‹ Ontologie naturelleChapitre 27 sur 156 · QUINZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUINZIÈME LEÇON

Théorie de la formation des 09. — Extirpations sous-périostées. Le »yatèi^0 des germes qcçumuléf réftité.

Vous connaissez le système de Bopnet sur les germer accumulé^ : je yous ai dit que ce système était contredit par mes expériences sur )a formation des os.

Yoyops donc ces expériences.

Mais, d'abord, un n^ot sur celles qui ont précédé les miennes.

Belchier, chirurgien de Londres, étant à dîner chez un teinturier en toiles peintes, remarqua que les os d'un jeune porc, servi sur table , étaient rouges. Il fut curieux de savoir à quoi tenait cette singulière coloration, On lui répondit que Tani-

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,mal avait été nourri avec du son chargé de Tinfusion de garance, employée pour la teinture des toiles peintes.

Belchier fit aussitôt quelques expériences (1736) : il mêla de la racine de garance en poudre ^ux aliments dont il nourrit un coq. Au bout de seize jours, le coq mourut. Tous ses os se trouvèrent rouges^ et les os seuls : les muscles, les membranes, les cartilages, toutes les autres parties conservaient leur couleur ordinaire.

Duhamel n'eut pas plutôt cormaissance de l'expérience de Belchier qu'il la répéta sur des poulets, sur des pigeons, sur des cochons (1739). Il vit constamment la garance rougir les os, et ne rougir que les os.

Duhamel ne s'en tint pas là. 11 remit au régime ordinaire un porc dont les os étaient devenus rouges par le régime de la garance ; six semaines après il le tua, et, ayant scié ses os, il vit que la couche rouge de l'os se trouvait recouverte par une couche blanche.

Un autre porc, que Duhamel avait alternativement soumis, soustrait et de nouveau remis au régime de la garance, présentait dans ses os des couches alternativement rouges et blanches.

Duhamel tira de ses expériences cette conclu-

FORMATION DES OS. i2t

si on fondamentale et complètement vraie : Les os croissent en grosseur par couches successives et superposées.

Mais ce n'est pas là tout ce qui se passe pendant raccroissement des os. A mesure que les os s'accroissent par la suraddition de couches externes, leur canal médullaire s'accroît par la résorption de couches internes. J'ai prouvé cette résorption, qu^on avait à peine soupçonnée.

Je soumets un animal à un régime mêlé de garance. La couche d'os, qui se forme pendant ce régioie, est rouge. Je suspends le régime de la garance et je rends l'animal au régime ordinaire. Les nouvelles couches qui se forment sont blanches et elles recouvrent la couche rouge ; puis cette couche rouge devient tout à fait interne, et les couches blanches qu'elle recouvrait ont disparu ; puis elle disparait à son tour.

Un autre procédé me donne le même résultat :

j'entoure d^un fil de platine l'os d'un jeune animal. Au bout de quelque temps, l'anneau de fil de platine, qui d'abord entom-ait l'os, se trouve entouré par l'os et contenu dans le canal médullaire.

A mesure donc que l'os se recouvre de nouvelles couches par sa face externe, par celle qui

répond au périoste externe, il en perd d'autres par sa face iateroe, par celle qui répond au périoste interne ; et c'est dans ce double travail idô suraddition externe et de résorption interne que consiste Le mécanisme de Taccroissem^nt des os en grbsseur.

^e suis arrivé aussi à démontrer, toujours expérime^talement, que, de même que les os croissent en grosseur par couches qui se superposent, ils croissapt en longueur par couches qui se juxtaposent.

I^'ps se forme donc par couches ; il est résorbé par couches S Mais quel est Tappareil, quel est Torgane de cette formation et de cette résorption?

C^t organp, je viens de le dire, est \b périoste^.

Duhamel avait dit : « Les os commencent par n'être que du périoste, car je regarde les cartilages comïpe un périoste fort épais *. » Telle a été la première vue (vue admirable) de la formation de Fos par le périoste. Mais les expériences de

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