‹ On n'est pas des boeufsChapitre 12 sur 48 · LES GULS-DE-JATTE MILITAIRES · texte numérisé non relu

LES GULS-DE-JATTE MILITAIRES

Dans Torganisation militaire du Japon, le cul-de-jatte est doublement utilisé comme éclaireur et -comme combattant.

Les services qu'un cul-de-jatte peut rendre comme éclaireur n'échapperont à personne. Sa petite taille lui permet de dissimuler sa présence à l'ennemi et de passer inaperçu dans des endroits où un brillant état-major à cheval, chamarré de dorures et de décorations, se ferait forcément remarquer de Tennemi le moins perspicace.

Une disposition des plus ingénieuses ajoute encore à l'invisibilité de ces éclaireurs ; chaque cul-de-jatte est muni d'une série de légers costumes en podh-bM (1), affectant la forme de cache-poussière et teints en nuances différentes. Selon la couleur des milieux dans lesquels il évolue, l'éclaireur

(1) Tissu extrêmement souple, dont plusieurs mètres tiendraient dans le creux de la main.

revêt un costume d'un ton analogue : gris sur les routes, vert dans la campagne, couleur caca dans les tableaux de Bonnat.

Le cul-de-jatte est installé, non point sur une selle de bois, comme en Europe, mais bien sur une sorte de tout petit véhicule automobile qui lui permet de garder la libre disposition de ses bras et de ses mains.

Rien de plus confortable que cette minuscule voiture fort bien suspendue, ma foi, sur d'excellents ressorts (système A. Boudin), et dont les roues sont garnies de ces fameux pneus gordiens dont Alexandre le Grand n'eut raison qu'à coups de sabre.

La machine adoptée est le moteur à gaz, système Armand Silvestre, si simple, et si pratique à la fois, puisque, en dehors de son rôle tracteur, il permet de remettre immédiatement le pneu en éta*-, au cas où un accident l'aurait dégonflé.

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