‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 29 sur 157 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qu'à r^eure de sortir en voiture, vers cinq heures et demie; le soir, on dme seul et op va à l'Opéra, sinon on va voir la fabiille, où le mari dépose sa femme et 9'en va à son cercle.

. Le Mexicain se lève de bonne heure, va à son bureau , car, riche ou ixon, il a un cabinet où il vend^ achète, traite des affaires de sucre, de cafés, de cacaos, de mines, etc. Il est très intelligent et très malin ; on dit : madré comme un Normand ; il faudrait créer un nouveau dicton et dire : rusé comme un Mexicain; en matière de transaction commerciale j, ils usent avec dextérité de la plus grande force qui existe en ce monde : la force d'inertie, u Manana y> , disent-ils, u demain » ; et les manana passent, jusqu'au jour où, las d'être toujours remis au lendemain, vous voulez en finir, et alors on vous dit : ^^ Il est trop tard, nous avons conclu avec X... ! ))

Le mari va généralement faire un tour de promenade avec sa femme au Paseo : cela lui coûterait trop de la laisser aller seule; il oublie un peu qu'une des bases du mariage est la confiance mutuelle entre les époux et que la femme a juré fidélité. Cette prome-^ nade a lieu sur une avenue qui est le clou de Mexico : Paris a sa tour Eiffel ; Rome , beaucoup de choses ; Londres, Hyde Park; Venise, ses canaux; Narbonne, son miel ; mais Mexico a le Paseo de la Reforma !

Longue de plus de cinq kilomètres, bordée de beaux arbres, large presque comme les Champs-Elysées, $ivec de beaux trottoirs bitumés, de belles maisons en façade et merveilleusement entretenues, telle est l'avenue qui va de Mexico à Chapultepec. Tous les

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ciDCj cents mètres, il y a de vastes roQds-pointft aa centre desquels se dressent des stataes sar des piédestaux monumentaux : à Tentrée, c^est une statue équestre de Charles IV; puis, au premier rond-point, Christophe Colomb; au deuxième, Guatemoc, etc. Bordant la voie et alternant avec les réverbères, il y a aussi des petites statues sur de petits socles : ce sont des grands hommes dont j^ignore les noms, et je présume, que le lecteur ne témoignera aucune curiosité à cet égard.

De nombreux équipages circulent quand j'arrive vers cinq heures et demie ; je croise des voitures bien attelées, mais, — ilyaunmais, — le plaisirque j'éprouve est gâté par le chapeau!... le fameux chapeau qui s'étale ici d'une façon indécente sur la tète des cochers. Figurez-vous une voiture de maître, un grand landau dernier modèle de chez Binder, attelée de deux beaux carrossiers ramenés à grands frais de Londres : dans cette voiture, deux jeunes femmes élégamment vêtues^ chapeau avec beaucoup déplumes, accompagnées de deux messieurs, chapeau haut de forme, redingote croisée, fleurs à la boutonnière, et, sur le siège, deux hommes ainsi vêtus ; le cocher, pantalon à rayures grises et noires, veston fermé en lainage marron, cravate nœud marin bleu à pois rouges, col douteux, gants de peau de chien, et sur la tète... lui... le chapeau en feutre gris clair avec de beaux galons en argent très riches, et le chiffre en lettres entrelacées sur la paroi du pic ! Le valet de pied, à peu près même tenue, mais avec une cravate verte et des souliers jaunes. Je les ai étudiés de près, à

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