CHAPITRE III
architecture puissante où les sculptures les plus étonnantes ont conservé leur empreinte nette et vive; des poteries, des bijoux, des débris de toute sorte nou» donnent une notion, encore vague, il est vrai, de ce que furent ces admirables races qui ont tant dégénéré depuis ces époques lointaines.
Nous sommes environ trois cents membres du Con-« grès parmi lesquels on trouve peu d'Européens qui aient voulu franchir Teau salée. Nous sommes en tout dix-huit, dont deux Français, le ministre de France, représentant le ministre de Tinstruction publique, et moi, représentant la Société de géographie de Paris. Par une déférence à laquelle je suis fort sensible, je suis nommé un des quatre secrétaires du bureau, présidé par le ministre de Tinstruction publique de Mexico, M. Joaquim Baranda, fort aimable homme et savant distingué.
, Les séances ont lieu tous les jours, de quatre heures à sept heures du soir : on y lit des mémoires traitant presque tous de Torigine des races indiennes, et les discussions s'engagent à ce sujet. On n'est pas encore bien d*accord, et pour donner une idée delà difficulté de ces études, jediraique sur douze mémoires présentés, il y en a deux qui font provenir du Japon les premiers habitantsdes Amériques, troisdela Chine, deuxdeTEgypte, trois des Indes orientales ; un considère Tautochtonie comme le système le plus admissible, et le dernier assure que ce sont les habitants de TAtlantidequi ont été les pères des races américaines. L'Atlantide était un vaste territoire qui occupait une grande partie de l'océan Atlantique et qui se serait englouti dans les flots.
De longues dissertations se sont engagées sur les in-, scripfions hiéroglyphiques des monuments découverts. J'ai fini par me passionner pour ces études complexes, et j'ai passé de fort bonnes heures pendant le Congrès.
Le grand intérêt était surtout la visite aux monuments anciens et aux ruines, où nous pourrions étudier sur place et approfondir nombre de questions depuis longtemps controversées et qui devaient y trouver leur solution.
Chaque matin nous étions conviés à nous rendre en corps visiter les musées et les institutions scientifiques de Mexico. Notre première visite est pour TEcole des mines, édifice fort important et qui justifie son titre, fin possédant une des plus belles collections minières qui se puisse voir. Ce qui domine surtout» c'est le minerai argentifère : l'argent est ici le maître du pays ; il y en a partout, dans chaque montagne, dans chaque État; on n'a qu'à creuser la terre, on trouvedu quartz, seulement il faut beaucoup de ce même métal monnayé pour retirer du sol son fac-similé, car les frais d'administration, d'entretien et de premier établissement sont énormes. On raconte ici qu'une mine dans la basse Californie avait été installée sur un pied tellement luxueux que tous les emplois étaient occupés par de hauts fonctionnaires : il y avait un directeur général, un contrôleur général, un inspecteur général, un essayeur général, un trésorier général, un secrétaire général, un portier général, etc.; le métal extrait ne suffisait pas pour payer les gros traitements de ces empanachés, et les actionnaires ont attendu avecpatience la dégradation de ces officiers supérieurs, ce qui a'est