‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 120 sur 353 · ACTE II, PCÈXE V. 'U · texte numérisé non relu

ACTE II, PCÈXE V. 'U

ADRIE^^'E.

Imprudent!... me compromettre!

MAURICE

En quoi? Parce qu'on nest pas gentilhomme de la cliambre, on n'a pas le droit de vous admirer de près... 11 l'aut à Técart, dans un coin de la salle, frémir ou sangloter, sans vous remercier de ce cœur que vous avez fait battre ou de cette tète que vous avez exaltée... il aurait fallu attendre jusqu'à ce soir pour vous dire : Adrienne, je f aime !

ADRIENNE, mettant un doigt sur sa bouche.

Silence! (Lui montrant son costume.) Roxanc va VOUS entendre! Mais avant que je vous renvoie, dites-moi bien vite, car à peine ce matin ai-je pu vous entrevoir... avez-vous fait de bien belles actions?... me rapportez-vous quelque beau trait bien héroïque?

MAURICE

Ah! s'il n'avait tenu qu'à moi!...

ADRIENNE

Vous êtes trop difficile ! Votre jeune général, le comte de Saxe, dont on dit tant de bien, et que je voudrais bien voir, est-il satisfait de vous. Monsieur?

Oh ! le comte de Saxe est plus difficile encore que moi... Mais enfin, je ne l'ai pas quitté et j'ai été blesse!

ADRIENNE

Près de lui?

MAURICE

Très-près.

ADRIENNE

C'est bien ! l'idée seule de vous savoir blessé me fait frémir, et cependant il me semble qu'en suivant les périls, vous suivez votre route; que les chemins qui s'élèvent sont les vôtres! Je vous ai déjà vu Tépée à la main, et quand je vous écoule, quand vous me racontez, en riant, quelqu'une de vos actions de guerre... ne vous moquez pas de mes présages... je devine en vous un grand homme, un héros!

MAURICE

Enfant !

ADRIENNE

Oh ! je m'y coimais ! je vis au milieu des héros de tous les pays, moi ! Eh bien ! vous avez dans l'accent, dans le coup

i5C ADRIENNE LECOUVREUR.

crœil, je ne sais quoi qui sent son Rodrigue et son Nicoraède... aussi, vous arriverez!

MAUMCE.

Vous croyez?

adriense.

Vous arriverez !... je saurai bien t'y forcer.'

Comment?

ADRTENNË.

Je vous vanterai tant le comte de Saxe, votre jeune compatriote, dont toutes ces dames raffolent, qu'il faudra que vous régaliez, ne fût-ce que par jalousie!

MAURICE, souriant.

Je n'ai pas idée que je sois jamais jalouî de lui !

ADRIENNE

Présomptueux ! mais avez-vous vu le ministre?

MAURICE

Pas encore, mais je vais lui écrire.

ADRIENNE

Oh ! non, n'écrivez pas !

MAURICE

Pourquoi?

ADRIENNE

Parce que, vous savez... l'orthographe...

MAURICE

Eh bien ?

ADRIENT>ÏE.

Eh bien ! la première lettre de vous que j'ai reçue était bien chaleureuse, bien tendre, et elle m'a touchée profondément, mais en même temps elle m'a fait rire aux larmes,., une orthographe d'une invention !

Qu'importe ! je ne veux pas être de l'Académie*

ADRIENNE

Ce n'est pas cela qui vous en empêcherait Mais vous savez bien que je me suis chargée de faire votre éducation, mon Sarmate, de vous polir l'esprit...

MÀtRICE;

Et moi, je n'ai point oublié mes promesses ! que de fois, làbas, j'ai appris des scènes de Corneillei

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