r-.uiillîitr*.' ; la lumière ecJaireil d'un jour étrange et Taux les arbustes, les fleure liges dans une immobilité comme surnaturelle. Le trraml cœur du monde s'était ariélé de battre; on sentait peser dans l'air cette oppression, celte attente pénible de choses m térieuses qui vont arriver bientôt....

L'officier prussien, se retaurnanl vers Suzanne, commanda :

— Appuie-toi contre oet arbre.

Sans résistance, elle s'adossa au tilleul ombreux lequel, lanl et tant de fois, elle s'était assise,

I paisible, areo les antres....

— Vous, soldats, couchez en joue. Bien. Si La ne réponds pas h ma question, lu seras fusillée. Quelle route ont prise les Français?

L r n silence tomba. pmu'iiajit. Dans l'atmosphère alourdie, le parfum du i î 1 1 * - 1 1 1 9oltail à la fois plus pénétrant et plus suave, connue un encens, i oe hirondelle s envola de la grange, traça un prend cercle ien poussant sou tuit-tuit rapide, rentra dans son nid el ire fut tout l'un regard désespéré, Suzanne scruta au loin le chemia de Villcdieu, par où reviendrait sa mère.... Personnel aussi loin < î u >- la vue s'étendait,... Alors, die comprit qu'il Fui fallail décider tout de suite antre sa vie et \» vie de lanl d'hommes exposée pour le salut de leur pairie. Elle sonsrcn an pavs a feu et â

sanglas père, ■• André qui combattaient an loin

loniie Jeanne morte pour sauver la France... et Bfl tut.

— Pour la dernière fois, tu m'entends? Quelle route les Français ont-ils prise? «

Les yeux purs, les yeux de lin de la jeune fille se levèrent, regardèrent bien en face les fusils braqués sur elle... et elle se tut.

— Soldats, feu !

Et l'héroïque petite Lorraine tomba percée de balles.

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