Mém. de Vlnstitut, t. Il, p. 21, an iv
288 SUCCESSIOK DES ÊTRES.
tticls^ qui remplissent la place des êtres détruits, ces êtres actuels eux-mêmes seront peut-être un jour remplacés par Vautres.
Il faut peser cette grande phrase de M. Cuvier, où il semble annoncer toutes les découvertes qu*il allait faire, et passer immédiatement à celle qui suit, où il résume toutes lès découvertes qu'il avait faites. Trente années de travaux immoitels séparent ces deux phrases. La première est de soq mémoire sur les éléphants fossiles j lu à Tlnstitut le ^^ pluviôse an iv ; la seconde est de la dernière édition de son Discours sur les révolutions du globe, publiée en 1825.
« Ce qui est certain, dit-il , c'est que nous (( sommes maintenant au moins au milieu d'une « quatrième succession d'animaux terrestres, et c( qu'après Tàge des reptiles, après celui des pacc IdBOthériums, après celui des mammouths, des « mastodontes et des mégathériums, est venu « Tâge où Tespcce humaine, aidée de quelques « animaux domestiques, domine et féconde pai- « siblcment la terre '....»
Voilà bien Tidée des créations successives, et
K . hiscours sur les rév. du globe, p. 172 (édition de
la Yoilà tout entière : avec ses populations détruites, avec ses populations nouvelles ; et, de plus, avec le fait, le grand fait qui la démontre à nos yeux, savoir, qu'on ne trouve jamais les dépouilles des races nouvelles parmi les dépouilles des races détruites.
Quand M. Guvier nous dit, et cela dès sa pre« mière phrase : a Qu'on se demande pourquoi on « trouve tant de dépouilles d'animaux inconnus, (( tandis qu'on n'en trouve aucune, ou presque « aucune dont on puisse dii*e qu'elle appartient « aux espèces que nous connaissons, etc., » il nous marque le fait décisif ; il nous donne, de ridée des créations successives, la preuve la plus certaine, et non-seulement la plus certaine, mais la seule, car il n'y en a point d'autre.
Je dis que l'homme est nouveau, parce que je ne trouve point d'os humains parmi les ossements fossiles. Je dis que les espèces actuelles sont nou^ velles, parce que je ne trouve point leurs ^s parmi les os des races éteintes. De même, les mammouths sont nouveaux par rapport aux pateothériums, les palseothériums par rapport aux reptiles gigantesques, les reptiles gigantesques par rapport aux premiers animaux marins; parce qu'on ne trouve point de mammouth parmi les espè-
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ces de Tâge des palseothériums, de pateothérium parmi les espèces de Tâge des reptiles gigantesques, de reptile gigantesque parmi les espèces de Tflge des premiers aoimaux marius.
Le fait que les espèces d'un âge manquent à rage précédent est donc le fait, et le seul fait, qui prouve qu'elles sont nouvelles. Chacun sent donc tout de suite combien il importe que ce fait luimême soit bien prouvé. Mais, pour le bien prouver, il faut le bien entendre. Dans le cas présent, et pour le débat qui m'occupe ici, il faut voir comment M. Cuvier, comment M. de Blainville Font entendu ; il faut voir quel est relui des deux qui Ta le mieux entendu : cet examen sera Tobjet du chapitre suivant.
De ridée de TuDiié de création.
Je crois pouvoir régumo r, dans les quatre propositioQS suivantes, Tensemble des vues de M. de Blain ville : une création unique, et par conséquent complète ; cette création , complète au moment où elle sort de la main de Dieu, se décomplète ensuite à mesure que des espèces périssent, car chaque race éteinte laisse une lacune ; les causes les plus naturelles, les plus simples, l'action de l'homme, etc., ont suffi pour détruire les races éteintes, comme elles suffisent chaque jour encore pour détruire, sous nos yeux, des races vivantes; il n'est donc pas ))esoin d'avoir recours^
292 SUCCSSSIOlî DES ÊTRES.
pour expliquer ces destructions successives, à des révolutions gàiérales, extraordinaires, h des cataciysmes.
Je reprends chacun de ces points en particulier.
Première proposition. — Il n'y a eu qu'une création, une création unique et complète.
« L'harmonie des principales espèces ani- « maies, dit M. de Blainvilie, était alors au moins « aussi parfaite qu'elle l'est aujourd'hui, si même « elle ne l'était davantage, comme plus voisine de « l'époque où elle était sortie de la conception «t créatrice, et nécessairement alors moins déran- « gée par le développement de l'espèce huc( maine^ »
n dit encore : « Du reste, ces espèces perdues, « si elles le sont réellement, existaient comme (( aujourd'hui avec des animaux de différents a genres et de différentes classes, c'est-à-dire « dans une harmonie un peu différente et surc< tout plus complète. . • .^. »
«. . . • On doit trouver ici, dit M. de Blainvilie, « à propos des mariâtes, une nouvelle preuve que
i. Hyènes, p. 89.