ACTE I, SCÈNE VIII
nant à Paris... C'est moi, .son seul parent^ qui suis devenu son tuleur... (Riant.) Oui vraiment! tuteur d'une jeune fille qui souvent me gronde et me fait de la morale !... c'est gênant !... aussi j'ai hâte de la marier, ce qui ne sera pas difficile ! mais vu sa fortune... je suis obligé de lui chercher quelqu'un de riche... de très-riche... sans cela chacun me jetterait la pierre !
ALBERT, vivement.
Mon ami, tu me parlais tout à l'heure. (S'arrêtant.) C'est-à-dire... tu as eu la bonté, à moi, ton ancien camarade... ton ami d'enfance... de me proposer...
MAXENCE
Mon aide... mon secours... je te suis tout dévoué... tu le sais!... et déjà si tu l'avais voulu... mais tu m'as toujours semblé si désintéressé... si artiste...
ALBERT
Que veux-tu?... le bonheur pour moi n'était pas là... et maintenant il me semble que si pour trouver la richesse il fallait me jeter dans un précipice... je n'hésiterais pas.
MAXENCE, avec chaleur.
Je comprends cela !
ALBERT
Faire fortune promptement ou mourir... voilà ce qu'il me faut.
MÂXE^"CE, de même.
C'est comme moi !
ALBERT
Que dis-tu ?
MAXENCE, se reprenant.
Je dis que c'est bien... c'est ainsi qu'on arrive... Écoute-moi! Il est question d'une nouvelle ligne de chemin de fer... en laquelle moi et quelques capitalistes nous avons espoir î j'ignore si nous serons préférés, car il y a plusieurs compagnies rivales... mais avant même l'adjudication, qui a lieu demain, on se dispute les actions ou plutôt les promesses d'actions.
ALBERT
Je ne comprends pas.
MAXENCE
C'est inutile. Qu'il te suffise de savoir que si nous l'emportons, ces actions... les nôtres... auront triplé leur valeur primitive.
22 LE PUFP.
ALBERT
Et si VOUS ne remportez pas ?
MAXENCE
Rien de fait! chacun reprend son argent... nous aurons manqué à gagner.
ALBERT
Ainsi rien à perdre... rien à risquer...
MAXENCE
Qu'un immense bénéfice en cas de succès!... et ces actions... elles sont dans mes mains... je puis t'en donner.
ALBERT
Quelle bonté! mais tu disais là tout à l'heure... que tu n'en avais plus t
MAXENCE
Il le faut bien... seul moyen de les faire monter... et d'en élever le prix!
ALBERT
Mais c'est un mensonge !
MAXENCE
D'où sors-tu donc?
ALBERT
Du bivouac!... et il me semble que la délicatesse.. é
MAXENCEj avec ironie.
Hein!... tu n'as donc jamais été à la Bourse!... Ce que tu appelles mensonge et tromperie... c'est l'habileté, c'est le génie financier! c'est par là qu'on a des hôtels, que dis-je? des palais. Par là on acquiert estime et considération; par là on obtient des titres, des cordons, des... sois tranquille, tu peux accepter... tu ne risques rien que d'être salué et honoré!
ALBERT
Je t'avoue... qu'une telle manière de faire fortune... me répugnait un peu... mais puisque tu la trouves permise et loyale, toi, gentilhomme, j'accepte ! qu'ai-je à faire?
MAXE?iCE.
Rien ! qu'à prendre cent... deux cents actions... à ton gré et à en payer d'avance la moitié comme qui dirait... cent mille francs... à peu près.
ALBERT
Très-volontiers. Le seul embarras, c'est que cent louis de rente en terres... ne se vendent pas du jour au lendemain... et ces