‹ Ontologie naturelleChapitre 51 sur 156 · DS LA · texte numérisé non relu

DS LA

OD

Trois faits principaux nous ont donné cette science nouvelle que nous appelons paléontologie^ ou science des anciens êtres : le fait des coquilles marines, répandues partout sur la terre ; le fait des grands ossements fossiles, si abondamment trouvés dans le Nord ; et le fait de ces autres ossements qui ont été découverts par M. Cuvier, dans les carrières, devenues par là si célèbres, des environs de Paris.

11 est curieux de voir quelles sont les idées que

chacun de ces trois grands faits a successivement inspirées. L'histoire de ces idées sera Thistoire même de la Paléontologie.

Des coquilles marines répandues partout sur la terre.

Le fait des coquilles marines répandues partout sur la terre a donné, de bonne heure, Tidée qu'il devait donner, c'est-à-dire l'idée de quelque grande inondation, de quelque grand déluge, de quelque grande invasion des terres par les mers.

On connaît 'ces vers d'Ovide, qui n'était que Técho des opinions reçues de son temps :

Vidî ego quod fuerat quondam solidîssima tellus,

Esse fretum. Vidi factas ex œquore terras,

Et procul a pelage conchœ jacuere marinœ, etc J .

i . Metamorph, lib. xv.

L'erreur singulière des coquilles fossiles, prises pour des jeux de la nature, n'est venue qu'avec la philosophie scolastique. C'étaient les forces plasticités qui produisaient les coquilles fossiles. Voltaire, qui a si obstinément soutenu les Jettx de la nature, a été réellement par là (et la chose est assez plaisante) le dernier partisan de la philosophie scolastique.

C'est que le philosophe Voltaire, par des raisons très-peu philosophiques, ne voulait à aucun prix qu'il y eût eu un déluge. Il explique, les coquilles fossiles de l'Italie par les pèlerinages à Rome. « Est-ce, dit-il, une idée tout à fait romanesque « de faire réflexion sur la foule innombrable de a pèlerins qui partaient à pied de Saint- Jacques * en Galice et de toutes les provinces pour aller a à Rome par le mont Ceuis chargés de coquilles « à leurs bonnets? Il eu venait de Syrie, d'Egypte, a de Grèce, comme de Pologne et d'Autriche * ... » Il explique les coquilles fossiles qu'oa trouve ailleurs par un enfantement (le mot est de lui), par un enfantement de la terre. <c Je ne nie pas, dit- (( il, qu'on ne rencontre à cent ioiilles de la mer c< quelques huîtres pétrifiées, des conques, des

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