ACTE II, SCÈNE V
MARGUERITE
Que je l'ai trouvé dans un état d'abattement que personne ne peut s'expliquer! Il est sans fièvre, sans souffrance^ et ses forces 1 abandonnent! et ma vue qui lui faisait répandre des larmes de joiCj ne pouvait cependant le djgtrair^,.. d'une pensée constante qui le préoccupe; (Avec désespoir.) il a au cœur uo gecret dessein qu'il veut dérober à tous les yeux.
HENRI
Même aux vôtres?
MARGUERITE
11 Tespère en vain... je trenjble de l'avoir deviné... En rapprochant la situation où je le vois... du rapport de ses gardiens qui prétendent que, depuis quelques jours, il n'a pris aucune nourriture... une horrible pensée in'est veiiue,..
HENRI, effrayé.
Laquelle?...
MARGUERITE
Le roi François 1«% à qui on a ôté tout moyen d'attenter à ses jourS;, veut se laisser mourir de faim.
HENRI
Mourir de faim !
MARGUERITE
Oui... 11 regarde sa captivité comme le tardeau, comme la ruine de la France... il veut la délivrer par sa mort.
^ûus ne le souffrirons pas.
MARGUERITE
Non, non... Mais il n'y a pas à lui en parler... car si c'est un parti pris... il n'en conviendra pas.
HENRI
ÉCQutez... c'esl sayoix..,
MARGUERITE
Il m'appelle... (S'avançaut.) Me voici, mon frère!...
HENRI
0 mon roi! ô vainqueur de Marignan! (François ler parait sur la
seuil de la porte à gauche, conduit par Margueriie.)