LES CULS-DE-JATTE MILITAIRES
Avec ce moteur, pas de combustible à emporter, pas de piles électriques ! Rien que cet accumulateur naturel qu'on nomme le haricot.
Au point de vue du combat, le cul-de-jatte n'est pas un auxiliaire moins précieux.
Dans les feux de salve, placé immédiatement devant la ligne des troupes, il évite aux premiers rangs la peine de se mettre à genoux. (Cette économie de fatigue permit souvent à l'armée japonaise de doubler les étapes et de tomber sur le poil des Chinois au moment où les fils du Ciel s'y attendaient le moins.)
En tirailleur, le cul-de-jatte devient un adversaire redoutable. Le moindre tronc d'arbre lui sert de rempart, la moindre taupinière de refuge.
De ces abris improvisés, il dirige sur l'ennemi un feu désastrifère et castastropho-
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phore. Être frappé sans voir qui vous
frappe! 0 rage, ô désespoir!
Le bref espace dont je dispose me contraint malheureusement à écourter cette chronique militaire.
J'ai cru faire mon devoir en signalant à notre ministère de la guerre une innovation qui, bien comprise, pourrait faire de la France une nation prospère à l'intérieur, respectée au dehors.
Certes, je ne mets pas en doute le patriotisme du grand état-major ; mais osera-t-il secouer l'indolence légendaire des bureaux, et prendre sur lui d'accomplir quelque chose de véritablement neuf? Je ne le crois pas.
Pauvre France!