‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 2 sur 157 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

K. PLON, NOUBRIT et C'', IMPRIMEURS-!': DIT EUR S

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Harrard r*>']'»-o Libnuy

Wm. Cameron Forbet JuDe 2:;, 1806.

Brough Hall, Gatteriék Bridge, 20 septembre 1897.

Mon cher ami, vous avez bien voulu me faire le très grand honneur de me demander quelques lignes d'avant-propos pour ces récits de voyage dont je viens de lire les bonnes feuilles entre deux excursions aux vieilles cathédrales du Yorkshire. En toute sincérité, votre petit volume, bourré de faits, se présente si parfaitement de lui-même, que mon rôle auprès de vos lecteurs en devient entièrement inutile. Il se borne à vous redire avec quel plaisir et quel vif intérêt je vous al lu. Ce journal de vos multiples pérégrinations à travers ces riches et belles contrées du Mexique et de l'Amérique centrale est rédigé avec une parfaite simplicité. Il abonde en observations précises, instructives ou amusantes. On y distingue une si évidente préoccupation de raconter^ strictement, exactement ce que vous avez vu! C'est cette impression de vie et de sincérité à la fois qui donne un grand attrait à votre livre.. Tant d'autres voyageurs sont moins

scrupuleux. Ce que vous avez accumulé d'indicà-

lions de toutes sortes dans ces trois cents pages me frappe vivement. Je ne connaissais guère, pour ma part, le Mexique et toutes ces originales républiques de l'Amérique centrale que par les douloureux souvenirs de l'époque de Maximilien et les dépêches des journaux annonçant périodiquement la chute de quelque président, l'élévation d'un autre. Grâce à vos récits si animés, il me semble que j'apprécie déjà mieux ces pays d'un si brillant avenir, parfois si calomniés. A votre suite, j'ai parcouru les diverses provinces de ce beau Mexique qui sera un jour si florissant, toutes ces villes si vivantes, si actives du Centre Amérique que si peu de nosr compatriotes connaissent. Certaines des scènes dont vous avez été le spectateur ne sortiront plus de ma mémoire : telle votre viî'ite à ce funèbre et macabre corral où ces effroyables hécatombes de chèvres, que vous décrivez d'une plume si alerte, ont fait rêver mon imagination; tel le procédé si primitif et si pratique à la fois employé par les autorités d'Orizaba pour se procurer l'argent nécessaire à Téquilibre de leur caisse, ce loto municipal qui semble une scène du théâtre du Palais-Royal. Vos excursions aux environs de Mexico, votre visite si intéressante aux travaux du canal de Panama, visite qui modifiera bien des opinions fausses, m'ont infiniment intéressé. Le^ séances, les promenades pittoresques du Congrès

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des Américahistes, ont fait baftre mon cœur d'archéologue tout frais émouru de celui des Orientailistes de Paris. ^

Je- n'ai pas à souhaiter bonne et longue vie à votre petit volume. Il porte en lui sa fortune. Puisse-t-il contribuer à inspirer à un nombre toujours croissant de nos compatriotes la pensée de vous imiter^ d'aller en pays étranger acquérir bien des notions nouvelles^ se dépouiller de tant de préjugés! Je vous écris du fond d'une vieille maison anglaise sise au nord du brumeux Yorkshirc. Tous les hôtes qui se succèdent en cette hospitalière demeure^ officiers ou civils, ont vu quatre, souvent les cinq parties du monde. L'un revient de chasser au pays des Somalis. L'autre s'en va péchera Terre- Neuve. Celui-ci a fait fortune aux Indes, cet autre dans l'Extrême-Orient. J'arrive d'un antique manoir situé à une heure d'ici y auprès des ruines merveilleuses de Fountains-Abbey. Dans ce domaine superbe^ un édifice décoré, à juste titre, du nom de Musée contient les magnifiques trophées de chasse, les trésors d'art, rapportés des Indes par les deux propriétaires, le père el le fils, qui ont passé chacun plusieurs années au pays de Brahma. Quand nos jeunes gens feront-ils de même? Certes, il y a progrès, progrès immense. Ceux de nos compatriotes qui ont voyagé au loin ne se comptent

plu3. Mais nous sommes bien éloignés encore d'égaler, en ceci compte en bien d*autres choses, no3 voisios d'outie-Manche, et nos colonies admirables demeurent sans colons. Des livres tels que le vôtre, mon cher ami^ ne peuvent que contribuer à hâter un résultat si désiré. Je vods remercie du plaisir que vous na'avez procuré et demeure votre bien dévoué,.

Gustave Sghlumberger,

, de l'AcBdémie des intcriptioni et belle»'lettr«».

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