‹ Ontologie naturelleChapitre 43 sur 156 · Histoire des animaux, liv. V, p · texte numérisé non relu

Histoire des animaux, liv. V, p

2. Sur les omfs de seiche {Nouvelles annales du Muséum d'histoire naturelle, 1832).

20^ FORMATION DBS ÊTRES.

« seule différence un peu importante entre les c< poissons et les seiches, c'est que Tiosertion du « canal vitellairc, soit à Textérieur, soit à nnté- « rieur, se fait plus près de la bouche ; ce qui a était nécessité dans la seiche, par la disposition a de ses viscères. »

Cuvier termlue son mémoire sur les œufs de seiche par la comparaison de ce qu'il a tu avec ce qu'avaient vu Aristote et Cavolini : « En com- « parant, dit-il, ce qu'ont écrit Cavolini et Ans* « tote, on se persuade aisément qu'ils ont vu les <( mêmes choses que nous, et qu'il reste seule* « ment quelque obscurité dans leur récit à cause « de sa brièveté. Selon Cavolini, du centre des a tentacules pend un canal qui est une continua* « lion de l'œsophage, et qui se dilate pour former « la tunique du vitellus; dans deux autres ence droits, il dit que le vitellus pend à la bouche. fi C'est ce qui a fait penser à M. Baër qu'il le « suppose en communication avec la bouche.

« En effet, Cavolini se serait exprimé plus cora rectement s'il avait dit qu'il pend au-devant ce de la bouche et communique avec l'œso- (( phage.

« Quant à Aristote, ce sont ses traducteurs qui « me paraissent avoir obscurci son passage

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« C'est la traduction d« Scaliger que Camus a pa- « raphrsisée; il écrit:

« La petite seiche sort de Tœuf la tête la pre- « mière, ainsi que lés oiseaux; elle y est atta- « chée de même qu'eux par le ventre.

a En quoi il y a double erreur : d'abord cette « attache, qui est fausse; ensuite la sortie de la a tête la première, à quoi Aristote n'avait pas seu- « lement pensé.

<K On voit par, là combien la connaissance des « faits est souvent nécessaii*e à rintelligence des a textes. En cette occasion, comme en tant d'au- « très, rhabileté d' Aristote à observer se trouve « encore justifiée. »

Je termine ici l'étude de la physiologie fœtale, et je résume cette étude par quelques idées d'ensemble.

Le fœtus vit par des organes qui lui sont propres : c'est là le point capital de la physiologie comparée des âges. Quand le nouvel être passe de la vie fœtale à la vie d'adulte, il se dépouille de ses organes fœtaux et ne garde que ses organes d'adulte. Ne perdons pas de vue ces deux faits.

On a été frappé, de bonne heure, des grands

changements qui s'opèrent, dans quelques cas, lors de la transition de la vie fœtale à la vie d'adulte ; et c'est là ce qui a donné l'idée des méta^ morphoses. Les poètes de l'antiquité se sont mis à broder sur ce texte : témoin le poëme d'Ovide. Les données scientifiques du temps n'étaient guère plus exactes que le poëme des Métamor^ phases. Même dans nos temps modernes, les idées sur les métamorphoses des insectes n'ont pris un certain caractère de justesse qu« depuis les travaux de Swammerdam.

J'ai déjà parlé des expériences de ce grand observateur à propos du système de Leibnitz sur la préexistence des germes. Swammerdam, ayant soumis les chrysalides de divers insectes à des procédés très-tins d'anatomie, parvint à découvrir, sous la peau extérieure de la chrysaUde, toutes les parties du futur papillon, les antennes, les pattes, les ailes, etc. 11 alla plus loin; il retrouva dans la larve toutes les parties de la chrysalide. Ainsi, larve, chrysalide et papillon, tout cela n'est qu'un seul et même être. Swammerdam nous a découvert le mécanisme réel, le merveil^ leux vrai des métamorphoses.

Ces grands changements nous frappent dans les insectes parce qu'ils s'y accomplissent à l'ex-

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térieur, sous nos yeux ; mais ils ont également lieu dans les animaux supérieurs : tous les êtres, en passant de la vie embryonnaire à la vie d'adulte, changent plus ou moins d'organes.

Il existe même toute une classe d'animaux vertébrés, les batraciens ou amphibiens^ qui accomplissent, comme les insectes, leurs métamorphoses à Textérieur. La grenouille se présente dans son premier âge , sous la forme de têtard : qui reconnaîtrait , de prime abord , la grenouille dans le têtard? Celui-ci, qui est le fœtus, a une queue ; il est dépourvu de membres, il respire dans l'eau par des branchies. La grenouille, qui est l'animal adulte, n'a pas de queue, elle a des membres et elle respire dans l'air par des poumons •

Ce qui fait que , dans la plupart des animaux, les phénomènes de changement, del.ransition, de métamorphose, échappent aux yeux du vulgaire, c'est qu'ils s'opèrent dans l'œuf, dans la matrice; mais le physiologiste les retrouve partout.

Le fœtus se dépouille de ses organes par dépérissement ou atrophie.

Le dépérissement a lieu, par exemple, dans le

fœtus de Toiseau, quand, le sang, se portant au poumon, Tallantolde qui servait à la respiration se flétrit et tombe. La queue du têtard disparaît encore par atrophie^ etc.

Jl en est de même des branchies du têtard. On avait imaginé qu'elles se transformaient en poumons : c'était retomber dans la vieille erreur des métamorphoses. Les branchies se transforment si peu en poumons qu'il y a un moment où les poumons existent simultanément avec les branchies.

Le fœtus est donc, en quelque sorte, composé de deux corps ; il a des organes doubles. Quand il passe de l'état de fœtus à l'état d'adulte, il se dédouble^ en ce sens qu'il perd une partie de lui-même, qu'il perd sa doublure. C'est sur ce fait démontré que j'ai fondé, il y a environ vingt ans , ma théorie du dédoublement organique *,

Dans tout ce que J'ai dit jusqu'ici touchant la génération^ j'ai toujours supposé la génération sexuelle et à sexes séparés. Mais les deux sexes se

i. Voyez mes Mémoires d'anatomie et de physiologie comparées, Paris, 1844.

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trouvent souvent réunis dans le même individu. C'est ce qu'on nomme V hermaphrodisme. Plusieurs mollusques sont hermaphrodites : la plupart des acéphales, par exemple, plusieurs gasté-* ropodes, etc. -

« Les mollusques, dit très-bien Cuvier, nous « offrent toutes les variétés de génération. Plu- « sieurs se fécondent eux-mêmes ; d'autres, quoia que hermaphrodites, ont besoin d'un accouple-^ « ment réciproque ; beaucoup ont les sexes sé- « parés*. ».

Au fond, et physiologiquement parlant, toutes ces variétés de génération ne sont que des variétés extérieures. Elles ne changent rien à Tessentielde la génération. Ce sont plutf^t des modes divers de fécondation que des modes divers de génération.

En 1740, Bonnet fit, sur la génération^ une remarque des plus curieuses; il reconnut que les pucerons se reproduisent, un certain nombre de fois, sans fécondation, a II lui parut bien dé- « cidé, dit Réaumur, qu'un puceron qui, depuis « l'instant de sa naissance, n'a eu aucun com-

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