VINGT-SEPTIÈME LEÇON
Loi des climats. — Causes qui modifient la température : 1 ^ altitude; 2*liumidité. — Acclimatation des animaux. — Amélioration de nos espèces domestiques. <— Loi des migrations.
Nous avons vu que les populations animales sont localisées, et comme parquées^ dans les diverses régions du globe. Nous connaissons les faits. Mais quelles sont les causes de ces faits?
Quelle est la cause de la localisation des êtres vivants? C'est la loi des climats. Chaque espèce vit dans les contrées dont le climat lui est favorable.
Mais quelle est la cause des climats ? C'est' la température.
Si enfin, remontant de cause en cause, nous nous demandons d'où vient la température, nous
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extrême de leurs mouvements : leurs principales artères ne constituent pas un seul et gros tronc, un tronc unique. Le tronc se divise en un grand nombre d'artérioleg qui forment pinceau. Or, plus la marche du sang est rapide, plus l'énergie musculaire est grande; et vous concevez que la marche du sang, rapide quand il traverse un seul et gros vaisseau, se ralentit nécessairement quand il faut qu'il s'engage dans un faisceau d'artérioles ou petites artères.
Les analogues des paresseux se retrouvent également dans l'ancien monde et, chose singulière, nous les retrouvons dans un groupe d^animaux qui se distinguent, entre tous, par leur vivacité, par leur pétulance, dans le groupe des singes. Les loris^ ou singes paresseux, comprennent deux espèces : le paresseux du Bengale et le loris grêle.
Les loris ont à peu près la même lenteur de mouvements que l'unau et Taî, lenteur qui contraste avec leur physionomie éveillée; et nous retrouvons aussi dans les loris la même disposition des troncs artériels en pinceaux d'artérioles.
Toutefois l'Amérique a des animaux tout à fait inconnus à l'ancien monde : les animaux à bourse ou marsupiaux. La loi de parallélisme
va-t-elle s'arrêter ici? Non, nous retrouvons les animatdx à bourse dans la Nouvelle-Hollande, et, tandis que TAmérique n'a qu'un seul genre de la classe des marsupiaux (les sarigues), ces mêmes marsupiaux forment la population mammifère presque tout entière de la Nouvelle-Hollande. La loi de parallélisme règne donc partout.
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elles font continent^ et cependant la population animale de Tune et celle de l'autre sont très-distinctes.
La grande raisou ici, c'est la loi des climats :' OÙ les climats sont différents, les populations animales sont différentes ; où ils sont analogues, elles sont analogues.
Mais partout les populations, différentes comme espèces, peuvent être ramenées, je l'ai dit, à la loi de parallélisme comme genres, comme ordres , etc., à l'unifomûité des types. Nos cadres zoologiques étaient faits quand la découverte de l'Amérique vint enrichir l'histoire naturelle d'une masse d'êtres nouveaux ; les mêmes cadres les reçurent, ils entrèrent naturellement dans les groupes déjà formés. L'unité du règne animal pouvait-elle se manifester d'une manière plus évidente ?
Nous avons pu facilement ranger dans des groupes parallèles les ruminants, les pachydermes, les félis de l'ancien et du nouveau continent. Pour retrouver les analogues de quelques autres espèces, il a fallu plus d'attention. Par exemple, l'ancien monde possède les fourmiliers. Ce sont de singuliers animaux, complètement édentés, pourvus d'une langue filiforme, très-extensible, et qu'ils font pénétrer dans les
trous des fourmis, dans les nids des termites; quand elle est suffisamment chargée d'insectes, ranimai la relire et avale son butio. « Les fourmiliers sont obligés de tirer la langue pour vivre, » dit plaisamment BufTon.
Retrouverons-nous ce type dans le nouveau monde? Oui : si Tancien monde nous offre le pangolin et le phatagin^ nous trouvons en Amérique le tatou, le tamanoir, le tamandna. Tous ces animaux sont des fourmiliers. Entre le pangolin et le tatou l'analogie est même frappante : tous les deux sont remarquables par un test écailleux composé soit de pièces imbriquées, soit de compartiments en mosaïque.
Encore un exemple : rAmérique possède un genre d'animaux plus curieux que tous ceux que je viens de citer, le genre des paresseux, L*unau et l'aï, qui appartiennent à ce groupe, sont d'une lenteur de mouvements, d'une paresse à peine imaginable. ^
Quand, après une longue série d'efforts, ils sont parvenus à grimper sur un arbre, ils le dépouillent de toutes ses feuilles pour s'en nourrir; puis, pour s'épargner la peine de descendre de l'arbre, ils s'en laissent choir. L'anatomie de ces animaux nous découvre la cause de la lenteur
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(( nord des Nubiens doit être un vent brûlant... « Au Sénégal, le vent d'est ne peut arriver qu'ace près avoir parcouru toutes les terres de l'Afrique <( dans leur plus grande largeur, ce qui doit le «rendre d'une chaleur insoutenable. Si l'on « prend donc en général toute la partie de l'A- « frique qui est comprise entre les tropiques où « le vent d'est souffle plus constamment qu'aucun c( autre, on concevra aisément que toutes les côtes « occidentales de cette partie du monde doivent « éprouver et éprouvent en effet une chaleur bien « plus grande que les côtes orientales, parce que « le vent d'est arrive sur les côtes orientales avec tda fraîcheur qu'il a prise en parcourant une « vaste mer, au lieu qu'il prend une ardeur brûcc lante en traversant les terres de l'Afrique avant « que d'arriver aux côtes occidentales de cette « partie ; ainsi les côtes du Sénégal, de Sierrace Leone, de la Guinée, en un mot, toutes les <c terres occidentales de l'Afrique, qui sont situées « sous la zone torride, sont les climats les plus a chauds de la terre * . »
« Un des objets de la géographie générale qui « récompense le mieux des efforts qu'il coûte ,
\. T. II, p. 2\\ et suivantes.
« consiste , dit M. de Humboidt, à rapprocher la « constitution physique de régions séparées par « de vastes intervalles, et à iqdiquer en quelques « traits les résultats de cette comparaison. Des « causes diverses, en partie peu étudiées jusqu'à i\ ce jour, tendent à diminuer la sécheresse et la a chaleur du Nouveau Continent.
« Le peu de largeur des terres découpées en « tout sens dans la partie tropicale de l'Araérique « du Nord, où la base liquide de Tatmosphère fait « monter dans les régions supérieures un courant « d'air moins chaud ; l'étendue longitudinale du « continent, qui se prolonge jusque vers les deux « pôles glacés; le vaste Océan où se déploient <( sans obstacle les vents les plus frais des tro- « piques ; l'abaissement des côtes orientales ; les « courants d'eau froide qui, sortant de la région « antarctique, se dirigent d'abord du sud-ouest « au nord-ouest, vont se briser contre les côtes « du Chili, sous le 35* degré de latitude mérite dionale, remontent vers le nord, le long des « côtes du Pérou jusqu'au cap Parina, et enfin se « détournent brusquement vers l'ouest; le grand « nombre de chaînes de montagnes abondantes « en sources, dont le sommet couvert de neige c( s'élève bien au-dessus de toutes les couches des
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« nuages et font descendre des courants d'air le c( long de leurs versants, la multitude et la lar- « géur prodigieuse des fleuves qui, après un « grand nombre de siduosités, vont chercher a toujours, pour se jeter dans la mer, les côtes les « plus lointaines ; des steppes dépourvus de sable, « el par là moins prompts à s'échauffer ; les forêts a dont estremplie la plaine entrecoupée de fleuves « qui avoisine Téquateur, forêts impénétrables « qui protègent la terre contre le soleil ou n'en ce laissent passer les rayons qu'en les tamisant à a travers leur feuillage, et, dans l'intérieur du « pays, aux lieux les plus distants de la mer et « des montagnes, exhalent dans l'air d'énormes « masses d'eau qu'elles ont aspirées ou produites a elles-mêmes par l'acte de la végétation : toutes « ces circonstances assurent aux basses terres du « Nouveau Monde un climat qui, par apn humi- « dite et sa fraîcheur, contraste singulièrement a avec celui de l'Afrique. Elles sont les seules « causes de cette sève exubérante, de cette végé- « tation vigoureuse, caractère distinctif du conc( tinent américain.
et ».. Sans douté l'Amérique du Sud offre, si « l'on considère son contour extérieur et la di- (i rection de ses côtes, une ressemblance frap-
« pante avec la péninsule qui termine au sudce ouest TAncien Monde. Mais la structure inté- « rieure du sol africain et la situation de ce pays « par rapport aux masses continentales qui ren- « tourent, produisent l'excessive sécheresse qui, « dans des espaces immenses, s'oppose au déve- « loppement de la vie organique. Les quatre ciu- « quièmes de FAmérique méridionale sont situés (( au delà de l'équateur, par conséquent dans un tt hémisphère qui, en raison de raccumulation « des eaux et par beaucoup d'autres causes, est u plus frais et plus humide que l'hémisphère « septentrional auquel appartient au contraire la (( partie la plus considérable de l'Afrique *. »
De très-habiles naturalistes avaient observé, de bonne heure, les différences de température que produit Valtitude. Toumefort, en gravissant le mont Ararat, y avait distingué trois climats successifs, un climat chaud, un climat tempéré, un climat froid. L'ascension du Liban avait révélé à Labillardière la même variété de climats. Enfin ^ M. de Humbolt donna à cette vue un grand caractère de précision. Il observa, sur le Chimborazo,