A rAcadëmie
FORMATIOl^ D«S 08. 139
deux tables de chaque os du crâne ; il y a enfin le périoste interne ou la dure-mère.
La pièce n» 4 montre les trois périostes préparés sur un os du crâne.
La pièce n^ K les montre encore mieux, tout à fait séparés les uns des autres, à la Fontanelle.
J'ai dit que chaque os a son moment de terminaison, de circonscription, d'individualisation.
Ce moment est important à noter, parce que c'est pour la première fois que, dans les phases de Fossiflcalion, il prend sa place.
Ce moment est décisif, et n'a souirent qu'une durée très-courte^ Quelque courte qu'elle soit, elle suffit pour donner à chaque os son individualité propre.
En résumé, les sutures^ comme les os^ se forment dans le périoste, restent dans le périoste; et le périoste est la base^ l'étoffe, Xétoffe essentielle, de toute ossification.
Note sur Vos rauge^ contenu dans Pos des animç,ux qui ont été soumis au régime de la garance.
Lorsqu'en 1840*, c'est-à-dire juste un siècle après Duhamel, je commençai mes expériences touchant Faction de la garance sur les os, je constatai plusieurs phénomènes importants.
Le premier, c'est que l'os se colore d'abord par ses couches extérieures, et que, le régime de la garance étant supprimé, ces couches extérieures rouges se recouvrent de couches blanches : l'os croît donc en grosseur par couches superposeeSa
Le second phénomène , c'est que le canal de Tos croit en largeur par la résorption des couches intérieures.
Le premier de cesfaitsavaitétévii par Duhamel; le second l'avait été par J. Hunter.
Je passai alors à d'autres expériences. J'entourai
{. Voyez le Compte rendu, t. X, p. 143.
un os loDg d'un ôl d argent ou de platine. L'anneau qui, au commencement de rexpérience, entourait l'os, se trouva, à la fin de Texpérience, contenu dans l'intérieur de l'os, dans le canal médullaire.
Un mouvement perpétuel des molécules s'opère donc pendant que l'os s'accroît : de nouvelles molécules s'ajoutent sans cesse à l'extérieur par superposition, et les molécules anciennes sont enlevées sans cesse à l'intérieur par résorption.
. Mais que deviennent dans les points où l'os n'est pas contenu par un anneau qui le gêne, qui le déprime plus ou moins , les molécules , alors tout à fait libres , de la substance osseuse qui forme les parois du canal médullaire ?
Lorsqu'un animal a été soumis au régime de la garance pendant un certain temps, pendant un mois par exemple, tout son os, ou à peu près tout son os, est devenu rouge. Qu'on supprime alors la garance, et tout ce qui se formera d'os nouveau sera blanc. Les couches rouges se recouvriront de couches blanches. Mais elles ne disparaîtront pas. Elles subsisteront, et formeront dans l'os total un os moindre, un os rouge^ lequel a été un moment tout l'os.
f42 FORMATION DES ÊTRES.
Cet OS rouge subsiste ; et, chose étonnante, il ne change ni ne bouge , c(uelque temps que l'animal survive au régime de la garance.
Tout ce qui, dans un os, s'est coloré pendant un régime de la garance, reste donc dans cet os, et y reste sans s'agrandir.
Cette circonstance que Vos rouge ne grossit ni ne s'allonge, quoique l'os total ait beaucoup grossi et se soit beaucoup allongé, est la preuve $ans réplique que les os ne se distendent pas pour grossir, ne se distendent pas pour s'allonger.
Us grossissent par suraddition , par superposition de molécules ; ils s'allongent par juxtaposition de molécules.
Et c'est là tout le mécanisme du développement des os. Tout s'y fait par addition ou par soustraction dé molécules. Des molécules s'ajoutent, des molécules sont soustraites; je dis des molécules individuelles ; je me suis servi du mot couches^ et j'ai eu tort. Ce sont plutôt des portions d'os que des couches.
Ceci est surtout vrai pour ce qui regarde la résorption.
Entre les actions vitales, il n'en est point de plus irrégulière, et, si je puis ainsi dire, de plus capricieuse que la résorption. Elle opère tantôt
sur an point, tantôt sur un autre ; ici elle enlève peu, et là elle enlève tout.
Ce séquestre de tibia entier que K. lifaisonneuve a retiré de la jaipbe de son malade, en laissant à la placp un tibia neuf, nous offre Timage parfaite de la manière dont procède la résorption.
Ce séquestre est tout dentelé, tout percé à jour. Sa forme totale subsiste^ ou du moins on peut la reconstituer, mais partout des portions manquent ; et, quant aux portions qui restent, elles sont à demi usées, à demi rongées, à demi résorbées.
Eh bien I Vos rouge^ resté dans Tos, est à demi usé, à demi rongé, à demi résorbé, cpmme le séquestre de M. Maisonneuve. Il ne reste plus entier; c'est-à-dire qu'il ne reste plus rouge que par parties. Ici tout rouge, et très-rouge, là à peine rouge, ailleurs tout blan/5, s^lou que la résorption a plus ou moins agi sur les divers points de son étendue, ou, ep d'autres termes, qu'elle ia plus ou Q)oins laissé de ï os rouge et substitué del'o^ blanc.
Ainsi, les os ne se distendent^ ni pour grossir n^ pour s'a)ionger ; ijs grossissient par superppsition de molécules; ils s'allongent par juxtaposition de jpolécules, et 1^ résorption ne s'y fait
que par portions, et, si je puis ainsi dire, par un triage de molécules.
Je n'ai plus qu'à dire un mot sur Taccroissement particulier des épiphyses.
Cet accroissement ne se fait jamais que' par le haut de l'épiphyse, et jamais par le côté où elle tient à la diaphyse. Par ce côté, elle ne croit point, et aussi y reste-t-elle toujours rouge.
La pièce n* 1 est Vépiphyse supérieure d'un tibia. Tout son intérieur, mis à nu par une coupe longitudinale, est rouge.
Ce porc était âgé de cinquante - sept jours, lorsqu'il a été soumis au régime de la garance. Il est mort au bout de dix-sept jours; et le régime de la garance a été continué jusqu'au moment de la mort.
La pièce n» 2 est l'épiphyse d'un porc âgé de quatre mois. Il avait été soumis au régime de la garance au même âge que le précédent , et pendant le même temps. L'épiphyse a beaucoup grossi, mais seulement par le haut, qui est tout blanc à l'extérieur. Elle a été revêtue d'une couche osseuse nouvelle sur toute sa surface. L'intérieur est rouge , ainsi que le bord qui tient à la diaphyse.
La diaphyse, de son côté, a beaucoup cru, mais
tout Taccroissement s'est fait, en longueur par les extrémités, en grosseur par la surface. L'os formé dans ces deux sens est tout blanc.
La pièce n® 3 nous présente le même fait :
accroissement par la surface et le haut de Tépiphyse, immobilité par le bas qui touche à la diaphyse.