FIXITÉ DE L'ESPÈCE
rivage, les échassiers, les ont très-longues parce qu'ils ont plus marché que volé.
La girafe, n'ayant pas voulu paître à terre, mais se nourrir des feuilles des arbres, son cou s'est démesurément allongé.
C'est parce que la taupe a préféré vivre sous terre qu'elle a perdu les yeux.
Enfin, des auteurs plus récents ont prétendu que les différentes espèces ne sont que les différents âges d'un même animal, d'un animal supé* rieur, de l'homme. Vous reconnaissez ici la théorie des arrêts de développement.
Cette théorie veut qu'un animal supérieur passe par tous les degrés inférieurs. L'homme est d'abord un ver, puis un poisson ; il ne devient animal supérieur, animal de son rang, qu'après une série de mutations et d'évolutions.
Les auteurs de cette théorie ne nous disent pas cela tout crûment, comme Robinet ou Lamarek ; ils se servent de termes abstrait^,, mais pour qui va plus loin que les mots , l'absurdité est la même.
Je viens d'exposer le côté ridicule 4^ la. ques^ tion. Voyons-en le côté sérieux.
Les partisans de la mutabilité des espèces n'ont pour eux aucun fait. S'ils en avaient jamais eu
un seul, ils n'auraient pas manqué de le produire, de le proclamer, de le crier sur les toits.
La vérité est qu'aucune espèce n'a jamais changé.
Pour la fixité des espèces, au contraire, les faits surabondent. On a rapporté d'Egypte beaucoup de momies d'hommes, d'ibis, etc. L'ibis du temps des Pharaons est exactement le même que celui de nos jours. L'espèce humaine d*il y a trois mille ans est absolument la même que celle d'aujourd'hui. On a des momies de crocodiles, de chiens, de bœufs. Nulle différence entre ces momies et les crocodiles, les chiens, les bœufs actuels.
On me dira peut-être que je ne cite là que quelques exemples particuliers. Je réponds que la stabilité a été la même pour le règne animal entier.
Aristote écrivait il y a deux mille ans. Il a connu le règne animal dans toutes ses classes ; et les espèces qu'il a décrites sont si bien restées les mêmes, que Cuvier a pu dire que l'histoire de l'éléphant est plus exacte dans Aristote que dans Buffon.
Aristote distribue le règne animal en neuf classes générales ou principales : les quadrupèdes
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vivipares et ovipares (ou les mammifères et les reptiles), les cétacés ou mammifères marins, les oiseaux, les poissons, les mollusques (ce mot est de lui), les testacés, les crustacés et les insectes.
Eh bien ! de ces classes anciennes, le règne animal n'en a perdu aucune, et il n'a acquis aucune classe nouvelle. Depuis Aristote, le règne animal est resté le même.
La fixité de Fespèce est, de toute Thistoire naturelle, le fait le plus ]mpoi*taDtetleplus complètement démontré.