‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 126 sur 157 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

ils sont très affairés, les navires étant toujours chargés jusque sur le pont et la comptabilité matière très embrouillée. Le commandant est le moins occupé du bord, ce qui a permis au capitaine du San José de me donner des renseignements intéressants sur les côtes du Pacifique.

Il y a à bord quelques danseuses italiennes, retour du Guatemala, avec demi*fortune faite; on aime bien la danse et surtout les danseuses dans ces contrées. Leur présence à bord égayé un peu le San José, dont les passagers représentent à peu près le monde entier : nous sommes quinze Italiens, douze Américains, un Anglais, huit Salvadoréniens, deux Guatémaltèques qui vont faire la fête à Paris, quatre Français, dont un Parisien, un Grec, deux Chinois et un nègre.

A midi, nous apercevons un phare, le seul sur la côte depuis la Californie, avec celui d'Acapulco ; ce feu est situé dur un petit îlot séparé de la terre par un chenal très étroit qui donne accès dans un bras de mer, où est situé Corinto, ravissant petit village baigné par des eaux tranquilles et où deux ou trois appontements, permettant un débarquement facile, remplacent avantageusement les wharfs incommodes de la côte.

Le niveau de Teau est très élevé, et les marées sont peu sensibles à Corinto, qui est bâtie au milieu d'un bois de cocotiers; tout le pays est très verdoyant.

Nous mouillons en face de la douane, à côté d*un croiseur américain, VAleri, qui est venu là pour défendre les intérêts de ses nationaux pendant la révolution qui dure encore, mais qui touche à sa fin.

Le navire américain est plaisant à Tœil; il est peint

en blanc et bien assis sur Feau; c^estun vieux modèle, mais il possède ane mâture élevée qui lui permet de naviguer à la voile dans de bonnes conditions.

Quelques officiers de marine viennent abord : comme jon comprend cela de la part de ces malheureux qai, depuis quatre mois, sont là, le navire ancré dans la rivière, surveillant des gens qui ne courent pas grand danger et menant une vie fort ennuyeuse !

L'arrivée des officiers américains sur le San José a mis le navire en allégresse : on s'invite, on trinque surtout beaucoup ; les danseuses flirtent et le Champagne coule. Un des Italiens ouvre le piano, on chanle et on danse. A minuit Jes officiers de VAlert regagnent leur navire, dont les cuivres brillent sous les lueurs de la lune qui vient de paraître.

Je viens de visiter le Man ofwaran pavillon étoile des États-Unis : comme ces vieux vaisseaux à batterie ouverte, au pont large et dégagé, élaient plus confortables que nos tristes et laides machines de guerre actuelles, où il n*y a pas de place pour faire Tappel des hommes!

Le matelot américain est excessivement vigoureux, et cela fait plaisir, quand on vient de vivre pendant huit mois au milieu d'Indiens émaciés et rongés par Talcool, de voir ces robustes gars du Nord, rouges, trapus, à la charpente solide, aux bras musclés...

Le commandant me fait les honneurs de son bord avec courtoisie; l'équipage compte 153 hommes, et la ienue du navire estparfaite.

Je débarque à terre : ce petit village est gentil; de là part le chemin de fer pour la capitale, Léon, et pour JVIanagua et Grenade. Hélas! que ne puis-je visiter ces

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