‹ Opéras-comiques (volume 2)Chapitre 139 sur 353 · ACTE m, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VI

artistes, vous me confierez tout; je vous consolerai^ je vous dirai : Courage, marchez au but qui vous attend ' Donnez à la France une gloire qu'elle vous rendra! donnez-leur à tous vos talents et votre génie, je ne te demande, moi, que ton amour!

MAURICE, la pressant contre son cœur.

0 ma protectrice ! ô mon bon ange! (Regardant amour de lui.) Défends-moi toujours !

Àt)hiE?(îïfe.

Oui, toujours, et aujourd'hui mênlé, désolée de ne pouvoir passer cette soirée avec vous, c'est encore à vous que je pensais. Cest en votre faveur que je voulais solliciter ce comte de Saxe que Ton disait si aimable. Oui, Monsieur, coquette par amour, je venais ici avec le dessein de le charmer, de le séduire... c'était là^ c'est encore mon projet! y réussirai-je ?

MAURICE

Enchanteresse! comment vous i'ésister! mais ce comte de Saxe, que, sans le connaître, vous vouliez séduire...

ADRIENKË, souriant.

C'est vrai ! Et même dans les plus grands périls, voyez. Monsieur, combien vous êtes heureux! vous étiez le seul homme pour qui je vous aurais trahi.

MAURICE

Et vous la seule que je ne trahirai jamais !

ADRIF.NNE.

J'y compte bien. Je crois à la foi des héros ! Silence, on vient. SCÈNE VI

L'ABBE, portant une corbeille de fleurs et sortant avec Michonnet par la porte du pan

îoupé, à gauche; ADRIENNE, MAURICE.

L ABEÉ, tenant une corceille de fleurs qu'il va placer sur la table à gauche, et s'adressant à Michonnet tout en faisant des bouquets.

J'en suis fâche pour vous, mon cher Michonnet^ mais c'est la consigne, une fois entré, on ne sort plus.

MICHONNET.

J'espé/'ais cependant pour un instant, et par votre protection...

l'abbé.

Moi, je ne m'occupe que des bouquets pour les dames... c'est

176 AERIENNE LECOTIVREUR.

M. le prince qui est gouverneur de la place, il a fermé lui-même toutes les portes de la citadelle... et il en garde les clés!

MICHONNET.

C'est pour affaire urgente... pour mon répertoire.

ADRIENNE

Pauvre homme! il ne rêve qu'à cela, même la nuit.

MICHONNET.

Une indisposition fait changer mon spectacle de demain, et je voudrais courir chez mademoiselle Duclos, avant qu'elle ne fût couchée.

L ABBE, arrangeant ses bouquets, à gauche, près de la table.

Ah bah!

MICHONNET.

Lui demander si elle pourrait me jouer demain Cléopâtre.

l'abbé, de même.

N'est-ce que cela?

MAURICE, à part

0 ciel !

l'abbé.

Vous n'avez pas besoin de vous déranger, mademoiselle Duclos soupe avec nous.

MICHONNET.

Vraiment! je reste, alors.

l'abbé.

C'est la reine de la soirée, demandez à M. le comte de Saxe.

MICHONNET, le regardant avec surprise et respect.

Il serait possible! quoi! c'est là M. le comte de Saxe... luimême?

ADP.IENNE, présentant Michonnet au comte.

M. Michonnet, notre régisseur général et mon meilleur ami !

MICHONNET, passant près de Maurice.

C'est Monsieur, si je ne me trompe, que j'ai eu le plaisir de voir ce soir au foyer de la Comédie française, (a Adiienne.) Je crois même... c'est singulier... qu'il te demandait?

ADRIENNE, vivement.

Il ne s'agit pas de moi, mais de Cléopâtre et de mademoiselle Duclos.

MICHONNET.

C'est vrai, et dès que vous m'assurez qu'elle est ici...

Page 1