‹ Onze mois au Mexique et au Centre-AmériqueChapitre 82 sur 157 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

table, où sont assis le curé et tous les employés. Les repas sont copieux et sains. On boit généralement de Teau pure, ou du vin rouge français ou de Californie. Le lendemain, à six heures, montés sur de vigoureux chevaux mis à notre disposition par Thaciendero, nous partons escortés d*un mozo qui porte le» provisions pour Xochicalco, à environ trente kilonoiètres de là. Le sentier que nous suivons franchit des. ravins importants et difficiles; vers dix heures, nous arrivons à un petit village, Talpam, peuplé de trois cents Indiens qui ont une mauvaise réputation, vrai repaire de bandits ; ils en ont bien le type. Force est de nous y arrêter pour tâcher d'embaucher un ou deux Indiens pour nous charrier de Teau, car, aux ruines^ il n'y en a pas. Heureusement Battrès a pu se faire connaître du chef politique, un Indien fort laid, qui a craint sans doute, ayant affaire à quelqu'un du gouvernement, que cela tourne mal, et nous avons loué deux Indiens qui vont marcher devant nous avec de grosses cruches d'eau sur l'épaule. A onze heures et demie, nous sommes au sommet de la colline sur laquelle se dresse le monument, entièrement construit en blocs de granit et recouvert des sculptures les plus remarquables. De forme carrée, ce temple appartient à une époque des plus reculées : d'un côté se trouve l'escalier, dont les marches sont bien conservées, et fout autour, sculptés dans la pierre, des dessins, des arabesques, des personnages, des idoles, profondément fouillés, et d'une expression, d'une finesse incroyables. Dans les creux on trouve encore des traces de peinture rouge.

Un déjeuner sommaire avec des biftecks cuits sur des morceaux de bois, des œufs durs et des fruits, suffit à nous réconforter, et nous revenons sur les ruines prendre des photographies et admirer Tétonnante vue que Ton a du sommet de ce » cerro » . A cinq heures nous étions à Themisto.

Le retour par la capitale devait se faire par Cuantla ; aussi, à quatre heures du matin, la même Victoria nous emmenait, mais par un chemin meilleur, prendre le train à TIatisalpam (chemin de fer interocéanique, celui qui plus tard devra aller jusqu'au Pacifique).

Cuautla est la capitale de TEtat de Morelos, car elle porte aussi ce nom. La vallée est très fertile, et des champs immenses de cannes à sucre donnent à travailler à de nombreuses et importantes fabriques.

La station est établie dans un ancien couvent qui a encore sa tour et sa cloche. En face se trouve un square mal soigné, mais avec de beaux arbres, et de Tautre côté un hôtel tenu par un Français, avec de remarquables patios. C'est là que nombre de familles de Mexico vont passer quelques semaines pour changer d'air et se reposer. Il s'y trouve des sources d'eaux minérales, et dans les rues court de Teau limpide qui égayé le regard par son froufrou ruisselant. Des orangers, des bananiers viennent ajouter au charme de cet endroit tranquille et frais.

La ville date d'avant Cortez, et reçut son nom du général Morelos, l'héroïque défenseur de Cuautla en 1812, où, pendant le siège mis devant cette ville par le général Calleja, on fut obligé de manger tout ce qu'il y avait d'animaux vivants, depuis le cheval jusqu'au

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