‹ On rend l'argent (volume 2)Chapitre 4 sur 23 · L HONNETE CRIMINEL · texte numérisé non relu

L HONNETE CRIMINEL

Nom d'un chien, qu'il faisait froid !

Un brouillard à couper au couteau,

un vrai brouillard de veille de Noël,

oîi les becs de gaz qu'on venait d'al- 5 lumer, bien qu'il fût à peine quatre

heures de l'après-midi, ne jetaient que des halos jaunâtres, et où les passants—silhouettes fantastiques— -se hâtaient sur les trottoirs, les mains dans

lo les poches, le collet du paletot relevé, et trépignant comme s'ils eussent été en colère.

Et que de toux! que d'éternuements ! Ce n'était qu'un catarrhe, dans

15 la foule tumultueuse, tout le long de la

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Chaussée-d' Antin. Hem ! Hum ! Ha !

Atchoum ! ... Le cocher de fiacre faisant le gros dos sous son carrick, le petit trottin de modiste frissonnant sous sa retinpette de faux astrakan, 5 le gamin garrotté de cache-nez et se chauffant les mains au fourneau du marchand de marrons, le " monsieur très bien" enveloppé d*une lourde pelisse, tous sacrifiaient à la bronchite 10 ou au rhume de cerveau.

Le vilain Noël, en vérité !

Par ces brumeuses journées d'hiver, il est doux de s'acagnarder au logis ; et, dans son modeste appartement au 15 troisième étage d*une maison de la rue de Clichy, Pabbé Moulin, le vieux vicaire de la Trinité, s'était à peu près endormi, les pieds au feu, en lisant son bréviaire. 20

C'était un excellent homme, cet abbé Moulin, mais fort simple, et qui, -

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