SCÈNE V
HENRI, FRANÇOIS l^^, MARGUERITE.
FRANÇOIS l^"", à Marguerilo.
Tu m'avais quitté?... Cette chambre est si sombre et si
triste!... c'est l'Espagne! tandis que toi... c'est laFrance!... Ah ! d'Albretl...
HENRI
Sire !
Et tes blessures?
Grâce au ciel, ce bras peut encore servir \otre Majesté... (ii
soulient le roi et le conduit jusqu'au fauteuil à gauche.)
FRANÇOIS l", assis entre eux deux.
D'Albretl... ma sœur !... près de vous, mes amis, il n'y a plus d'exil.
MARGUERITE
L'exil!... s'adoucit du moins. Voici M. d'Albret... qui a obtenu la permission...
HENRI
De voir quelques heures Votre Majesté.
MARGUERITE
Et moi de rester près de vous, Sire, tant que je le voudrai... Voilà déjà de meilleures nouvelles! aussi nous allons passer tous les trois une bonne soirée... comme autrefois à Ghambord.
HENRI
Ou à Fontainebleau.
FRANÇOIS l^^, regardant avec douleur les murs de sa prison.
Oui, mes beaux ombrages de Fontainebleau... et ce palais, qu'embellissaient par mes soins les merveilles des arts, (ii se détourne pour essuyer une larme.)
MARGUERITE, gaiement.
11 est de fait, sire, que vous nous y receviez mieux qu'ici... D'abord, vous nous y donniez à souper... et moi j'ai grand faim.
FRANÇOIS I*', «onrianl
En vérité, ma mignonne?...
Je n'ai rien pris depuis ce malin.
FRANÇOIS l".
D'Albret... dis à mes gardiens de m'apporter cette collation... qu'ils avaient déposée dans ma chambre, hier, je crois, ou avant-hier. (D-Aibret sort.)