‹ Ontologie naturelleChapitre 78 sur 156 · I . Bise, sur les rév., p · texte numérisé non relu

I . Bise, sur les rév., p

« ei les bommes eussent fait alors des établissec( ments sur les pays qu'habitaient ces ani*

a maui K »

« Où était donc alors le genre humain ? Ce der- « nier et ce plus parfait ouvrage du créateur « exislait-il quelque part ? Les animaux qui Taca compagnent maintenant sur le globe, et dont a il n'y a point de traces parmi ces fossiles, Ten- « touraieot-ils? Les pays où il vivait avec eux « ont-ils été engloutis lorsque ceux qu'il habite c( maintenant, et où une grande inondation avait «c pu détruire cette population antérieure, ont d été remis à sec ? C'est ce que Tétude des fos- <K siles ne nous dit pas, et, dans ce discours, « nous ne devons pas remonter à d'autres

a sources^.

« Tout porte donc à croire, continue M. Cu- (i vier, que l'espèce humaine n'existait pas dans c( les pays où se découvrent les os fossiles, à l'éoc poque des révolutions qui ont enfoui ces os ; tt car il n'y aurait eu aucune raison pour qu'elle (( échappât tout entière à des catastrophes aussi « générales, et pour que ces restes ne se re-

i. Disc, sur les rév,y p. \1\ 2. Ibid., p, 172.

PALÉONTOLOOIE. 319

« trouvassent pas aujourd'hui comme ceux des t( autres animaux : mais je n'en veux pas con- « dure que Fhomme n'existait pas du tout avant « cette époque. Il pouvait habiter quelques con- « trées peu étendues, d'où il a repeuplé la terre c< après ces événements terribles; peut-être aussi « les lieux où il se tenait ont-ils été entièrement c< abîmés, et ses os ensevelis au fond des mers c( actuelles, à l'exception du petit nombre d'inoc dividus qui ont continué son espèce. Quoi c< qu'il en soit, l'établissement de l'homme dans oc les pays où nous avons dit que se trouvent les c( fossiles d'animaux terrestres, c'est-à-dire dans ce la plus grande partie de l'Europe, de l'Asie et « de l'Amérique, est nécessairement postérieur, u non-seulement aux révolutions qui ont enfoui a ces os, mais encore à celles qui ont remis à tf découvert les couches qui les enveloppent, et a qui sont les dernières que le globe ait subies ^ »

ii Disc, sur les rév., p. 68.

Coodosion.

Je viens d^eiposer les deux théories : celle de CuTÎer et celle de Blainville, celle des Créations multiples et successives et celle de V Unité de création.

M. Cuvier a eu le bonheur de voir se développer sa doctrine, par ies mains d'abord, et puis par celles d'à peu près tous ses conleniporains. M. de Blainville n*a pas eu même le temps d'exposer complètement la sienne, d'en réunir les matériaux, d'en faire un corps de doctrine. Ce que

je viens d*en dire est tout ce que j*en ai pu rassembler dans son grand ouvrage ^

Et, en fait de doctrine, que de choses manquent à ce qui n'a pas été rassemblé par Tauteur! D'ailleurs, M. de Blainville s*était posé en antagoniste de M. Cuvier : ses Mémoires ne sont, au fond, que des commentaires critiques de ceux de Cuvier : ce sera un grand secours pour les successeurs de Blainville; pour lui, c'a été un péril.

Il y a là un grand mot, et qui nous effraye. Il a effrayé Cuvier lui-même : c'est celui de création.

<( Lorsque je soutiens, dit-il, que les bancs a pierreux contiennent les os de plusieurs genres, a et les couches meubles ceux de plusieurs estt pèces qui n'existent plus, je ne prétends pas « qu'il ait fallu une création nouvelle pour pro- (( duire les espèces aujourd'hui existantes ; je dis (£ seulement qu'elles n'existaient pas dans les i( lieux où on les voit à présent j et qu'elles ont c< dû y venir d'ailleurs. »

«c Supposons, par exemple, qu'une grande « irruption de la mer couvre d'un amas de sa-

1. Ostéographie ou Descriptim iconographique comparée du squelette et du système dentavre des cinq classes des

322 SUCCB86IOM DBS ÊTRES.

(( bles ou d'autres débris le continent de la « Nouvelle -Hollande; elle enfouira les cadavres K des kaoguroos, des phascolomes , des dasyu- << res, des péramèles, des phslangers volants, a des écbidnés et des omithorhynques , et elle « détruira entièrement les espèces de tous ces a genres, puisque aucun d'eux n'existe mainte* (( uant en d'autres pays.

« Que cette même révolution mette à sec les i< petits détroits multipliés qui séparent la Nou- « velle- Hollande du continent de TAsie, elle c( ouvrira un chemin aux éléphants, aux rhino* a céros, aux buQles , aux chevaux , aux tigres et a à tous les autres quadrupèdes asiatiques, qui (( viendront peupler une terre où ils auront été « auparavant inconnus.

a Qu'ensuite un naturaliste, après avoir bien « étudié toute cette nature vivante, s'avise de a fouiller le sol sur lequel elle vit, il y trouvera a des restes d'êtres tout différents.

« Ce que la Nouvelle-Hollande serait, dans la « supposition que nous venons de faire, TEu- K rope, la Sibérie, une grande partie de TAmé-

animaux vertébrés, récents et fossiles, pour s€t^)ir de base à la zoologie et à la géologie.

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« rique le sont effectivement; et peut-être trouce yera-t*on un jour, quand on examinera les « autres contrées de la Nouvelle^Hollande elie^ a même, qu'elles ont toutes éprouvé des févolu«> « tions semblables, je dirai presque des échan- M ges mutuels de productions; car, poussons la i< supposition plus loin : après ce transport des « animaux asiatiques dans la Nouvelle-Hollande, « admettons une seconde révolution qui détruise « l'Asie, leur patrie primitive, ceux qui les ob- « seiTcraient dans la Nouvelle-Hollande, leur sec( conde patrie, seraient tout aussi embarrassés de « savoir d'où ils seraient venus, qu'on peut Tétre « maintenant pour trouver l'origine des nôtres * . »

Quelle vue profonde et ingénieuse, et quel heureux moyen de substituer à des créations . multiples et successives de simples superpositions de faunes !

Cependant la principale , la capitale difficulté reste. Dans cette supposition, pas plus que dans la réalité , les espèces actuelles , les espèces vivantes, né se trouvent mêlées avec les espèces fossiles.

1. Discours sur les révolutions du globe^ p. 64 (troisième édition, 1825).

Or, c'est là le fait qui décide et qui seul décide. S'il 7 a eu unit^ de création^ une création unique et complète, si tous les animaux, tant les actuels que les fossiles , ont été créés en môme temps , leurs restes, les restes des uns et des autres , doiyent tous se trouver ensemble. Par quel privilège les animaux actuels seraient-ils les seuls qui n'auraient pas laissé des restes ?

riN.

pREwiiliRE Lfçon. — La physiologie comprend : !<> rétwle des fonctions ; 2" l'étude des êtres. — L'étude des fonctions est la MolQgie, IViuded09 êtres est y ontologie, — » L'ontologie comprend : 1° la néontoîogiei 2*> \si paléontologie, — Les es^pèces f>e perdent; la quantité de vie reste la même , •♦...,,....., |

Deuxièite Leçon. — Spécification des êlres, — De l'e»pèce. — V espèce se caractérise par la fécondité cow/jhm^; legfjnre, par la fécondité bornée 9

Troisi$:îie Leçon. — L'espèce est permanente, — Elle est fixe. — Question de fixité ou de mutabilité de l'espèce ; historique. — Maillet, — Robinet, — Lamarck. «— Théorie des arrêts de développement. — La fixité de Tespèce prouvée par les faits. ..,•.,,,..« , 17

QuATBfÊVE Leçon — Causes qui pourraient amener la mutabilité de l'espèce : 1^ Développement insensible des être» organisé»; W* révolutions du globe; 3° croisement de* espèce*. -^ L'espèce reste fixe t ^^

CiWQUiÈME Leçon. — De la variabilité dans l'espèce. *— De la race« — Il y a dru\ tendances dans l'organisation ; 1" tendance à varier; 2® tendance h transmettre les variations. La variation est totale ou partielle. — Causps extérieures du développement des variations: P le climat ; 2" la nourrltnre ; 3^ la domesticité. . , 35

Sixième Leçon. •— Influence du climat sur les races, — » Poilg des aj^imaux» — Expériences de Daubenton sur les bêti^ k UlQ^t — Domesticité des animaux, .......... 43

Septième Leçon. — Sociabilité des animaux dooiegUques. Lois de la fécoDdité 51

HcîTifcME Leçon. — Durée de la gestaUon. — - Naissances précoces ou tardives. Naissance du mâle précédant celle de la femelle 57

Neuvième Leçon. — Exclusivité de l'espèce humaine. — Son unité 66

Dixième Leçon. — Formation des êtres; historique. — Génération spontanée .' 75

Onzième Leçon. — Hypothèse de la préexistence des germes, imaginée par Leibnitz ; adoptée par Haller, Bonnet, Cuvier; contredite par mes expériences sur les métis.. . . 86

Douzième Leçon. -^ Conséquences à tirer de mes expériences sur les métis : 1» le germe ne préexiste pas; 2^ la formation est instantanée, simultanée; 3" le mâle est pour autant que la femelle dans la production du nouvel être. — Animalcules spermatiques; idées fausses auxquelles a donné lieu leur découverte 95

Treizième Leçon. — Hypothèse des molécules organiques, imaginée par Buffon 102

Quatorzième Leçon. ^— Hippocrate et le mélange des deux liqueurs. — Harvey et ï'épigénèse. — Ma théorie : la vie ne se forme pas, elle se continue. — Force de reproduction inhf^rente à Téconomie animale. — Expériences de Trembley. — Bonnet et Thypothède des germes accumulés 110

Quinzième Leçon. — Théorie de la formation des os. — Extirpations sous-périostées. — Le système des germes accumulés réfuté , 119

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