‹ Ontologie naturelleChapitre 44 sur 156 · La Régne animal, t. III, p. 5. (Seconde édition · texte numérisé non relu

La Régne animal, t. III, p. 5. (Seconde édition

K merce avec ceux de son espèce, devient en état « de mettre au jour des petits vivants *. »

Bonnet constata que les femelles des pucerons peuvent, donner jusqu'à neuf générations successives sans fécondation. Des observateurs récents et habiles ont vu ces générations sans fécondation aller jusqu'à dix, jusqu'à onze; ils les ont même vues se répéter et se prolonger pendant plusieurs années de suite, par cette seule précaution de placer les insectes dans des lieux maintenus à une température douce et constante.

Tous les individus produits sans fécondation sont des femelles.

Cependant il arrive un moment où des mâles sont produits. La dernière génération de l'année (génération automnale) donne des mâles et des femelles.

Ces mâles et ces femelles se recherchent, s'unissent, et, cette fois-ci, ce sont des œufs que la femelle pond. De vivipare elle est devenue ovipare. Puis l'hiver passe, le printemps revient, les œufs éclosent, et les jeunes femelles recommencent leurs générations sans fécondation.

1. Mémoires pour servir à V histoire des insectes, t. VI, p. 533.

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Un autre mode de génération, non moins singulier, est celui qui se voit dans certains mollusques acéphales, notamment dans les salpa. Les salpa^ si habilement étudiés par Ghamisso, donnent alternativement une génération d'm-i dividus isolés et une génération d'individus agrégés.

D'un autre c6té, le polype pousse des bourgeons pendant l'été et donne des œufs pendant Tau* tomne.

Il est tour à tour ovipare eXgemmipare^ comme le puceron est tour, à tour ovipare et vivipare^ comme les salpa donnent tour à tour des individus isolés et des individus agrégés.

Rapprochons ces trois ordres de faits, et nous arriverons ainsi, en suivant la route si ingénieusement ouverte par M. Steenstrup et M. Van Beneden, à l'idée si philosophique et si neuve des générations alternantes.

L'idée des générations alternantes ramène à une loi commune trois ordres de faits, jusqu'ici réputés isolés et seuls, chacun en son genre, et c'est pourquoi je l'appelle philosophique ^ .

\ . Voyez le très-remarquable Discours de M. Van Beneden, intitulé : De l'homme et de la perpétuation des espèces dans les rangs inférieurs du régne animal.

%iù FORMATION DES ÊTRES.

Enfin, à tous ces modes divers de génération il faut joindre encore la génération scissipare.

Yûus vous rappelez tout ce que nous avons vu de la merveilleuse faculté qu'ont le polype, la nalde, etc., de se reproduire de morceaux, de boutures, comme les végétaux.

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