ACTE m, SCÈNE VI
L ABBÉ, quittant la table à gauche et venant se placer entre Adrienne et Miclion et, et tournmt dfS lubans autour d'un bouquet.
Nous sommes chez elle... dans sa petite maison, où elle avait, pour ce soir, donné rendez-vous à M. le comte.
ADRIE.NxNE.
Que dites-vous?
MAUPiICE, voulant !e faire taire.
Monsieur l'abbé!
L ABBE, toujours arrangeant des bouquets
En tète-à-tête... Je le sais, et je commets là une indiscrétion, car nous ne devions rien dire avant souper, mais ici, entre amis, je puis vous raconter Tanecdote.
MAURICE
Et moi, je ne le souffrirai pas !
L ABBE, termina:it un bouquet.
Vous avez raison, M. le comte la sait mieux que moi, c'est à
lui de vous la dire.
MAURICE, furieux.
Monsieur!
l'abbé.
Je la gâterais, tandis que le héros lui-même de l'aventure. (A Adrienne.) Oserai-jc off'Hr cc bouquct à Melpomène? Ah ! mon Dieu! quelle expression dans ses traits! quelle expression tragique! regardez donc vous-même, monsieur le comte! (L'abbé retourne vers la table du fond, à gauche.)
MICHONNET, avec effroi.
Adrienne, qu'as-tu donc ?
ADRIENNE, s'efi'orçant de sourire.
Moi? rien, vous le voyez... désolée d'avoir interrompu Taventure que monsieur le comte nous promettait...
MAURICE, passant près d'Adrienne.
Et qui ne mérite point votre attention. Mademoiselle, rien n'est plus faux.
L ABBE, redescendant près d'Adrienne.
Permettez... je ne dis pas que l'histoire soit neuve, mais elle est vraie.
MAURICE
Et moi je vous atteste...
l'abbé.
Vous en êtes convenu tout à l'heure devant moi... (Faisant un pas pour sortir.) ct dcvaut M. Ic priuce. qui va nous la redire...
178 ÀLRIENNE LECOUVREUR.
HAURICE.
C'est inutile !
l'abbé.
C'est juste... ce pauvre prince, c'est assez d'une fois... et si le témoignage de mes yeux vous suffît...
ADR1E?<NE
Vous avez vu?...
L ABBE, se rapprochant de la table, à ganclie.
Au moment où nous entrions dans cet appartement, mademoiselle DUCIOS s'enfuir... dans celui-ci... (Montrant la porte à droite.)
où elle est encore. -
MICHONNET, à part, au fond du théâtre.
Celui-ci...
L ABBE^ retournant à la table du fond, à gauche.
Ce dont vous pouvez vous assurer.
ADRIENNE
Moi ! (L'abbé vient de se rasseoir devant la table du fnnd, à gauche. Adripnne s'élancft vers la porte à droite; Maurice, qui s'est placé devant elle, la prend par la uiain ei U ramène au bord du théfitre.)
MAURICE
Un mot !
MICHOMNET, qui est resté à droite, près de la porte du cabinet.
Je vais toujours m'assurer de mon répertoire, (ii entre doucement dans l'appariiment à droite pendant que Maurice et A'irienne redescendent le théâtre.)