Ehinocéros, p
doivent se trouver dans des couches aussi anciennes que les mamnoifères fossiles les plus anciens, car les plus anciens ne sont pas plus anciens ' qu'elles.
2^ Des espèces. Chose curieuse ! la détermina- . ? tion des espèces est le point que M. Cuvier croyait avoir le mieux établi ; c'est précisément le point sur lequel M. de Blainville lui fait le plus d'objeclî tions.
« Il ne faut pas croire, dit M. €uvier, que la > c< classification des divers gisements soit aussi f « nette que celle des espèces, ni qu'elle porte uii « caractère de démonstration comparable : il y a f « des raisons nombreuses pour qu'il n'en soit pas t' « ainsi.
li « D'abord toutes mes déterminations d'espèces
iè « ont été faites sur les os eux-mêmes ou sur de
li « bonnes figures; il s'en faut, au contraire, beau-
ic « coup que j'aie observé par moi-même tous les
« lieux où ces os ont été découverts.... Seconde-
«i « ment il peut y avoir, à cet égard, infiniment plus
i* « d'équivoque qu'à l'égard des os eux-mêmes. Le
« même terrain peut paraître récent dans les en-
ii droits où il est superficiel, et ancien dans ceux
« où il est recouvert par ceux qui lui ont succédé.
<( Des lerraios aociens peuvent avoir été traospor- < tés par des inondations partielles, et avoir cou* 4 vert des os récents ; ils peuvent s'être éboulés <( sur eux et les avoir enveloppés et mêlés avec les ( productions de Tancienne mer qu'ils recelaient ^( auparavant; des os anciens penvent avoir été 'c lavés par les eaui et ensuite repris par des allu- •< vions récentes ; et enfin des os récents peuvent a être tombés dans les fentes ou les cavernes d'an- K cîens rochers.
« En troisième lieu, il y a quelques espèces dou- '( teuses qui altéreront plus ou moins la certitude u des résultats aussi longtemps qu'on ne sera pas <i arrivé à des distinctions nettes à leur égard : K ainsi, les chevaux, les buffles, qu'on trouve avec « les éléphants n'ont point encore de caractères oc spécifiques particuliers, et les géolo^stes qui ne « voudront pas adopter mes différentes époques K pour les os fossiles pourront en tirer encore pence dant bien des années un argument d autant plus ^( commode que c'est dans mon livre qu'ils le a prendront.
c( Mais, tout en convenant que ces époques sont (( susceptibles de quelques objections pour les <( personnes qui considéreront avec légèreté quel- « que cas particulier, je n'en suis pas moins per«-
PAIÊONTOLOOIB. 31 i
« suadé que celles qui embrasseront Tetiflemble tt des phénomènes ne seront point arrêtées par ces a petites difficultés partielles, et reconnaîtront, « avec moi, qu'il y a eu une et très-probablement « deux successions dans la classe des quadmpèdes c( avant celle qui peuple aujourd'hui la surface de (c nos contrées * . »
Ainsi donc, selon M. Cuvier, il n'y aurait que quelques espèces de douteuses^ quelques chevaux, quelques cerfs, quelques bœufs, quelques buffles, etc., etCi Avec M. de Blainville, nous allons bientôt nous trouver loin de compte.
C'est, d'abord, X éléphant fossile^ cette grande espèce, ce point de départ de toutes les vues de M. Cuvier sur les populations successives du globe. V éléphant fossile de M. Cuvier, le mammouth des Russes^ n'est, selon M. de Blainville, que V espèce actuelle d'Asie. « Le résultat définitif auquel on « est conduit par une logique rigoureuse, c'est, ik dit-il, que, dans l'état actuel de nos collections, « il est encore à peu près impossible de démontrer Kl que l'éléphant fossile, dont on trouve tant de dé- « bris dans la terre, diffère spécifiquement de l'é-
1 . JHscouTs SUT les révalutions de la surface du globe, p. 57.
3f2 SUCCESSION DES ÊTRES.
<K lépbant de l'Inde, encore vivant aujourd'hui ^ t»
C'est ensuite le phoque. Le phoque fossile de
M. Cuvier serait, selon M. de Blainville, un du^
gong. « En acceptant comme prouvé, diu-il, ce
«( qui, pour moi, n'est pas douteux, que les deux
« fragments attribués par M. Cuvier à un phoque
« doivent l'être à un dugong, on pourrait tirer
« de cet article une preuve nouvelle qu'une facette,
a qu'un fragment d'os, qu'un os même tout en-
a tier est bien loin de suffire pour reconnaître
« l'animal auquel il a appartenu, et a fortiori^
« pour rétablir son squelette^. »
M. de Blainville dit, des chauves-souris fossiles : « Ces chauves-souris, si anciennes, ne différaient a que fort peu, si même elles en difieraient, des « espèces actuellement vivantes dans les mêmes <* contrées *.
a Les cinq ou six espèces qui ont été reconnues « jusqu'ici, savoir : une taupe, trois espèces de mu- « saraignes, un desman et un hérisson, ne diSe- « rent pas de celles qui existent actuellement à « l'état vivant *.